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Entre Barack Obama et Hillary Clinton, où est la différence ?

10 mars 2008, 00:00

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Entre Barack Obama et Hillary Clinton, où est la différence ?

Les deux rivaux pour l?investiture démocrate à la présidentielle américaine, Hillary Clinton et Barack Obama, aiment mettre en relief leurs divergences sur la manière dont ils traiteraient les dossiers économiques à la Maison Blanche, mais leurs orientations sont en grande partie les mêmes.

L?un et l?autre souhaitent revenir sur les réductions d?impôts mises en oeuvre par le président George Bush.

L?un et l?autre préconisent une attitude quelque peu protectionniste en matière de commerce, déclarant qu?avec eux, les Etats-Unis se désengageraient de l?Alena (Accord de libre échange nord-américain) si son cadre ne peut être renégocié de manière à renforcer les normes en matière environnementale et sociale.

Tous deux, en outre, prônent des investissements dans les énergies «propres», renouvelables, et la mise en place de plafonds d?émissions de gaz à effet de serre.

«Sur le papier, ils sont vraiment proches», analyse Leo Hindery, principal conseiller économique de l?ancien candidat démocrate à l?investiture John Edwards, qui s?est retiré de la course.

«Avec elle, les marchés savent à quoi s?attendre»

Le sénateur de l?Illinois qui, selon Hindery, est le plus proche d?Edwards sur les questions économiques, affiche une plus grande cohérence que Hillary Clinton sur une série de dossiers, ajoute le conseiller. Il s?est du reste efforcé d?exploiter cette faiblesse, accusant la sénatrice de New York de fluctuer à propos de l?Alena. Cohérente ou non, Clinton est plus connue et cette différence avec son adversaire est une chose que Wall Street ? pour le meilleur ou pour le pire ? apprécie. «Si Hillary a un avantage, c?est qu?avec elle, les marchés savent à quoi s?attendre. Obama est bien moins connu et, de ce fait, moins prévisible», explique Greg Valliere, stratège politique en chef au sein du groupe financier Stanford.

«Je pense que tous deux suscitent pas mal d?inquiétudes, notamment parce qu?ils flattent le sentiment populiste (...)», déclarait-il voici quelques jours.

Toutes ces similitudes économiques reflètent le dilemme auquel les électeurs sont confrontés pour départager les deux candidats; en termes de politique économique générale, les deux rivaux se reflètent assez fidèlement l?un dans l?autre.

Pour autant, ils ont aussi quelques différences d?approche. Dans trois domaines essentiellement: les baisses d?impôt pour les contribuables des classes moyennes, les retraites et les réponses à la crise des prêts immmobiliers à risque (les crédits subprime).

Le programme fiscal d?Obama de réduction des impôts pour les classes moyennes est plus large que celui de sa rivale, analyse le principal conseiller économique du sénateur métis, Austan Goolsbee. Celui de Clinton est plus ciblé, proposant notamment des crédits d?impôt pour favoriser l?épargne.

Sur la crise du logement, née des subprime, Clinton prône un moratoire de 90 jours sur les saisies immobilières et un gel de cinq ans des taux d?intérêt. Pour Obama, un tel moratoire aurait exactement l?effet inverse au but recherché en incitant des foyers à tenter d?obtenir un crédit pour une nouvelle acquisition ou pour refinancer leur achat en cours.

Les deux candidats s?opposent également sur l?idée de plafonner les cotisations salariales.

Une «politique simple» contre l?expérience

Leurs divergences s?expriment également sur le style et l?expérience.

Austan Goolsbee, le conseiller économique d?Obama, met ainsi en avant l?engagement de son candidat en faveur d?une politique économique simple, que certains ont rapidement rebaptisée en «gouvernement iPod».

L?idée est de simplifier les démarches, les règles. L?équipe Obama l?illustre par son projet d?épargne-retraite automatique: «C?est facile d?utilisation, c?est efficace, c?est simple, on n?a pas besoin d?un diplôme d?ingénieur pour comprendre comment cela fonctionne», résume Goolsbee.

Hillary Clinton met elle en exergue son expérience pour se présenter comme la mieux à même de gérer une économie qui se rapproche de la récession. Neera Tanden, sa conseillère politique, souligne notamment que ses huit années passées à la Maison Blanche en First Lady l?ont particulièrement sensibilisée au poids des mots.

«Elle sait que les mots peuvent envoyer un signal aux marchés. C?est enraciné en elle», dit-elle.

Jeff MASON

Caren BOHAN

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