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Epreuve de coup d?Etat pour un équipage d?Air Mtius
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Epreuve de coup d?Etat pour un équipage d?Air Mtius
Août 1982, un équipage d?Air Mauritius, attendant de remplacer un autre à Nairobi, se retrouve en totale insécurité, en raison d?une tentative de coup d?Etat, dans les abords immédiats de leur hôtel. L?équipage se compose de M. Sidhu, un commandant d?origine indienne et des Mauriciens suivants : Marilyn Guérandel, 28 ans, Milène Descombes, 26 ans, Bertrand Houdet, 28 ans, James Samsoon, 24 ans, et Yonid Jawaheer, 25 ans. Durant cinq jours, ils doivent vivre pratiquement sous la menace de coups de feu. Ils oublient entre-temps la signification du mot sécurité et apprennent celle du mot cauchemar surtout quand ce dernier ne connaît aucun éveil échappatoire.
Quand ils débarquent à Nairobi, ils sont loin de se douter du calvaire qu?ils devront subir pendant cinq jours interminables. Ils se préparent le plus naturellement du monde à prendre la relève d?un équipage venant de Londres. Ils sont encore au Hilton et s?apprêtent à gagner l?aéroport quand ils se rendent compte que quelque chose ne tourne pas rond autour d?eux. De leurs chambres d?hôtel, au 5e étage, ils assistent à des échauffourées et à des violents combats opposant des civils aux forces de l?ordre. Des coups de feu retentissent de toutes parts. La situation ne tarde pas à se dégrader. Des hommes armés font irruption dans le vestibule d?entrée du Hilton. La bagarre s?étend alors à l?intérieur de l?hôtel. Des combats violents ont lieu au deuxième étage. Ils sont dans l?impossibilité de savoir ce qui se passe. Ils entendent seulement des coups de feu et des cris. On peut deviner l?angoisse qui les étreint avec une force croissante. Ils apprendront plus tard que des touristes ont été tués et des voyageuses violées. Ainsi, un touriste japonais, qui prenait des photos, au 10e étage du Hilton, est tué par une balle qui lui traverse le crâne. M. Sidhu, le commandant indien d?Air Mauritius, est légèrement blessé par une balle alors qu?il se tenait près d?une fenêtre. On parvient à lui donner les premiers soins.
Commence alors le long calvaire de cinq jours d?attente dans l?insécurité la plus totale. Ils ne parviennent pratiquement à s?endormir ni à prendre du repos. Au moindre bruit suspect, les voilà de nouveau sur le pied d?alerte. A tout moment, ils s?attendent à ce que des assaillants forcent l?entrée de leur chambre d?hôtel. Pour toute nourriture, ils ne peuvent consommer que ce qui est disponible à l?intérieur de l?hôtel.
Au bout de cinq jours, ils apprennent qu?un avion de la compagnie néerlandaise K.L.M., peut les conduire à Johannesburg d?où ils pourront regagner Maurice. Ils arrivent à Plaisance exténués et encore terrifiés de ce qu?ils ont enduré cinq jours durant. Ils préfèrent ne pas s?étendre sur l?angoisse ainsi vécue heure par heure, parfois minute par minute, durant ces cinq jours. Nos journalistes comprennent et n?insistent pas, se contentant d?être témoins de leur soulagement de se savoir enfin sains et saufs.
Les langues se délient par la suite. D?autres employés d?Air Mauritius, également membres d?équipage, se confient à notre presse écrite. Ils disent vouloir savoir quelles sont les démarches effectuées ou non par les autorités gouvernementales pour savoir ce qu?il advenait des Mauriciens en danger à Nairobi et pas seulement les seuls membres d?un équipage d?Air Mauritius. Il se chuchote aussi que c?est grâce à des contacts personnels et officieux que nos cinq Mauriciens ont pu prendre place à bord d?un avion de la K.L.M. pour gagner d?abord Jo?Burg puis Plaisance. Il paraît enfin qu?Air Mauritius ne voit pas d?un bon ?il ce salut par K.L.M. Elle aurait demandé aux Mauriciens, en perdition à Nairobi, d?attendre un éventuel secours via Air India. Or l?offre de K.L.M. était une occasion inespérée de sortir au plus vite d?un véritable guêpier. Visiblement de Maurice, on a sous-estimé le danger existant à Nairobi aux abords du Hilton. Nul ne sait ce qui aurait pu advenir de ces Mauriciens s?ils n?avaient pu prendre place à bord d?un providentiel avion de la K.L.M. On déplore surtout l?absence de tout haut gradé d?Air Mauritius à Plaisance pour réconforter cinq jeunes membres d?équipage ayant subi une épreuve aussi angoissante.
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