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Espoir de grâce pour les détenus de 2002
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Espoir de grâce pour les détenus de 2002
Le président Marc Ravalomanana remet le “dossier 2002” sur le tapis. Avec la grâce accordée à Etienne Hilaire Razafindehibe, ancien gouverneur de Mahajanga, le chef de l’Etat rouvre de fait le sujet brûlant de la réconciliation nationale, l’amnistie, ou du moins la grâce sur les infractions perpétrées pendant la crise post-électorale.
“Tout péché que vous pardonnez sur terre, vous sera remis”, annonce le président Marc Ravalomanana pour illustrer le cas de l’ancien gouverneur de Mahajanga. Rapportés par les médias publics, le chef de l’Etat évoque “le cas Razafindehibe” lors de l’inauguration du “Toby” du Mouvement des réveils à Andapinarony, dans la commune rurale d’Anjalazala, district d’Antsohihy.
Le locataire d’Ambohitso-rohitra explique les raisons l’y ayant amené. A partir de quelques entretiens et une “étude du dossier”, le chef de l’Etat a conclu que “le gouverneur a agi sous les contraintes” pour décharger ce dernier des faits qui lui sont reprochés.
Le geste présidentiel à Antsohihy n’est pas fortuit. L’opportunité de la signature du décret de grâce de l’ancien gouverneur de Mahajanga, juste au moment où il entame une visite dans l’ancien fief de ce dernier, traduit un message fort. Le député d’Antsohihy, Rémi dit Jao Jean, a demandé la grâce à “tous les détenus issus de la province Mahajanga” le 29 juillet, pendant la rencontre entre le gouvernement et les députés. Le parlementaire a soutenu “que ces derniers n’ont jamais rien fait de mal”.
Apparemment, la demande de Rémi dit Jao Jean n’a pas été une bouteille lancée à la mer. Le chef de l’Etat a fait savoir pourtant qu’“aucune personne, élue ou désignée, ne peut lui faire pression ni influer sur sa décision”.
Il est sûr qu’avec la déclaration d’Antsohihy, le président Marc Ravalomanana laisse planer un doute sur sa véritable intention à propos des “événements de 2002.” Pour l’instant, il est encore difficile d’anticiper jusqu’où il peut, ou veut, aller sur la question de la grâce, de l’amnistie ou encore de la réconciliation nationale.
La question est permise pour savoir si la grâce accordée à l’ancien gouverneur de Mahajanga est un cas isolé ou l’amorce d’une longue série. Etienne Hilaire Razafindehibe a déjà confirmé qu’“il existe encore quelques dossiers de demandes de grâce entre les mains du chef de l’Etat”, en se référant aux cas de quelques détenus qu’il a côtoyés. En tout cas, le rappel du contexte pourrait donner quelques éléments d’appréciation du geste présidentiel. Le chef de l’Etat donne ici l’impression d’avancer à petits pas sur le dossier de 2002. En 2003, le président de la République a déjà évoqué la question relative à l’amnistie à Antsiranana. Mais pour l’instant, on n’y est pas encore.
L’on se souvient également de la déclaration fracassante de Blaise Compaoré, président burkinabe, juste avant son départ à Ivato, sur la réconciliation nationale. “Le peuple a besoin de se réconcilier totalement sous la conduite du président Marc Ravalomanana”, a soutenu l’invité officiel du gouvernement après la célébration de l’Indépendance. Jusqu’ici, personne n’est encore en mesure de fournir le sens de cette déclaration.
De son côté, le président Ravalomanana sait que l’opposition fait des questions relatives à l’amnistie et de la réconciliation nationale leurs chevaux de bataille. Le CRN, la Solidarité Pierrot Rajaonarivelo, la Solidarité parlementaire pour la défense de la démocratie et de l’unité nationale ou encore la conférence nationale, pour ne citer qu’eux, réclament le “règlement des séquelles des événements de 2002”. Le fait de marcher sur les platebandes de ces derniers leur damerait leur pion.
D’ailleurs, les opposants n’ont pas raté une occasion pour faire monter la surenchère. Le geste du président de la République “n’est pas suffisant”, déclare le député Voninahitsy Jean-Eugène. “Beaucoup de personnalités, encore en prison ou en exil, ont agi sous les contraintes comme le gouverneur de Mahajanga, rappelle le président du RPSD-Vaovao. D’ailleurs, la grâce ne permet pas à son bénéficiaire de recouvrer toute sa liberté, contrairement à l’amnistie”, continue-t-il.
La position de quelques membres de la mouvance présidentielle n’est pas non plus éloignée de la proposition de l’opposition. Olivier Rakotovazaha, membre du bureau politique du MFM, ajoute qu’“au contraire, le geste présidentiel renforce la nécessité de l’ouverture du débat menant vers l’amnistie sur les événements de 2002”. Les gestes présidentiels seront donc scrutés sous toutes leurs facettes pour pouvoir compléter le puzzle.
<I>L’express de Madagascar</I>
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