Publicité

Esko : «Nous ne pourrons investir et envisageons des licenciements»

12 juin 2008, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

La communauté des producteurs locaux exprime de vives appréhensions devant la baisse des droits de douane sur des produits importés. Cette décision les oblige à faire face à une plus grande concurrence, notamment celle de produits venant de pays d?Asie et du Sud-Est asiatique.

Patrick Lim, Managing Director de Esko and Co. Ltd, est de ceux-là. Pour lui, son entreprise «est considérablement affectée». «Nous aurons beau essayer d?être plus efficients, dit-il, nous ne sommes qu?un petit marché. Nous ne pourrons pas, comme bien d?autres compagnies locales, concourir avec les produits venant de la Chine, de l?Inde, de Singapour ou de la Malaisie.» Il craint de ne plus pouvoir investir et évoque même la question du licenciement?

Esko and Co. Ltd, engagée dans la production de biscuits, de bonbons et de nouilles instantanées, emploie aujourd?hui 150 personnes, contre une dizaine tout au plus à sa création au début de 1970. Elle est l?une des trois principales sociétés locales produisant des biscuits. Ce secteur emploie directement 650 personnes et dégage un chiffre d?affaires annuel avoisinant les Rs 350 millions.

Esko a investi quelque Rs 40 millions au cours des cinq dernières années. Environ 70 % de sa production est destinée au marché local et le reste à l?exportation, notamment sur Madagascar, La Réunion, les Comores, les Seychelles, le Zimbabwe et la Zambie. «Mais la baisse des droits de douane nous pousse à revoir notre stratégie. Les produits importés vont coûter moins cher. Une telle situation va nous encourager à devenir plutôt importateurs que producteurs», ajoute Patrick Lim.

<B>Droits de douane ramenés à néant</B>

Il révèle que la différence de prix entre les produits importés et locaux ne cessait de se rétrécir ces dernières années. Avec les droits de douane de 30 % ramenés à néant, les producteurs locaux de certains produits alimentaires ne seront plus compétitifs. «A quoi bon garder les employés de la production, se de- mande-t-il. Ça ne vaut plus la peine, mais le public ne voit pas toujours les choses de la même façon.»

Sans compter les coûts sans cesse croissants de la main-d??uvre et du fret, de même que ceux des matières premières, pour la plupart importées. «Dans une telle situation et devant la baisse de notre chiffre d?affaires, il n?y a aucune possibilité de faire d?autres investissements. Nous envisageons même de recourir à des licenciements. En raison des limitations du marché, le coût de production par unité nous reviendrait bien plus cher que ceux des produits importés. C?est une question d?économie d?échelle.»

Mais ne vivons-nous pas dans une ère de libéralisation prônée par l?Organisation mondiale du commerce ? Patrick Lim répond que les Etats-Unis, et même l?Europe, qui sont pour la libéralisation du commerce, ont eu à imposer certaines restrictions devant l?invasion de produits chinois.

«Dans le cadre du budget 2008-2009, l?Association of Mauritian Manufacturers avait proposé que les droits de douane sur les produits importés ne soient pas totalement enlevés, afin de protéger l?industrie locale. Mais malheureusement, tel n?a pas été le cas», regrette Patrick Lim.

<B>Alain BARBÉ</B>

<B>Anil Bachoo : «Un budget avant-gardiste»</B>

«Beaucoup de personnes enseignent l?histoire mais peu d?entre elles sont capables de la créer.» C?est ainsi qu?Anil Bachoo, le ministre de l?Environnement a débuté son discours. Il a ensuite félicité le ministre des Finances pour ce budget qui, selon lui, est «entré dans les annales». «C?est un budget avant-gardiste», dira-t-il encore.

Il s?est ensuite attardé sur les dangers qui guettent le monde, dont les dérèglements climatiques. Avec pour conséquence la montée du niveau des eaux et le risque que plusieurs îles du Pacifique et d?ailleurs soient submergées; la déforestation, le manque d?eau potable et autres catastrophes naturelles. Ce ne sont pas là des images d?apocalypse, dit-il, tout en soulignant la nécessité d?être réaliste face à ces dangers. D?où l?importance de préserver l?environnement, déclare-t-il.

