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Entre 15 000 et 20 000 cas d’avortements enregistrés à Maurice annuellement

9 avril 2009, 20:00

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Entre 15 000 et 20 000 cas d’avortements enregistrés à Maurice annuellement

Entre 15 000 et 20 000 avortements sont pratiqués annuellement à Maurice.

Selon les résultats du dernier Contraceptive Prevalence Survey (CPS), lequel a été effectué et rendu public par le ministère de la Santé en 2004, le nombre d’avortements pratiqués est passé de 9,3% en 1991 à 14,4% en 2002. Le prochain CPS sera réalisé en 2011.

«Il faut en parler. Il faut que nous arrêtions d’être hypocrites ou d’adopter la politique de l’autruche. Nous ne pouvons pas juger celles qui se font avortées. Ce sont des femmes en détresse. Elles ne le font pas par plaisir. L’avortement, c’est leur dernier recours. Qui sommes-nous pour leur imposer la maternité?», s’exclame Shirley Affock, Programme Officer à la Mauritius Family Planning & Welfare Association (MFPWA).

A son avis, l’avortement a toujours existé et existera toujours. Elle affirme que depuis l’antiquité, on cherchait des moyens pour éviter les grossesses.

«Nous avons remarqué qu’à Maurice, les femmes qui sont sexuellement actives ne veulent pas tomber enceintes. Mais ironiquement, elles n’utilisent aucun moyen de contraception. La méthode la plus utilisée à Maurice reste le retrait du pénis. Dans ce sens, comment voulez-vous qu’il n’y ait pas de grossesses non-désirées?», poursuit-elle.

Le retrait, «coït interrompu», est une méthode qui consiste pour l’homme, à retirer son pénis du vagin juste avant l’éjaculation. Les résultats du CPS de 1991 démontrent que 16,1% des sondés l’appliquait à l’époque, alors que ceux du CPS de 2002, affichent 28,3%, soit une augmentation de 12,2%.

Shirley Affock pense qu’il faut être plus pragmatique. «Il faut que l’avortement soit un service accessible, que cette opération fasse partie de toute la gamme de services de santé sexuelle et reproductive que nous offrons à Maurice. Cela ne signifie pas que les femmes feront la queue pour aller se faire avorter comme aux soldes. D’ailleurs, si l’avortement se passe dans de bonnes conditions, les risques de complications sont minimes.», soutient-elle.

«Il y a une injustice. Les femmes les moins aisées ne peuvent pas se payer un avortement dans des conditions convenables. Alors, elles ont recours à l’avortement «backstreet», clandestin. C’est dangereux», ajoute-t-elle.

De 1995 à 2007, le nombre de complications suite à des avortements s’élève à 29 188, dont 22 793 enregistrées à l’hôpital et 6 422 dans des cliniques privées.

«A la MFPWA, nous militons pour la décriminalisation de l’avortement depuis les années 1970. A chaque fois que nous avons pensé faire une avancée, il y a eu de lobbies puissants contre nous. Le débat autour de l’avortement n’est relancé que lorsqu’il y a un décès ou un accident. Même si l’avortement n’est pas légalisé, au moins que la loi soit revue pour que dans les cas d’inceste ou de viol, il soit permis», conclut-elle.     

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