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Elle l?ébouillante, il lui pardonne
?Les histoires d?amour finissent mal en général? chantait le groupe français Les Rita Mitsouko. On serait tenté de le croire en découvrant l?histoire de ce couple, originaire de Mahébourg et installé à Belle-Mare depuis une quinzaine d?années.
Le 25 décembre, ce couple, qui a eu cinq enfants, a fêté ses noces d?argent. Le mari, 44 ans, est maçon et son épouse femme au foyer. Leur fille aînée, qui nous reçoit dans la maison du drame à Belle-Mare, est encore toute retournée par les évènements de lundi.
D?autant plus qu?elle se trouvait dans la cour, à nourrir des animaux. Elle a entendu le ton monter entre ses parents. ?Monn tann zot pe koze for. Ler mo rant dan lakaz, mo papa pe size lor sofa, so figir bien brile e la fime pe leve lor li. Ler mo get mama, li sove li ale.? La jeune femme en déduit que sa mère, qui prépare d?habitude le café pour toute la famille dans une grande bassine, a jeté le contenu bouillant à la tête de son père.
<B>?Enn zoli garson bien cler?
Gravement brûlé, le quadragénaire est transporté à l?hôpital de Flacq, puis au service des brûlés de l?hôpital Victoria à Candos. Sa fille nous montre une de ses photos et ajoute : ?Get li bien. Li ti enn zoli garson bien cler. Avek sekinn arive, mo kroir li napli pou resenble sa.?
La personne sur le lit d?hôpital n?a effectivement plus rien à voir avec l?homme fringant qui posait, il y a quelques années, devant l?objectif du photographe amateur. Son crâne est entièrement recouvert d?un épais bandage, de même que son buste et ses bras. La partie découverte du visage est grenat et les traits sont boursouflés. Bien qu?il ait du mal à s?exprimer, il affirme qu?il va mieux. Que le personnel médical s?occupe bien de lui.
Ce sont des allégations d?infidélité à son propos, formulées en février 2005 par une habitante de la localité, qui sont à la base des fréquentes disputes au sein du couple. Avant cette dénonciation, confie la fille, le couple connaissait des hauts et des bas, comme n?importe quel autre couple. La situation s?est envenimée depuis un mois, quand la police a débarqué chez eux à la suite d?une autre allégation venant de la même personne. ?Linn dir ki mo papa inn zet ros lor so lakaz?. Cela a attisé la braise qui couvait déjà sous les cendres.
La fille, qui dit ignorer où sa mère s?est réfugiée depuis le drame, déclare n?avoir eu aucun répit de la police. ?Deza bien ase ki lindi, de polisie inn dimann nou si zot kapav pran nou boit kafe parski zot bizin travay ziska tar. Monn dir oui. Depi mardi, gramatin, tanto, lapolis divan nou laport alor ki nou pa kone kot mama ete?.
<B>Violent quand il boit</B>
A l?hôpital, au chevet du mari ébouillanté, l?épouse sur laquelle pèse une accusation provisoire de tentative de meurtre se désole. Elle est mortifiée par les brûlures subies par son mari. Son geste, affirme-t-elle, était accidentel. A l?écouter, son mari devient violent quand il boit. Elle confirme que les allégations de la présumée infidélité de celui-ci ont détérioré leurs relations.
Lundi, allègue-t-elle, il avait bu et il lui a demandé de s?en aller. Elle tenait la bassine de café fumant entre ses mains. ?Linn vinn ver mwa e linn dir mwa ki li pou enterr mwa dan pit, kouma sa misie la inn fer ar so fam (NdlR : Chandramanee Ujoodha a enterré son épouse Umah dans le puits d?absorption de leur domicile à Bonne-Terre). Linn sey tir deksi kafe dan mo lamin. Mo pa finn large. Ler nou lite, kafe so inn fouett lor li. Mo pa ti le sa arive. Li mo mari ek papa mo zenfan.?
Le brûlé répète devant nous ce qu?il a dit la veille à ses enfants. ?Mo pardonn mo fam. Mo pa pou al de lavan avek depozision.? Voilà qui laisserait présager une possible réconciliation?
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