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Enjeux et défis face à la mondialisation
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Enjeux et défis face à la mondialisation
La vulnérabilité des petits Etats insulaires a été largement mise en exergue. La réunion des Nations unies à Maurice sera l?occasion d?engager davantage la solidarité et le soutien de la communauté internationale vis-à-vis de ces Etats. Occasion surtout d?identifier une vision à long terme dans un monde entraîné dans la spirale de la mondialisation.
Ressources limitées, vulnérables, exposés aux catastrophes naturelles, pris au piège d?une course effrénée de diversification et de modernisation, les petits Etats insulaires en développement (PEID) devaient une première fois en 1994 se réunir à la Barbade lors d?une conférence mondiale portant sur le développement durable. Cette conférence culminait à plusieurs résolutions regroupées en la Déclaration de la Barbade. La Déclaration faisait déjà ressortir les principales préoccupations des PEID. Ceux-ci réaffirmaient leur engagement sur les questions de l?environnement et du développement en marge de la Déclaration de Rio.
Les PEID rappelaient également que leur développement est tributaire de leurs ressources humaines et de leur patrimoine culturel, présentés comme leurs meilleurs atouts. La communauté internationale était sollicitée pour les aider dans ces secteurs et dans celui de la protection de leurs écosystèmes. Il était ainsi rappelé que les PEID sont les pays qui souffrent les plus aux changements climatiques et à l?élévation du niveau de la mer.
Il fut enfin décidé que les PEID devaient déployer tous les moyens pour atteindre les objectifs du développement durable. A cet effet, le transfert des technologies était présenté comme une condition préalable au développement. La coopération et le soutien de la communauté internationale étaient activement recherchés pour atteindre les différents objectifs fixés.
Neuf ans après la conférence internationale de la Barbade, les choses ont-elles évolué à la satisfaction des petits Etats insulaires? La réponse est donnée en partie dans un rapport de la FAO sur les PEID, publié en 2003 : ?Les petits Etats insulaires en développement restent exposés et de plus en plus vulnérables en raison de nouveaux défis et de l?émergence de problèmes économiques, sociaux et écologiques.? Constat préoccupant neuf ans après la première conférence.
?Les PEID sont confrontés à une série de problèmes tels que de faibles ressources, la vulnérabilité aux catastrophes naturelles, une dette extérieure élevée, des difficultés à se conformer aux réglementations sanitaires et phytosanitaires, la surexploitation de la forêt et des ressources marines, une croissance et une mobilité de la population élevées, une pauvreté relative, une alimentation peu diversifiée, une rareté de la main-d??uvre qualifiée et de faibles capacités institutionnelles?, est-il également écrit dans le rapport de la FAO.
Cette dernière devait aussi identifier un plan d?action en cinq principaux points : 1) l?adaptation aux changements de l?environnement commercial mondial ; 2) la progression vers une agriculture durable et plus diversifiée ; 3) l?identification de réponses aux besoins de la pêche ; 4) l?identification de moyens appropriés pour la gestion durable des ressources financières, pour la protection de l?environnement et pour la prévention des catastrophes naturelles ; 5) renforcement des politiques et des institutions. ?Il est impératif que la communauté internationale reconnaisse qu?il est important de garantir l?existence des PEID comme éléments vitaux et intégrés du patrimoine mondial?, conclut le rapport.
Ce sont des thèmes et des enjeux que la conférence de Maurice devrait reprendre avec une attention particulière à la question commerciale et celle de l?accès aux marchés, aux technologies de l?information et aux énergies renouvelables. Le développement durable reste un objectif majeur mais il s?agira, en même temps, lors de la réunion de Maurice de démontrer que la mondialisation ne sert pas directement les intérêts des PEID. Il sera en ce sens beaucoup question de l?accès préférentiel aux marchés tout en identifiant les moyens adéquats pour mieux profiter des possibilités économiques propres aux PEID.
L?érosion des préférences commerciales a fragilisé davantage l?économie des PEID. Ceux-ci, en conséquence, plaide pour un traitement différencié. La pêche, l?agriculture, le tourisme et l?aquaculture sont, entre autres, les principaux secteurs d?activité des PEID. Ce sont à l?évidence des secteurs vulnérables qui demandent un encadrement important. Avec des produits d?exportation qui sont aussi précaires, ces pays se voient contraints d?engager une diversification de leur économie. Un tel exercice ne peut se faire sans un temps d?adaptation et une plus grande prise en compte des spécificités des PEID dans un environnement commercial qui s?appuie sur les négociations multilatérales auxquelles ils ont peu ou point d?accès.
Contraintes intrinsèques
Face à leurs contraintes intrinsèques, les PEID plaident pour qu?ils puissent mieux tirer profit des technologies de l?information et de la communication (Tic). Celles-ci leur offrent effectivement un moyen efficace pour mieux s?inscrire dans la dynamique de la mondialisation. Mais, avec des coûts exorbitants, des infrastructures limitées et des ressources humaines non-qualifiées, les projets Tic arrivent difficilement à démarrer dans les PEID. D?où l?importance de la réunion de Maurice. Elle rendra compte de la volonté des pays développés et de toute la communauté internationale à pourvoir les PEID en moyens rendant possible le développement durable. C?est dans même logique qu?il faudra inscrire la quête de sources d?énergie renouvelable tant les besoins énergétiques accroissent la vulnérabilité économique des PEID. Renforcer les industries touristiques, tout en préservant les écosystèmes et les cultures insulaires, reste l?autre défi majeur de la Réunion de Maurice.
Les petits Etats insulaires sont désormais engagés dans une folle course pour rendre possible le développement durable. Derrière ce concept, d?autres enjeux se dessinent. En effet, malgré leurs spécificités et contraintes, ces Etats sont forcés à respecter les règles du commerce international, à courir après la croissance et le développement alors même qu?ils ne disposent pas des moyens propres aux pays du nord et aux pays développés. A Maurice et au sein d?autres Etats, on plaide fortement en faveur de régimes différenciés. Reste à savoir à quel point la thèse de la vulnérabilité saura vaincre les murs de l?ethnocentrisme des puissants.
?Les petits Etats insulaires sont désormais engagés dans une folle course pour rendre possible le développement durable.?
TITRE
La Réunion de Maurice
■ La Réunion internationale de l?ONU sur les PEID à Maurice devrait réunir plus de 2000 intervenants. Quelque 25 chefs d?État et de gouvernement sont également attendus. Du 10 au 14 janvier, il sera question du progrès dans l?application du programme d?action pour le développement durable, identifié à la Conférence mondiale à la Barbade, des Etats insulaires en développement. Parallèlement à la conférence, d?autres activités et rencontres sont à l?agenda dont, entre autres, un Forum de la société civile (6-9 janvier) et une rencontre des jeunes avec une mise en perspective de leurs visions de la vie insulaire ((7-12 janvier). Parmi les délégations présentes à Maurice, on retrouvera les quelque 37 Etats insulaires membres de l?Onu. 14 autres Etats composent la liste des petits Etats insulaires en développement mais ceux-ci ne sont pas membres de l?Onu. Ces Etats, pour la plupart, font partie de l?Alliance des petits Etats insulaires et sont représentés lors des importantes négociations par le Groupe des 77 (G77) qui, lui-même, comprend 135 pays en développement.
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