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Emeutes à Londres : Des Mauriciens racontent des scènes de violence et de pillage
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Emeutes à Londres : Des Mauriciens racontent des scènes de violence et de pillage
Quatrième jour d’affrontements entre les gangs de jeunes et la police en Angleterre. Les scènes de violence et de pillage se multiplient dans plusieurs villes.  Des étudiants mauriciens résidant à Londres racontent…
C’est la panique dans les villes anglaises. Après le quartier londonien de Tottenham, le samedi 6 août, les émeutes ont atteint Birmingham, Liverpool et Bristol dans la nuit de lundi à mardi.
Ce mardi, 9 août, un jeune homme de 26 ans a succombé des suites de ses blessures par balle. Selon la presse britannique, il se trouvait dans sa voiture à Croydon dans le sud de Londres lundi, quand il a été touché par une balle.
Peu avant 9h00, ce matin, les pompiers s’attelaient toujours à maitriser les flammes à Woolwich, au sud de Londres. « Nous avons appris qu’il y a un gros container à gaz au sous-sol d’un pub devenu la proie des flammes et que si le feu se propage, on risque le pire », souligne Julien Tuyau, étudiant en Droit à Londres.
Ce Mauricien ancien journaliste à lexpress.mu vient de passer une longue nuit angoissante.  Avec un groupe d’amis, il a vécu des scènes d’horreur du balcon de leur immeuble à Woolwich. Ils sont installés au 10e étage.
 « Tout a éclaté vers 19 heures. Les gangs de jeunes de 17 à 25 ans ont commencé à dévaster puis à dévaliser les boutiques de vêtements, des bijouteries, des maisons de jeux, des magasins d’électroménagers et des banques.  Les  policiers au nombre d’une dizaine étaient impuissants  face à une foule de 300 personnes », confie Julien Tuyau.
Notre compatriote raconte que l’immeuble qu’il habite a échappé de justesse à un incendie. « Les émeutiers ont fait voler en éclats les écrans dans les parcs et ont  commencé à mettre le feu à notre immeuble. Pour ne pas être pris au piège, nous sommes partis nous mettre à l’abri à proximité d’un poste de police », ajoute celui qui dit avoir également assisté à l’incendie d’une voiture de police.
La ville de Woolwich s’attend à vivre une situation encore plus inquiétante dans la soirée de ce mardi.  « Les activités dans le centre-ville sont paralysées. Nous avons peur. La police essaie de nous rassurer mais elle manque d’effectifs. Nous ne pouvons sortir le soir. On risque de se voir catégoriser de gang », soutient le Mauricien.
Amrish Bucktowarsing, journaliste et également étudiant en communication à Londres suit la situation à la télé.  Installé dans une zone éloignée des turbulences, à l’est de Londres, il est sur le qui-vive.
« Dans la soirée d’hier à Hackney, il y a eu un affrontement entre Turcs et un gang de jeunes Africains. Les Turcs tiennent des commerces et ils ont tenu à  défendre leur propriétés à coups de bâtons et de barre de fer des pillards », raconte-il. Cependant, il dit observer que la presse étrangère diffuse des images que la télé britannique ne relaie pas.
Mahen Cundasamy, le haut commissaire mauricien en Grande-Bretagne se veut rassurant. Sollicité au téléphone, il demande aux Mauriciens se trouvant dans les quartiers sous haute tension de rester chez eux.
« Nos compatriotes ici sont affectés émotionnellement par cette situation sans précédent. Aucun Mauricien n’est impliqué et mes officiers sont à pied d’œuvre aux quatre coins de Londres pour apporter l’assistance nécessaire en cas de besoin », a-t-il déclaré.
Pour rappel, tout a commencé suite à la mort de Mark Duggan, 29 ans. Ce père de quatre enfants était recherché par la police, et jeudi dernier, après des échanges de coups de feu, il a été tué de deux balles. 200 personnes comprenant des proches de Mark Duggan et des représentants de la communauté antillaise ont manifesté samedi après-midi devant le commissariat de Tottenham, en vue d’obtenir des réponses à leurs interrogations.
Mais la situation a dégénéré. Dimanche, la violence s’est répandue et a atteint le centre-ville de la capitale anglaise.
Le premier ministre britannique, a écourté ses vacances en Italie. David Cameron a promis de ramener l''''ordre dans les rues.  350 personnes ont été arrêtées dans la seule nuit de lundi à mardi, 44 policiers et 14 passants ont été blessés.
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