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Esprit d?équipe es-tu là ?
L?étroite solidarité entre les coureurs mauriciens qui a prévalu durant le Tour de l?île cycliste a été très vivement mise en avant durant la semaine écoulée. La seule science et la maîtrise technique et tactique du numéro un mauricien, Yannick Lincoln, ne lui auraient peut-être pas suffi pour décrocher, pour la deuxième fois, ce titre de champion sur le Tour de Maurice. Tous s?accordent à dire que l?équipe mauricienne était soudée, l?esprit d?équipe était bel et bien présent et c?est cela qui a aidé notre champion à monter sur la plus haute marche du podium, dimanche dernier au Plaza.
Ce titre de champion est aussi une juste récompense pour toute l?équipe qui a su, à travers un effort collectif, trouver les ressources nécessaires pour atteindre l?objectif fixé. ?Mon succès est également celui des autres camarades mauriciens?, avoue Yannick Lincoln après son sacre. Nous devons suivre ce bel exemple de solidarité et d?esprit d?équipe afin d?aller de l?avant. C?est une des conditions sine qua non vers la voie du succès.
Des fois, nous nous posons des questions : qu?est-ce qui fait gagner une équipe ? Des athlètes hors-pairs ? Parfois ! Un entraîneur expérimenté ou en quête de perfection ? Un capitaine ou un meneur modèle ? Si tous ces paramètres sont essentiels, la consécration finale dépendra également, dans une très large mesure, de l?esprit d?équipe. Quand toutes ces conditions seront réunies, alors le sportif n?aura qu?un seul objectif en tête : donner le meilleur de lui-même et exceller dans sa tâche. Et le résultat suivra.
Durant le courant de la semaine également, nous avons eu un exemple où l?esprit d?équipe était, malheureusement, absent. Cela concerne toujours le cyclisme. Yannick Lincoln se voit interdit de participer au Tour de la Réunion pour une déclaration jugée diffamatoire contre les coureurs réunionnais ayant participé aux derniers Jeux des îles de l?océan Indien. Ces déclarations ont été publiées sur le site www.cyclismag.com. Le coureur mauricien a reconnu ses torts et s?en est excusé. Mais le comité régional de la Réunion a quand même informé la Fédération mauricienne de cyclisme (FMC) qu?elle maintenait sa décision contre Yannick Lincoln. Ce dernier obtient, toutefois, le soutien de son club, le VCJC, et deux de ses partenaires de club, Loïc Mamet et Christophe Lincoln, se sont retirés de la sélection nationale en signe de solidarité.
Qu?aurait dû faire la FMC dans ce cas précis ? Lui fallait-il soutenir son poulain, qui défend les couleurs mauriciennes à chaque grand rendez-vous, et renoncer à envoyer une équipe à ce Tour de l?île soeur ?
A-t-elle eu raison de trouver des remplaçants et faire comme si de rien n?était, tout en faisant ressortir que la FMC se dissocie de toute cette histoire ? À vous d?en juger !
Gilbert Quéland, président du VCJC, lui, est catégorique : ?Où est-elle passée cette solidarité mauricienne ?? Nous ne blâmons pas la FMC d?avoir agi ainsi. Yannick Lincoln a eu tort, c?est vrai. Mais il y a plusieurs façons de régler ce problème.
Sur un autre plan, il est tout aussi vrai qu?une bonne fédération sportive a besoin de certaines conditions pour bien fonctionner. Elle a besoin de dirigeants efficaces (ayant une bonne dose de volonté), d?équipements et d?outils appropriés et d?un encadrement technique qualifié. Mais sa réussite repose sur la confiance mutuelle de ses membres et sur leurs objectifs communs. Dans une perspective plus générale, la réussite d?une fédération sportive dépend non seulement de la maîtrise de sa gestion, mais aussi des relations de confiance qui la lient à ses sportifs adhérents.
À Maurice, il est triste de le dire, le travail d?équipe est en général banalisé au point de passer, bien souvent, trop inaperçu. Le lien entre le dirigeant et le sportif s?estompe petit à petit. L?union ne fait plus la force, dira l?autre ! Les bagarres intestines dans certaines fédérations sportives se poursuivrent de plus belle. Certains dirigeants continuent à mener une politique ?mo guette mo l?intérêt avant tou? et continuent à mettre des bâtons dans les roues de ceux qui veulent réellement faire avancer la locomotive sportive. Je citerai, ici, le cas du vice-président de l?Association mauricienne de badminton, Mardeven Yagumbrum, qui a exigé, cette semaine, des explications quant à la nomination de Stéphane Beeharry et Vishal Sawaram comme entraîneur et assistant-entraîneur de la sélection nationale. Que cherche à prouver Mardeven Yagumbrum ? Qu?il est meilleur formateur que ces deux jeunes ?
Certes, nous n?arriverons pas à changer la mentalité de certaines personnes. C?est navrant ! Tant qu?ils ne parviendront pas à apprendre à se respecter eux-mêmes et surtout à respecter les autres au sein d?un même groupe, ils ne pourront, en l?absence d?objectifs communs, donner un but à l?ensemble de l?équipe.
Enfin, personne ne pourra prédire de quoi sera fait le sport mauricien de demain. Il faudrait que les dirigeants de ces fédérations essaient au moins de travailler ensemble, de bâtir une nouvelle équipe, sur de nouvelles bases, afin de consolider cet esprit d?équipe qui fait, hélas, tant défaut?
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