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Enfin un vaccin !
«Le Gardasil est la grande innovation dans le domaine de la gynécologie cette année », avance le gynécologue. En effet, depuis fin novembre ce vaccin, recommandé par les experts, a été introduit sur le marché européen où, désormais dans certains pays, les jeunes filles de 12 à 17 ans devront être vaccinées. Ce sera également bientôt le cas aux États-Unis.
Il faut savoir que le cancer du col de l?utérus est le deuxième par ordre d?impor-tance après celui du sein. Chaque année 500 000 nouveaux cas sont diagnostiqués dans le monde. « Et le taux de mortalité est très élevé avec près de 300 000 décès par an, dont 80 % dans les pays en voie de développement », poursuit Veyasen Pyneeandee.
Le frottis est primordial
Cette différence énorme de l?incidence entre les pays développés et les pays en voie de développement est due, en grande partie, aux possibilités de dépistage et de traitement offertes dans les pays industrialisés, où l?examen du frottis se fait tous les ans pour les femmes, et ce, dès le moment de la première activité sexuelle, et jusqu?à l?âge de 70 ans. Le frottis reste le seul moyen de déceler les cellules précancéreuses. Lors qu?elles sont repérées à temps, il suffit d?un traitement médicamenteux ou d?une chirurgie légère pour guérir la patiente.
« Mais dans les pays en voie de développement, notamment à Maurice, il n?existe aucune politique de ce genre. Les cellules précancéreuses demeurent, si l?on peut dire, dans l?ombre », affirme le gynécologue. Le frottis s?avère primordial, puisqu?il n?existe pas de véritable signe avant-coureur de la maladie. Ce n?est que lorsqu?elle a atteint le sta-de cancéreux qu?elle se ma-nifeste par la perte de sang pendant les rapports sexuels et des leucorrhées (pertes blanches).
Lorsque le stade de cancer a été atteint, les risques de guérison sont minimes. Les seuls traitements sont une chirurgie lourde et des pratiques telles que la chimiothérapie, qui sont connues pour être douloureuses et difficiles à supporter. De plus, chaque cas de cancer du col de l?utérus coûte à l?État entre Rs 200 000 et Rs 300 000, sans garantie de guérison.
« Le vaccin est un énorme avantage car ce traitement devrait coûter 600 euros, c?est-à-dire environ Rs 25 000 et les recherches ont démontré une efficacité de 100 % », soutient notre interlocuteur. Pour le moment, le vaccin n?est pas disponible à Maurice, il pourra être importé de l?île de la Réunion où il est commercialisé depuis la fin de novembre, sur prescription médicale.
QUELLE EST CETTE MALADIE ?
Le cancer du col de l?utérus survient le plus souvent chez la femme avant la ménopause, mais on découvre également des lésions précancéreuses chez les jeunes filles qui ont eu des relations sexuelles précoces ou les jeunes femmes de 20 à 40 ans. Il faut savoir que cette maladie est sexuellement transmissible et qu?elle est due au papillomavirus humain (HPV).
C?est le premier cancer à être reconnu par l?OMS comme étant attribuable à 100 % à une infection. Cette dernière se produit habituellement au cours des premières années de l?activité sexuelle.
Mais vingt ans peuvent s?écouler avant la formation d?une tumeur maligne. Les scientifiques pensent que presque tous les cancers du col sont dus à seulement quelques types de HPV, notamment le type 16 et le type 18. La tumeur se forme entre la partie externe du col (exocol) et la partie intérieure (endocol) où se trouve une zone de jonction fragile. Il existe aussi des facteurs tels que les états inflammatoires du col de l?utérus ou les lésions précancéreuses, un nombre de grossesses supérieur à une, la précocité des rapports sexuels, le tabagisme, un nombre élevé de partenaires (supérieur à cinq).
Gardasil est le nom du vaccin produit par Sanofi Pasteur MSD, filiale du laboratoire français Sanofi-Aventis, et l?Américain Merck. Il sera bientôt concurrencé par le Cervarix, du Britannique GlaxoSmithKline.
Ce vaccin préventif est efficace contre les HPV dont les types 16 et 18, tenus pour responsables de la formation du cancer du col. Il a empêché à 100 % des pré-cancers et les cancers cervicaux non invasifs (CIN 2 et 3) sur plus de 12 000 femmes de 13 pays d?Europe qui ont participé à une étude.
Le vaccin se fait en trois fois, sur une période de six mois,et il est recommandé à toutes les jeunes filles à partir de l?âge de 12 ans. Un autre vaccin est à l?étude en ce moment pour être administré aux hommes qui sont vecteurs du HPV.
Le principe de cette vaccination thérapeutique, qui est une forme d?immunothérapie, est d?induire une réponse immunitaire contre un constituant spécifique des cellules tumorales ciblées. La réponse se traduit par la production de « cellules tueuses » capables de détruire très spécifiquement la tumeur. La grande efficacité prouvée de ce produit est en partie due au vecteur vaccinal utilisé, qui cible les cellules les plus performantes pour présenter l?antigène vaccinal au système immunitaire. Autre point fort, il s?agit d?un vaccin protéique, purifié, stable, et facile à produire.
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