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Esthétisme naturel
Entre Mufiidah Peeroo et le mehendi, c'est une grande histoire d'amour qui dure depuis des années. Depuis toute petite, elle pratique cet art. Lorsqu'elle se marie, elle s?associe à une famille qui partage le même amour qu'elle. Elle commence alors à faire de la pose de mehendi sur différentes personnes. Pour se spécialiser, elle se rend en Inde pour parfaire son savoir. Ce sera pour elle une expérience enrichissante. De son retour à Maurice, elle commence à donner des cours. L'affluence est surprenante. Mais la jalousie des uns et des autres lui portera préjudice. Des personnes malintentionnées rapportent le fait qu'elle donne des cours sans aucun permis. Loin de se décourager et bénéficiant du soutien de son mari, Mufiidah Peeroo se rend au Mauritius Quality Authority. C'est là qu'on lui suggère de créer une école de mehendi tout en la prévenant que les résultats sont incertains car une telle institution n'existe pas encore à Maurice.
Toujours avec le soutien de son mari, elle crée cette école qui connaît un rapide succès. Les élèves sont nombreux et de toutes communautés. Plusieurs d?entre eux travaillent dans des hôtels. «Beaucoup de touristes dans les hôtels apprécient le mehendi. Ils trouvent cela joli et comme c'est temporaire, c'est un plus pour eux. Ils peuvent aussi faire de nombreux designs. Avant on faisait du mehendi sur les mains seulement. Maintenant, on en fait sur tout le corps», explique Mufiidah Peeroo. Comme dans tous les domaines, on n'arrête jamais d'apprendre. C'est la raison pour laquelle, Mufiidah Peeroo se prépare à se rendre bientôt au Pakistan pour approfondir ses connaissances. Notre interlocutrice nous explique que l'art du mehendi n'est pas compliqué. Tout réside dans la théorie et par la suite dans la pratique.
Si ses élèves pratiquent à Maurice, plusieurs d'entres elles pratiquent aussi à l'étranger notamment à la Réunion, à Madagascar ou encore en France. Actuellement, la plus jeune de ses élèves a dix ans alors que la plus âgée a cinquante-neuf ans. Preuve qu'il n'y a pas d'âge pour apprendre. Les cours durent trois mois. Ils sont récompensés d'un diplôme à la suite d'un examen.
Mufiidah Peeroo a d'ailleurs reçu la visite d'un journaliste italien venu pour un article spécial. Si autrefois le mehendi se mettait seulement lorsqu'il y avait un grand évènement comme un mariage, ce n'est plus le cas aujourd'hui. Toute occasion est bonne et ce n'est pas que la communauté asiatique qui en profite. Le mehendi comporte en effet l'avantage d'être temporaire. Mieux encore, il est tout à fait naturel et se compose de feuille de mehendi et d'eucalyptus. La famille Peeroo fabrique elle-même sa poudre de mehendi., Il est d'ailleurs réputé pour sécher très vite. La matière première vient directement d'Inde. Il tient environ huit jours et même plus si la partie du corps décorée n'est pas trop exposée à l'eau.
Les mariées seront ravies d'apprendre que la pose du mehendi prend environ deux heures seulement lorsque Mufiidah Peeroo s'en charge armée de son sachet de henné. C'est particulièrement agréable pour la mariée de ne pas avoir à rester immobile pendant trop longtemps. Chaque mariée a d'ailleurs droit à un dessin unique. Depuis quinze ans qu'elle pratique, Mufiidah Peeroo a fait des centaines de dessins. Il est impossible de les comptabiliser. On peut aussi commander des pierres ou du brillant qui est posé comme du mehendi.
Alors qu'elle nous parle, notre interlocutrice saisit notre bras et commence par un point. Peu après, c'est une oeuvre d'art magnifique qui prend naissance. Si vite d'ailleurs que nous avons à peine le temps de nous en rendre compte. Sa rapidité n'altère en rien son sens de l'esthétisme et sa concentration. Après avoir posé le mehendi, elle attend quelques secondes avant de nous embellir davantage avec des paillettes appliquées comme s'il s'agit de mehendi. Une pure merveille. A essayer absolument.
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