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Est-ce bien raisonnable ?
Moi ça m?épate ! Alors que les indicateurs sont au rouge, que les grands prêtres de l?économie libérale nous prédisent une descente aux enfers dès le mois de janvier, que les patrons se plaignent de la nonchalance, voire de l?absentéisme de leurs employés ? les obligeant à revoir leurs stratégies de production ? que font ces mêmes patrons depuis dix jours ? Ils annoncent à grands frais, la fermeture annuelle de leurs entreprises ! Vous n?avez qu?à lire les journaux. Leurs avis encombrent les colonnes. Si encore, ils s?étaient mis tous d?accord sur la date de leur reprise. Que nenni ! C?est d?un pratique ! Allez, vous, vous souvenir que telle entreprise reprend le 5, telle autre le 7, telle autre encore, le 9. Pour bien faire, il faudrait tenir un agenda pour s?y retrouver.
Je veux bien que cette période de l?année soit peu propice au travail. Il flotte dans l?air comme un air de fête qui pousse à la détente. Et c?est vrai que nous sommes tous plus enclins à la décontraction. L?heure est au relâchement.
On travaille, oui, mais dans une ambiance plutôt cool et joyeuse. Ce qui n?est pas désagréable en soi, loin de là.
Mais faut-il pour autant paralyser l?économie d?un pays pendant toute une semaine ? Parce que c?est ce qui va se passer grosso modo jusqu?au 9 janvier. Les entreprises qui reprendront « leurs activités » entre jeudi et samedi, ça me fait doucement rigoler. Vous vous voyez, vous, vous remettre à bosser dur un jeudi ou un vendredi. À d?autres !
Et le 2 janvier ? A-t-il toujours sa raison d?être, un siècle après son institution ? Et quand je pense que la « Federation of Progressive Union » voulait aussi que le 3 soit décrété férié, sous prétexte que le nouvel an tombait un dimanche ! Et puis quoi, encore ?
On estime chaque journée chômée (quelle que soit la cause, jour férié, cyclone, grève) à 1 milliard de roupies de manque à gagner en terme de production de richesses pour le pays. Je vous laisse le soin de calculer ce que nous coûtent donc ces quelques jours de vacances que nous nous offrons ? à nos frais ? pour nous remettre de nos agapes. Ca fait tout de même cher le pique-nique en famille au bord de la mer, bonhomme !
En fait, c?est toujours la même histoire : tout dépend de ce que l?on veut privilégier. Si c?est une certaine qualité de vie, pourquoi pas ? L?argument se défend. Mais qu?on ne vienne pas se plaindre après du déficit de je ne sais quelle balance, de notre surendettement et de notre faible compétitivité. Avoir le beurre et l?argent du beurre, c?est bon pour ceux qui croient au père Noël. Sans compter que jouer aux abonnés absents vis-à-vis de nos clients étrangers alors que nos concurrents travaillent, eux, ça fait pas très sérieux.
Alors, par les temps qui courent, est-ce bien raisonnable de se la couler douce ?
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