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Elle accouche mais n?a pu survivre
A 22 ans, elle attendait avec bonheur la venue au monde de son premier enfant. Mais le sort en a décidé autrement. Nazima Goburdhun, après avoir donné naissance à une petite fille à 00 h 50 dans la nuit de mercredi à jeudi, s?est éteinte à 2 h 55. Emportée par une hémorragie. Le ministre Faugoo a déclaré, jeudi, qu?une enquête a été diligentée pour déterminer les causes de ce décès.
Ils étaient nombreux au domicile des Goburdhun, hier soir, à Rose-Hill, réunis dans la colère et la tristesse. Le beau-père allègue, lui, qu?il s?agirait d?un cas de négligence médicale.
Pendant que certains discutent des circonstances du drame, l?époux de la jeune victime, fait les cent pas dans le couloir de la maison. «Est-ce un cauchemar ?» semble-il se demander. Sa petite fille dort péniblement dans les bras d?une de ses proches...
Pour le beau-père de la victime, un tel drame ne se serait jamais produit s?il y avait eu un traitement adéquat à l?hôpital. Il raconte les étapes des événements.
Le vendredi 8 septembre, jour de l?anniversaire de la jeune maman, celle-ci ressent des douleurs. Croyant qu?elle va accoucher, elle demande à son époux de l?emmener à l?hôpital.
Admise le même jour, elle sera autorisée à rentrer chez elle le lendemain matin, samedi, après un examen par le médecin. Un rendez-vous est fixé pour le mardi suivant. Lorsqu?elle s?y rend, le gynécologue l?informe qu?elle est en bonne santé et qu?elle peut rentrer chez elle. Le lundi 11 septembre, la jeune femme ressent encore des douleurs et est de nouveau admise.
Une joie de courte durée
«Mon épouse et mon fils sont allés lui rendre visite à 18 h 30 ce jour-là. Elle se portait très bien», confie le beau-père. «Vers une heures du matin, mon épouse a téléphoné à l?hôpital pour avoir des nouvelles de notre belle-fille. La nurse nous a annoncé qu?elle avait déjà accouché.»
C?est la joie dans la famille. Mais le bonheur sera de courte durée. La belle-mère passe de nouveau un coup de fil au centre l?hospitalier. «Ou bizin vinn lopital», lui lance son interlocutrice. «On ne se doutait pas que le pire était arrivé.»
Le médecin de garde, d?un ton hésitant, leur annonce la terrible nouvelle. «Li finn accouche. Li finn gagn enn tifi» Finalement, il laisse échapper : «Mo finn fer tou ce ki mo capav me so leker ti pe bat trop feb?»
La famille Goburdhun croyant qu?il s?agissait d?une mort naturelle s?est opposée à une autopsie. Mais elle changera d?avis en apprenant qu?il y aurait eu négligence médicale. Une autopsie pratiquée à 9 heures le même jour par le Dr Satish Boolell, chief police medical officer, a attribué le décès à «shock due to post partum haemorrhage».
«Nous savons qu?il y a eu un mot d?ordre au sein de l?hôpital afin qu?aucune information ne soit divulguée à la presse. Ma belle-fille était en bonne santé. Si elle avait été assistée par un médecin après son accouchement, je ne crois pas qu?elle aurait perdu la vie. Perdre autant de sang sans que personne ne s?en aperçoive, c?est inadmissible. Je maintiens qu?il y a eu négligence médicale. Nous voulons la vérité sur ce qui s?est passé à l?hôpital cette nuit-là. Pa capav traite dimun koum sa», conclut le beau-père. Il consigne une déposition aujourd?hui au poste de police de Rose-Hill.
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