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Elisa, fée de la pâte d?amande

26 décembre 2003, 20:00

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Elle a toujours su quoi faire avec ses dix doigts. Dès l?adolescence, Elisa Lanfray, 48 ans, manie avec aisance, aiguilles de couture, de tricot et de crochet. Et cette créativité, son mari, Lindsay, et ses deux filles, Nadia, 21 ans, et Sarah, 18 ans, en profitent car elle leur confectionne des délicatesses salées et sucrées et même des vêtements pendant son temps libre.

«Même si je travaillais, je disposais de plus de temps car autrefois, on ne couraît pas comme on le fait aujourd?hui», explique Elisa Lanfray. Cette dernière a travaillé comme comptable pendant cinq ans dans une entreprise privée, avant d?agir comme contrôleur de crédit pour le compte d?un voyagiste pendant 18 ans. La pâtisserie et le modelage de la pâte d?amande qu?elle a appris pour faire plaisir à une amie qui en raffolait, seraient demeurés d?agréables passe-temps si le voyagiste qui l?employait n?avait pas tenté de la rétrograder. «Quand vous atteignez la quarantaine, les employeurs ont tendance à vous prendre pour quantité négligeable.» Se sentant trahie, elle démissionne et poursuit son employeur. Elle obtient gain de cause au bout de trois ans d?attente.

Désormais, elle est maîtresse de son temps. Et c?est là qu?elle se découvre en tant que femme d?intérieur. En effet, elle préfère demeurer à son domicile, même si elle est angoissée dans un premier temps à l?idée d?avoir à se débrouiller avec le salaire de son mari. «Je me suis ressourcée avec mon mari et mes enfants. Quand je travaillais, lui et moi, nous ne pouvions jamais prendre nos vacances ensemble.»

L?ART DU MARZIPAN

Durant cette même période, elle se souvient des fruits et légumes en miniature qu?elle avait réalisés à partir de la pâte d?amandes pour l?anniversaire de sa meilleure amie. Les livres de recettes ressurgissent et Elisa redécouvre l?art de fabriquer de la pâte d?amandes, connue aussi sous le nom de marzipan. Elle passe ensuite ses journées à créer de petits cadeaux afin de les offrir à ses proches et amis.

Mais Elisa veut tout faire elle-même. Ayant horreur de tomber dans la facilité, elle préfère fabriquer sa pâte d?amandes plutôt que d?en acheter. «C?est tout simple à faire, même si le procédé est long. J?achète mes amandes que je mets à sécher. Je les mouds ensuite avec du sucre et finalement, j?incorpore des ?ufs dans cette mixture. Une fois que la pâte a une bonne consistance, je la modèle manuellement en fonction de ce que je veux en faire.»

Ses spécialités : les fruits locaux ? banane, carambole, ananas, pomme ? et les légumes de saison, notamment le pâtisson, la carotte, le radis, le chou- rave, la pomme de terre, l?aubergine, pour ne citer que ceux-là. Elle modèle aussi des roses aux délicats pétales.

RÉPUTATION D?EXCELLENCE

Si habituellement, elle ajoute des colorants végétaux dans la pâte avant de modeler ses fruits et légumes miniatures, pour certains d?entre eux, elle les colorie une fois qu?ils sont modelés. C?est le cas pour l?aubergine, par exemple, qu?elle colorie au pinceau ou la pomme de terre, qu?elle colorie avec du cacao pour lui restituer son effet de terre.

Et qu?en est-il du goût ? Les premiers à les avoir goûtés, les ont trouvés délicieux. Car la pâte que prépare Elisa est particulière ! C?est un parfait équilibre entre le sucre et la pâte d?amandes. «Dans la pâte d?amande que vous trouvez dans le commerce, il y a 70 % de sucre et la différence en amandes. C?est fabriqué ainsi exprès pour favoriser une longue conservation. Moi, je préfère par contre le dosage 50-50, même si le temps de conservation de mes produits est limité.»

L?experte explique également que le climat est important pour la conservation de ses produits. «A Flic-en-Flac où j?habite, c?est sec, et mes pâtes d?amandes se conservent assez longtemps. Par contre, si c?était sur le plateau central, leur conservation se serait limitée à quelques jours avant de prendre de la moisissure. En privilégiant le dosage 50-50, c?est juste ce qu?il faut de sucré pour savourer le goût de la pâte d?amande.»

Toujours dans le souci d?offrir, elle participe, il y a quelques années, à une collecte de fonds animée par la direction du Caudan Waterfront pour le compte d?un enfant souffrant d?une maladie rare. Elle met pour la première fois ses pâtes d?amande miniatures en vente. Résultat : elle offre un beau chèque à l?enfant malade.

Tant de particularités lui valent certainement une réputation d?excellence qui dépasse même le cadre de ses simples relations. Au cours de trois années consécutives, le Mauritius Institute of Education fait appel à elle pour animer des cours de pâtisserie et de modelage de pâte d?amande à l?intention des enseignants de Food and Nutrition du cycle secondaire.

Devant une telle réussite, pourquoi ne pas créer son propre business ? Là, c?est le refus catégorique. Et d?évoquer la sacro-sainte règle : se faire plaisir avant tout. «Avoir une petite entreprise présuppose de travailler très dur. Je refuse que la préparation de fruits et légumes miniatures en pâte d?amande devienne une corvée. Le faire me procure énormément de satisfaction et de plaisir. Je tiens à ce que cela le demeure.» Entre-temps, ses parents et amis seront encore une fois bien gâtés pour les fêtes de fin d?année?

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