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Eléments de justice et de paix pour 1980
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Eléments de justice et de paix pour 1980
L?absence de Paix suppose un mépris pour la Vérité. Une opposition à la Paix est d?abord un refus de la Vérité. Celle-ci est la force de celle-là. La perte de notre sérénité correspond souvent à un manque de vérité et de bon sens. Notre budget inquiète si nous donnons trop d?importance à l?argent. Nous ne le maîtrisons pas si nous devenons ses serviteurs. Esclaves ainsi de nos passions pour le jeu, l?argent, le tabagisme, l?alcool, la drogue, les soins de beauté, les exigences vestimentaires, les gadgets, les marques à la mode, la nécessité de paraître plus riche qu?autrui, le besoin effréné de faire toujours mieux que les autres, de les éblouir, de vouloir les éclipser. Serions-nous moins accapareurs que nous pourrions nous mettre davantage au service de la justice distributive, de la solidarité nationale, de l?aide aux plus faibles, aux moins chanceux.
Nous devons déclarer la guerre aux tabous qui étouffent la vérité. Le principe de la porte ouverte est valable pour tous les secteurs. Cacher la vérité, y compris les faux secrets d?Etat ou de fabrication, instaure un climat de méfiance, faussant la moindre relation humaine. Tout sera vu désormais à travers un prisme déformant. Se réserver un part de l?information appartenant à tous fait naître le doute, la jalousie, la frustration, la haine.
Il y aussi le manque de vérité dans les affaires professionnelles commerciales et industrielles. On peut tromper tout le monde quelques fois. On peut tromper un petit nombre de personnes tout le temps. Mais on ne peut jamais tromper tout le monde tout le temps. Dissimuler une part de vérité fait naître la méfiance entre partenaires, entre collègues, entre fournisseurs et clients. On commence alors à se regarder en chiens de faïence. On se retrouve alors l?ennemi de son frère, de son père, de son meilleur ami, de quelqu?un envers qui on détient une dette de reconnaissance. On finit par cacher ses profits comme ses pertes parce qu?on a peur des autres. Et on s?étonnera ensuite quand on s?apercevra être considéré comme des ennemis par ceux qu?on estimait et en qui on avait confiance.
Il faut maintenir un dialogue en vérité. Il faut conserver le courage d?exposer franchement ses objectifs, ses projets, aux autres, aux partenaires, quitte à surseoir à leur mise à exécution si, à l?écoute des autres, on s?aperçoit que les autres parties concernées n?en partagent pas le bien-fondé ni leurs mérites mais qu?au contraire elles les voient comme des menaces pour leur sécurité, comme des risques de dégraissage, de licenciement, de relations industrielles plus tendues. Des résultats positifs pour l?entreprise doivent l?être tout autant pour la direction que pour le personnel. Les tiraillements apparaissent quand celui-ci se sent manipulé et exploité par celui-là et quand ce dernier est déçu par la performance du premier. Les choses auraient été peut-être plus saines et plus prometteuses si tout le monde avait joué cartes sur table.
La bonne santé morale d?une population dépend en grande partie de la qualité de l?information reçue, sélectionnée et diffusée. Les responsables de nos médias jouent alors un rôle vital. Optent-ils pour des informations appelant leur lectorat et leur auditoire à un maximum de responsabilité et d?engagement, le pays peut alors progresser et se développer harmonieusement. Optent-ils pour une information sensationnaliste et se contentent-ils d?abêtir l?opinion publique, en la caressant dans le sens du poil, en soufflant dans le sens du vent, en lui donnant raison même quand elle a tort, le pays ne peut alors que reculer et régresser.
Nous devons être capables de nous surpasser si nous voulons que notre pays progresse tous azimuts.
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