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Entre repli sur soi et refus de soins

2 décembre 2007, 00:00

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«Ils sont environ 10 % de personnes atteintes du VIH-sida à refuser le traitement. » Ces paroles inquiétantes sont du Dr Bassoodev Goolaub, qui reçoit bénévolement en consultation, une fois par semaine, des malades au Centre Help de Cassis. Pour eux, la peur du qu?en-dira-t-on est viscérale, alors ils vivent dans le déni. « Ils se replient sur eux-mêmes, refusant d?admettre qu?ils sont malades et ont besoin d?aide. »

« Ils vivent avec la crainte de se savoir démasqué. Alors, ils choisissent d?ignorer leur maladie et de ne pas suivre de traitement », poursuit le médecin. Le psychologue clinicien attaché à PILS (Prévention Information et Lutte contre le Sida), Vijay Ramanjooloo, va dans le même sens, mais estime que c?est une phase qu?il convient de respecter. « Il faut être à l?écoute de ce déni. Avec le temps, la personne va en sortir pour arriver à la révolte et souvent, à la dépression. » L?acceptation ne vient pas tout de suite, et il faut du temps et de la patience pour amener quelqu?un à accepter le traitement.

« Dans le pire des cas, il y a des gens qui préfèrent la mort physique à la mort sociale. Il y a réellement des personnes qui en sont décédées, sans avoir été traitées à Maurice. Et cela nous fait réfléchir sur la manière d?approfondir, à l?avenir, notre campagne de sensibilisation et d?information », poursuit-il.

<B>La bonne marche à suivre</B>

Parce que, pour lui, ces personnes malades n?ont pas compris que le VIH-sida est une infection transmissible et non contagieuse. Le cas d?une femme qui vit actuellement ces tourments lui revient en mémoire. « Elle a refusé de suivre son traitement au centre Bouloux de peur que quelqu?un ne la reconnaisse. Donc, elle préfère faire un long trajet jusqu?à l?hôpital de Candos pour son suivi médical et obtenir ses médicaments », explique Vijay Ramanjooloo.

On est dans l?humain et chaque humain est unique, souligne, quant à lui, Nicolas Ritter de PILS. « Vous savez, on ne peut pas forcer des gens à se soigner. Et c?est valable pour n?importe quelle pathologie. C?est pourquoi l?accompagnement psychosocial est le plus important. » Il explique que la majorité des malades infectés par le VIH/Sida sont des toxicomanes. « Leur priorité, c?est d?obtenir leur dose quotidienne et pour le reste? »

Heureusement, tous ne suivent pas le même chemin. Avec le soutien d?organisations comme PILS, et des proches, ils arrivent à s?en sortir. Après « un bon bout de temps », certains accepteront ce fait et iront prendre conseil sur la bonne marche à suivre. Et parfois, on est témoin de changements spectaculaires, comme l?a constaté le Dr Goolaub dans son cabinet de consultation. « En un an, j?ai vu beaucoup de changements auprès de ceux qui ont décidé de se soigner. Ils mènent désormais une vie saine, font du sport et ont cessé de se droguer ou de fumer. »

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