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En état de grâce

5 octobre 2007, 20:00

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L?art lui a toujours plu, au point d?être une de ses matières d?études en Form VI, pour laquelle elle a obtenu un honorable B. C?est au collège Notre Dame de Curepipe que cette jeune fille de 22 ans a bouclé sa scolarité secondaire. Elle vit avec ses parents ? sa mère, Anne Marie, est chef inspecteur de police et son père, Jocelyn, policier ? dans les Police Quarters de Bell-Village.

En deuxième année d?un Bachelor of Science in Management à l?université de Maurice, Mélina pratique la peinture durant ses heures libres. Son dernier tableau (une déclinaison de tons d?ocres et de bruns) est abstrait. Plusieurs interprétations possibles : une pieuvre ou un multipliant... La demoiselle a vraisemblablement un bon coup de crayon et est très à l?aise avec la gouache. Avouant volontiers que cela lui aurait plu de poursuivre des études d?art, le manque de débouchés en la matière la rebute. Et comme elle ne se voit pas dans l?enseignement?

Enfant déjà, Mélina prend plaisir à habiller et coiffer ses 22 poupées. Tout comme elle s?amuse à fouiller dans l?armoire de sa mère pour y dénicher un vêtement qui lui plaît, l?enfiler et se pavaner devant son frère aîné, Michaël et sa s?ur, Natacha. Histoire d?imiter les mannequins qu?elle a vus à la télévision.

A l?adolescence, elle claque tout son argent de poche sur des vêtements et ne rate aucune retransmission télévisée de concours de beauté ou d?émissions ayant trait à la mode. Férue d?athlétisme, elle participe régulièrement aux jeux inter-régions et s?entraîne deux fois la semaine au stade Maryse Justin. En 2005, son école lui décerne le trophée de «Meilleure Athlète».

Sa mère étant végétarienne, les légumes ainsi que les aliments à base de farine complète sont de mise sous le toit familial. Ajoutés à cela, Mélina ne consomme que des jus de fruits et des légumes frais. Ce qui l?aide assurément à garder la ligne. Mais la belle confie ne pas grossir facilement, d?autant plus qu?elle raffole des pizzas et ne s?en prive pas.

Mélina commence à faire parler d?elle dès l?adolescence. Durant ses vacances scolaires, une possibilité de stage à Mauritius Telecom s?offre à elle. Là, elle est remarquée par un responsable des Relations publiques, qui la choisit pour poser en couverture de Link, le magazine de l?entreprise.

Cette couverture lui vaut d?être contactée, peu après, par une agence de mannequins, One Models, dirigée par Chantal Koenig. Cette dernière lui propose de participer à un défilé de mode pour une marque de vêtements. Mélina accepte mais sa mère est contre, le monde de la mode et des défilés étant mal vu à Maurice. Il n?empêche qu?elle donne finalement son aval et assiste même au défilé en compagnie de son époux et d?autres membres de la famille.

Elle participera à deux autres défilés avec cette agence mais interrompt cette activité : Elle veut privilégier ses études. «Je veux arriver dans la vie. Et ce n?est certainement pas en défilant que j?y parviendrais. L?éducation est importante. J?ai envie de réussir et être quelqu?un, c?est-à-dire être chef d?entreprise, être épanouie et confiante en mes capacités», dit-elle.

<B>Conscience sociale</B>

Son ambition est toutefois liée à l?univers de la mode car elle veut diriger une agence de mannequins. «Chantal Koenig a été mon modèle. Elle est très polyvalente. Elle coiffe, maquille, orchestre les chorégraphies, fait tout. Je veux être comme elle. C?est en cela que le Bsc in management m?aidera.»

C?est sous l?influence de sa s?ur que Mélina s?inscrit au concours Miss Mauritius. D?ailleurs, elle l?a même menacée de l?inscrire par surprise. Mélina se remémore le casting du concours à la fin de juillet au centre de conférences de Pailles. Sur 300 inscrites, 200 candidates se sont présentées au Swami Vivekananda Centre. «C?était un fancy-fair», confie Mélina en riant. Vu la concurrence, elle ne croit pas vraiment en ses chances. Mais elle est choisie et réussit les épreuves que l?on sait.

Son expérience passée des défilés l?a certainement aidée. Mais Mélina déclare que sa participation au concours lui a appris à défiler en conservant un visage serein et souriant. De Primerose Obeegadoo, la présidente du comité organisateur, la jeune fille dit avoir appris la ponctualité.

Elle avoue qu?elle ne s?attendait pas à figurer parmi les finalistes, ni à obtenir le titre de première dauphine. «Je n?ai pas été satisfaite de ma réponse au cours de la partie interview lors de la finale. Le tract me nouait la gorge et ma réponse a été brève. Donc, figurer parmi les finalistes et être élue première dauphine, c?est déjà beaucoup.»

La semaine prochaine, Mélina accompagnera Olivia Carey, la Miss Mauritius 2007 et Primerose Obeegadoo en Italie où les deux Miss feront la promotion de l?hôtel Calodyne-sur-Mer, établissement qui a accueilli le concours. Ce sera son premier grand voyage outre-mer et elle a hâte de découvrir ce pays méditerranéen. Elle ne s?inquiète pas outre mesure du fait d?avoir raté plusieurs cours. Car en sus de recevoir des textos d?encouragement de ses amis de cours, ces derniers lui ont également fait parvenir les copies des classes qu?elle a manquées.

Mélina profite des activités extra-universitaires offertes par les divers clubs sur le campus. C?est à travers l?un d?eux qu?elle a appris la salsa. «Je vais commencer le tae-kwon-do bientôt par plaisir et comme moyen d?autodéfense. Je compte aussi me joindre au club de conscientisation sur le SIDA.»

Comme elle adore les enfants ? la benjamine chez les Mootoo s?appelle Béatrice et a six ans ? Mélina veut enseigner bénévolement le dessin et la peinture aux recalés du système scolaire ayant intégré une des institutions du réseau Adolescent Non-Formal Education Network (ANFEN). «Je suis libre le samedi. J?ai toujours voulu faire cela pour les enfants. A mon retour, je prendrai contact avec ANFEN pour voir ce qui est possible de mettre en place.»

La violence domestique dont elle a été témoin dans son voisinage l?interpelle. «Certains hommes se croient tout permis et même en droit de cogner sur leurs femmes. J?ai ressenti de la haine pour un de mes voisins qui tabassait sa femme. J?ai vu cette femme se sauver avec ses enfants à plusieurs reprises et un jour de désespoir, elle s?est même défenestrée. C?était horrible. Elle a quitté ce mari violent mais après des années de calvaire.»

Mélina a eu la possibilité d?émigrer en Australie car son frère aîné y vit. Mais la belle aime trop son pays. Et? depuis trois ans, elle y a une très forte attache sentimentale en la personne d?Aaron, enseignant d?éducation physique dans un collège de filles et qui défile aussi. Sacré veinard va?

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