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Entrepreneur à cent à l?heure

31 décembre 2007, 00:00

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Il respire la réussite par tous les pores. Depuis deux semaines, Haveli, son huitième restaurant, a vu le jour à Flic-en-Flac. Le restaurant de 125 couverts est spécialisé en cuisine indienne. «Haveli, c?est une invitation au voyage. Autant par ses menus que par son architecture. Dès que vous y pénétrez, c?est un autre monde», soutient fièrement Atma Bumma. Le monde des affaires lui va décidément comme un gant. Huit restaurants en moins de dix ans ! Dont le fameux Namaste au Caudan Waterfront.

Les affaires n?étaient certes pas son premier amour. Après des études secondaires à l?Institut Mahatma Gandhi, il travaille dans les champs avec son père qui est agriculteur avant de prendre de l?emploi à la coopérative des éleveurs. En simultané, il prépare une licence en histoire de l?université de Londres par correspondance. Il s?envole ensuite pour des études de gestion et management d?entreprise à l?Ecole Supérieure des Sciences Commerciales d?Angers en France. Il fera également une maîtrise en gestion à la Birmingham Business School en Angleterre.

A son retour, il sera journaliste à l?express pendant trois ans avant de passer à la MBC comme directeur de la production. Il gère en même temps la radio, anime des émissions télé où il fait quelques «grands entretiens». Après 11 ans de service dans l?équipe de direction, son contrat arrivé à terme n?est pas renouvelé. «Entre autres, parce que je n?ai jamais été un nominé politique. Quand ce n?est pas le cas, on est éjectable à n?importe quel moment», explique-t-il.

De l?amertume ? «Ce serait faux de dire qu?après 11 ans, ça ne vous fait pas un coup. Mais j?avais quelque chose sur lequel me rabattre. Cela m?a permis de faire mon deuil.» Faisant référence à son premier restaurant. Le fast-food Ty Breiz qui voit le jour en 1998 au Port-Louis Waterfront. L?idée lui est venue «au hasard des opportunités». Et sa famille qui l?a soutenu ? ses parents, son épouse Marie-Agnès et ses trois enfants.

«Le jour où je suis entré à la télé, je savais que j?étais entré pour partir.» Cette allusion au passé le replonge, l?espace d?un instant, dans ses pensées. Mais il se reprend. «De l?amertume ? En fait non. Je suis heureux aujourd?hui d?avoir quitté la télé. Parce qu?elle avait d?énormes imperfections. Aujourd?hui, on se demande même s?il y a une télé. Hier, on se braquait sur les 15 minutes d?information de la MBC, maintenant, c?est sur l?ensemble qu?on se braque. Cela dit, la télévision reste un outil puissant.»

« Dans l?action politique, tu donnes, tu ne reçois rien. Et la meilleure façon de donner, c?est de ne rien attendre en retour. C?est pour cette raison que ça me passionne autant? Tandis qu?un chef d?entreprise doit penser à ses profits.»

Atma Bumma estime, qu?au lieu d?être numérisée, la télévision aurait dû avoir été libéralisée. Comme la radio. «Bien qu?imparfaite, la radio privée a amené la démocratisation de la voix populaire. Permettre aux gens de s?exprimer apaise les tensions. C?est une grande thérapie sociale qui a permis l?éclatement de pas mal de tabous.»

Tout de suite après son départ de la MBC en janvier 2006, Atma Bumma avait, dans une interview, déclaré que s?il devait effectuer un come-back à la MBC, seul le poste de directeur général l?intéresserait. Qu?en est-il maintenant ? «Aujourd?hui, je suis disposé à diriger la MBC gratuitement. Par passion. Je peux me le permettre. Mais uniquement si on me donne carte blanche. Il me faut trois mois pour le faire.» Prétentieux ? «Non, c?est ambitieux. Dans la mesure où j?ai participé à cette télévision. J?en connais tous les coins et recoins.» Que changerait-il ? «Tout. Je virerai tout le monde. Pour reprendre les meilleurs. Car il y a des hommes et des femmes extraordinaires à la radio et à la télé.»

Aujourd?hui, Atma Bumma est chef d?entreprise mais aussi membre du comité central du Mouvement militant mauricien. On quitte donc le monde des affaires pour la politique. Cela fait un moment que le sujet lui brûlait les lèvres. «La politique, j?aime ça. C?est délicat, c?est difficile, c?est ingrat? Dans l?action politique, tu donnes, tu ne reçois rien. Et la meilleure façon de donner, c?est de ne rien attendre en retour. C?est pour cette raison que ça me passionne autant? Tandis qu?un chef d?entreprise doit penser à ses profits.» Chef d?entreprise et politicien : Deux fonctions incompatibles ? «Non. L?une renforce l?autre.»

En tout cas, Atma Bumma compte se présenter aux prochaines élections générales. Regrettant toujours un peu de n?avoir pu le faire en 1995 dans la circonscription numéro 7. «Mais quelque part, c?était indépendant de ma volonté. Et je devais aussi manquer de maturité à cette époque. Ce qui n?est plus le cas aujourd?hui.»

Histoire, gestion, journalisme, politique? C?est que l?homme ne doit pas du tout s?ennuyer. «Je me sens capable de faire plusieurs choses à la fois. C?est épuisant. Il faut beaucoup d?endurance. Je pense qu?il y a un âge où l?on peut faire tout ça. Ca me fait un rythme infernal de 15 à 16 heures par jour. Je vais rarement au lit avant minuit.»

Ce n?est pas parce qu?il dort peu qu?il ne rêve pas. «Mon rêve, c?est qu?il y ait un gouvernement élu juste pour cinq ans. Qui ne peut pas se présenter de nouveau. Et qu?il soit payé pour 20 ans. Avec en tête une vision pour les 50 années à venir. Et motivé par le bien-être de toute la population. Vous verrez comme ça, qu?en cinq ans, Maurice va avancer de 25 ans.» Une crise d?idéalisme? «Non, j?ai les pieds bien sur terre? Enfin, quelque part, peut être que cela restera un rêve.»

Ses ambitions : «C?est immense. C?est un véritable chantier? Allons dire que c?est de réaliser un bout de ce rêve.»

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