Il a ensuite énuméré les mesures budgétaires prises en faveur de l?environnement. Il évoque le projet de recyclage et aussi le recours à des véhicules hybrides. A ce chapitre il demande un effort vu que jusqu?à présent, il n?y a que deux véhicules de ce type sur nos routes.

Il a évoqué la décision du gouvernement de bannir les oriflammes en plastique et a mis l?accent sur des amendements qui seraient prochainement apportés à l?Environment Protection Act.

<B>Rehaussement à Rivière-des-Galets</B>

Parlant des dégâts causés à des habitations à Rivière-des- Galets et le problème d?érosion à cet endroit, il dira que des appels d?offres ont déjà été lancés pour les travaux de rehaussement.

Par ailleurs, le ministre Bacchoo a annoncé que Maurice disposera bientôt d?un «laser spectrometer» pour sonder les nappes phréatiques du pays.

Abu Kasenally : « Un saut de haute voltige?»</B>

Le ministre des Services publics, Abu Kasenally, a démarré son discours en parlant de la crise de l?énergie. Il a évoqué les chocs externes que sont le changement climatique, la crise alimentaire et la flambée du prix du pétrole. Chocs qui ont contribué à l?instabilité économique mondiale.

Il estime néanmoins que le gouvernement a su faire face à ces intempéries. Il a salué les mesures fiscales «robustes» prises au cours des deux précédents budgets de Rama Sithanen qui, dit-il, ont servi à redresser l?économie. Réalisation qu?Abu Kase- nally a qualifiée de «saut de haute voltige sans aucun filet de protection et qui a toutefois connu un atterrissage en douceur».

En ce qui concerne les mesures prises pour le secteur des Services publics, le ministre Kasenally juge qu?il ne peut être plus satisfait. Il a félicité son homologue des Finances pour avoir alloué Rs 1,59 milliard au projet d?installations sanitaires. Il précise que ce chiffre représente 50 % du budget total alloué à son ministère. Ce qui permettra de connecter 50 % de la population au tout-à-l?égout d?ici 2013. Ce projet sera mené en plusieurs phases et, dans un premier temps, 29 000 maisons des Plaine-Wilhems seront connectées. D?autres régions seront aussi connectées, dont Baie-du-Tombeau, Pailles et Les Guibies de même que les maisons de la Central Housing Authority.

<B>Nouveaux tarifs d?électricité</B>

A propos de l?approvisionnement en eau, Abu Kasenally argue que la sécurité alimentaire passe avant tout par la disponibilité de l?eau. Il déclare que le gouvernement est en phase de finaliser une national water policy. Autre projet évoqué : l?augmentation de la capacité de la station d?épuration d?eau de La-Nicolière, en vue de satisfaire la demande croissante dans le Nord pour le tourisme, l?agriculture et le complexe Tianli qui s?érigera bientôt à Riche-Terre. Projet au coût de Rs 350 millions et qui fera passer la capacité de la station de 66 000 mètres cubes à 100 000 mètres cubes.

De plus, Rs 63 millions seront allouées à un projet visant à transférer de l?eau du réservoir de Mare-Longue à celui de Mare-aux-Vacoas, en vue de combler la pénurie durant les périodes sèches. Il a également évoqué la construction du barrage de Bagatelle au coût de Rs 4,2 millions. Ce qui devrait résoudre le problème d?insuffisance d?eau dans la capitale.

Le ministre Kasenally a également évoqué l?accent mis sur les énergies renouvelables. Il a parlé de l?introduction prochaine des nouveaux tarifs d?électricité visant à rendre plus chère l?énergie aux heures de pointe. Il a conclu son discours en disant que l?histoire retiendra que c?est ce gouvernement qui a jeté les bases pour l?île Maurice de demain, celle qui sera une île durable.

<B>K.T.</B>

Publicité