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Espérer
Lorsque notre équipe rédactionnelle a arrêté l?angle de ce dossier en début de semaine, je me suis par la suite interrogé sur sa pertinence. L?angle est provocateur. Il pourrait même être qualifié de naïf. L?état de santé de notre sport n?est pas brillant. Notre performance lors des derniers Jeux des îles de l?océan Indien le démontre. Puis, on éprouve toujours beaucoup de trac quand on doit traiter un sujet dont on ne maîtrise pas tous les tenants et les aboutissants. Mais une visite au stade Maryse Justin où des jeunes espoirs s?entraînaient, m?a convaincu que nous avons raison d?avoir adopté une posture positive face au pessimisme qui menace de submerger tout le monde. À voir la détermination de ces jeunes athlètes à se dépasser sans compter et la volonté des entraîneurs à les accompagner, je me suis dit que notre planche de salut, c?est de tirer toutes les leçons du passé et de reconstruire l?avenir sur des bases solides. Le potentiel pour enregistrer des résultats à la hauteur de nos ambitions est bel et bien présent. Les objectifs que nous devrions nous fixer sur les plans local, national, régional et international sont connus. Nous savons comment les atteindre. Notre sport est certes malade quelque part. Cependant, lorsque la nature d?une maladie est connue, n?est-on pas en droit de considérer que le malade est à moitié guéri ?
Le sport n?est pas seulement une affaire d?État. Dans un pays qui a décroché la médaille d?or en matière de prévalence des maladies non transmissibles, le sport de masse, le sport de loisir, et le sport de compétition devraient occuper une place primordiale dans la vie des citoyens.
J?ai été particulièrement interpellé par le point de vue d?un entraîneur qui, sur un ton presque pathétique me disait ceci : « Vous savez pourquoi très peu d?enfants font du sport ? La faute vient des parents. Trouvez-vous normal que les études occupent une telle place dans la vie des enfants ? Si ce n?est pas un crime contre l?enfance, contre nos futurs champions, c?est quoi alors ? Croyez-vous qu?on peut renverser la tendance ? » Il y avait une certaine tristesse dans ses yeux. J?ai alors pris congé de lui. Avant de disparaître, j?ai jeté un regard dans sa direction. Il avait les yeux fixés sur la piste qui s?étendait devant lui. Je suis presque sûr qu?il en a pleuré.
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