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11 septembre 2004, 20:00

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<B>Le célibat tue</B>

Pour vivre longtemps, mieux vaut vivre à deux. Une récente étude de l'université anglaise de Warwick, citée par le quotidien The Independent, révèle que les hommes ou les femmes sans conjoint boivent trop, travaillent trop, sautent des repas et manquent de stabilité affective. Pour la génération Bridget Jones des trentenaires célibataires, les nouvelles sont des plus pessimistes : plus que les cigarettes, le vin et l’angoisse de prendre du poids, le célibat nuit gravement à la santé, réduisant l’espérance de vie de plusieurs années. Dans l’étude réalisée pendant sept ans auprès de 10 000 célibataires britanniques, à paraître dans le Journal of Health Economics, les chercheurs ont constaté que les hommes qui, au début de l’enquête, n’avaient jamais été mariés ou qui étaient séparés ou divorcés avaient 10 % de risques supplémentaires de mourir que ceux ayant passé la bague au doigt. Quant aux femmes dans la même situation, le taux de surmortalité s’élevait à 4,8 %.

« Tandis que le mariage vous tient en vie, la surmortalité enregistrée chez les célibataires est comparable à celle des fumeurs », explique le professeur Andrew Oswald, à la tête de l’équipe universitaire. Les effets négatifs de la vie en solitaire agiraient particulièrement quand survient la trentaine et toucheraient tout autant les femmes que les hommes. Si les raisons scientifiques de cette longévité écourtée n’ont pu être clairement établies par les chercheurs, la lecture du Journal de Bridget Jones, best-seller d’Helen Fielding dont est issu le film, pourrait apporter quelques pistes, comme celle de l’hygiène de vie. A l’image de Bridget, célibattante à la recherche du prince charmant, qui meuble ses soirées de déprime à coups de pots de Nutella et de chansons romantiques sur le canapé du salon, ses congénères mèneraient une vie moins équilibrée que leurs alter ego mariés. « Ils boivent plus parce que plus souvent en société, oublient le petit déjeuner, et sont en général des bourreaux de travail puisque personne ne les attend à la maison », précise M. Oswald. La présence d’un partenaire inciterait à prendre soin de soi et à se sentir plus responsable. L’amour tiendrait donc en vie.

<B>Questions russes</B>

Pourquoi les capitales occidentales soutiennent-elles avec tant d'ardeur Vladimir Poutine ? Pourquoi les simples questions sur la politique russe dans le Caucase sont-elles écartées au profit d'une solidarité muette ? La Realpolitik qui dicte à l'Occident de s'abstenir de toute critique vis-à-vis du maître du Kremlin repose sur la conviction que la Russie reste un Grand. Le pays le plus vaste de la Terre a certes perdu de sa force démographique et économique — son économie est désormais à peine de la taille de celle des Pays-Bas — mais il possède encore l'arme atomique en quantité et détient un des cinq sièges permanents au Conseil de sécurité de l'ONU. Dans le jeu géopolitique, Moscou compte encore. Le deuxième attrait russe est énergétique. Riche en pétrole et surtout en gaz, la Russie est devenue le premier producteur mondial d'hydrocarbures devant l'Arabie saoudite. Pour la Chine, le Japon, et pour l'Asie tout entière, ces réserves vont devenir essentielles. Pour l'Europe, cette énergie est plus proche que celle du Moyen-Orient. Poutine le sait, et il est en train de remettre dans les mains de l'État ce secteur stratégique et de développer des projets de pipeline. La troisième raison du soutien sans faille occidental relève de l'histoire et de la géographie : les diplomaties d'Occident ont toujours préféré un pouvoir fort qui « tienne » le vaste espace euro-asiatique. C'est le cas en particulier du chaudron du Caucase. Non que Paris et Londres, hier, et Washington, récemment, n'aient pas su jouer de la question des minorités pour affaiblir Moscou sur ses pourtours sud et rogner son territoire comme son influence. Mais le 11 Septembre et la poussée de l'islam dans la région ont changé la donne et soudé une solidarité au nom de la « guerre contre le terrorisme ». Assimilant les « séparatistes » tchétchènes aux « islamistes », Poutine a trouvé là Considérations géopolitiques, pétrodollars et solidarité contre « l’ennemi terroriste » donnent carte blanche au Kremlin. À ceux qui espéraient une ouverture au dialogue, il annonce « des nouvelles méthodes » dont on peut imaginer la brutalité. Jusqu’où les diplomaties occidentales vont-elles le suivre ?

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