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Et les enjeux?
par Nazim ESOOF
Les stratégies électorales, la guerre des nerfs et les grandes fanfaronnades autour des candidatures mises de côté, il reste peu de choses à la campagne en cours. Aucun des leaders n?a émis jusqu?ici une idée susceptible d?incarner une vision d?avenir. Certes, il y a la promesse d?une île hors taxes pour l?alliance gouvernementale et les dix propositions de l?Alliance sociale, mais ce ne sont que des projets. Encore que leur viabilité est à vérifier.
Restent donc les enjeux majeurs. A un peu plus d?un mois du scrutin, personne n?a abordé la question de manière frontale. Sucre, tourisme, textile, orientation économique? Il ne manque pourtant pas de dossiers brûlants sur lesquels les principaux dirigeants politiques ne se sont pas prononcés. L?alliance MSM-MMM évoquera ses réalisations et les jalons posés pour un développement intégré. Celle de l?opposition sortira sa recette miracle de démocratisation de l?économie. Mais on reste dans le domaine du slogan. Nos politiques considéreraient-ils les électeurs pas suffisamment mûrs pour un débat de fond ? Serait-ce pour la même raison qu?ils craignent de proposer des femmes comme candidates dans les régions rurales ? Ou encore qu?ils refusent des confrontations sur les ondes des radios ?
Au chapitre des face-à-face, on peut déjà prévoir le scénario que les leaders politiques proposeront une fois que la question d?un débat télévisé viendra sur le tapis. Navin Ramgoolam voudra en découdre avec Paul Bérenger. Pravind Jugnauth se proposera pour le face-à-face qui, selon toute probabilité, n?aura finalement pas lieu. Et pourtant? un match Bérenger-Ramgoolam serait des plus intéressants, non seulement pour un éventuel show télévisé, mais aussi pour mesurer le poids réel des arguments de l?un et de l?autre.
Dans les grandes démocraties, ce sont de telles confrontations qui déterminent une élection. Ici, on est plus à même d?éviter et d?occulter les vrais débats en proposant de véritables mascarades dans des réunions qui ne servent souvent que de dénominateurs folkloriques. Certains des candidats, qui aspirent à de plus hautes fonctions au sein de l?Etat, animent même des réunions politico-religieuses ! C?est le comble de l?absurde, mais c?est une caractéristique propre à certains de nos illustres politiciens.
Il est indéniable que la manière de faire campagne ne permet pas un véritable débat d?idées. Mais c?était aux politiciens de renouveler les techniques. Rajesh Bhagwan de l?alliance gouvernementale promet une campagne imaginative. On attend toujours. L?Alliance sociale, elle, n?est sensible qu?aux paroles des flatteurs. Dans ce contexte, le débat est condamné à une expression minimale. Heureusement que certains, nommés les petits partis, rappellent que de défis, il n?en manque pas. L?illogisme politique mauricien voudrait qu?on se retrouve avec de petits partis aux grandes idées et de grands partis aux petites idées?
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