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Elie Semoun, un c?ur de vedette
?Ma grande frustration est de ne pas être une vedette de cinéma.? Propos d?Elie Semoun, lancés avec son habituel ton pince-sans-rire. C?était vendredi soir, à la veille du spectacle d?humour qu?il a donné au Club Med. Nous tombons dans le panneau et avons le malheur de pouffer de rire. Lui, nous lance un regard presque noir. Celui qui semble dire : ?Mais là je suis sérieux, pourquoi est-ce que personne ne me croit ??
Justement, nous insistons. Après avoir repris notre souffle, nous demandons : ?Vous ne plaisantez pas là ? ? Lui, le visage un peu fermé persiste : ?J?ai une grande frustration de ne pas être une vedette de cinéma comme Franck Dubosc qui a fait cinq millions d?entrées avec le film Camping?. dans sa bouche, les exemples d?humoristes ayant réussi au cinéma pleuvent : Gad Elmaleh, Jean Dujardin, tous des potes en plus. ?Ils ont réussi à transposer leur univers au cinéma?. C?est son ambition.
Et dire qu?il vient tout juste d?entamer celle de chanteur. ?J?ai deux idoles?, raconte-t-il. Henry Salvador et Laurent Voulzy. Coïncidence inouïe, ces auteurs-compositeurs signeront deux mélodies du prochain album d?Elie Semoun. ?J?ai l?impression de faire partie de cette famille-là. Je n?ai pas la voix de Robert Alania, je chante des balades très cool?.
Une voix qui s?est aussi prêtée à l?exercice qui consiste à construire l?identité d?un personnage de dessin animé. C?est ce qu?il a fait avec Sid le paresseux, personnage de l?Age de glace 2. ?J?ai fait le un et le deux et je risque de faire le trois?, annonce-t-il. ?C?est génial d?apporter son énergie et sa folie. Je lui ai fait un zozotement et une voix aïgue, cela m?aide.? Et voilà Semoun qui philosophe Elie. ?Pour être sincère, il me faut un truc artificiel?. Partager en plus l?affiche avec Gérard Lanvin et Vincent Cassel, l?humoriste ne demande pas mieux.
Et de nous annoncer qu?il aura un petit rôle dans le prochain épisode d?Astérix et Obélix. ?Tout le cinéma français y sera?, prend-il soin de signaler. À l?agenda aussi : le film qu?il prépare avec Alain Chabat. ?C?est compliqué. C?est difficile d?imaginer une structure un peu comme celle d?un roman.? Elie Semoun sait s?entourer. Conséquence, ?avec Chabat, on est comme les inspecteurs des travaux finis?. L?intrigue : un caméléon, le genre de personnage qui prendrait la personnalité des autres.
Au fil de la conversation, Elie Semoun projette l?image du bosseur, celui qui travaille même en vacances. Si son séjour chez nous est synonyme de farniente (aux côtés de son amie Juliette Chernez, coryphée à l?Opéra de Paris), il en a profité pour rôder son nouveau spectacle. Celui qui n?est pas encore sorti en DVD. D?autant plus qu?en septembre, Elie Semoun sera à l?Olympia.
Incursion dans l?univers des connus avec les personnages attachants de Toufik, le ?robeu?, de Micheline qui ?souffre de surcharge pondérale?. C?est un ?univers noir et cruel? de l?aveu de l?humoriste lui-même. Auquel il a convié des petits nouveaux tels ce Papi Petou qui reçoit des appels téléphoniques sur son sonotone et qui se fera dépouiller par sa famille. ?Malheureusement cela existe, ces petits vieux que l?on met dans les maisons de retraite.? Sensible aux travers du quotidien, Elie Semoun dit ?n?avoir rien contre la mélancolie et la tristesse. J?aime la noirceur de la vie, tout ce qui est pathétique. Plus c?est méchant et cruel, plus cela fait rire.?
Avant de reconnaître ?comme j?ai l?air sympa, les gens me suivent?. L?humoriste insiste pourtant sur cette lucidité indispensable selon lui, pour faire ce métier. ?Faut savoir jusqu?à quel moment on peut faire rire.? Il nous le promet. ?Je m?en apercevrais ?quand sera venu le moment du désamour avec le public.
Une audience à laquelle il a fait remarquer qu?elle n?avait pas payé sa place, samedi soir. ?J?y suis déjà venu trois fois, j?avais été invité par le Club Med en l?an 2000.? Monter sur scène ailleurs que dans un établissement hôtelier. ?Je ne demande que cela?, déclare-t-il avec enthousiasme. Avis aux producteurs.
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