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Eid sur fond de piques politiques
Deux anciens Premiers ministres et l?actuel chef du gouvernement réunis sur la même estrade pour célébrer Eid. Ou pour «un moment de partage», comme l?a fait remarquer Mahmood Cheeroo, de la Sunni Razvi Society. Mais hier matin à la Sunni Razvi Academy, à l?exception de sir Anerood Jugnauth, Navin Ramgoolam et Paul Bérenger, semblaient avoir chacun leur propre définition du terme «partage», les deux politiciens en profitant pour se lancer des piques, parfois subtilement, parfois moins.
C?est Paul Bérenger qui ouvre le bal. Il commence, curieusement, son discours en demandant pardon. Car, dit-il, l?aspect qu?il préfère dans la fête Eid, «c?est que c?est le jour du pardon. Nous nous faisons pardonner pour ce que nous avons mal fait ou pour ce que nous n?avons pas assez fait»,dit-il. Se faire pardonner pour quoi ? Bérenger ne précise pas. Mais tout de suite après, il fait un long plaidoyer pour que Maurice «se rapproche de l?OIC (organisation of the Islamic Conference) parce que les Palestiniens souffrent toujours.» Tente-t-il de faire ressortir aux musulmans du pays que l?Etat mauricien ne s?en soucie pas ? En tout cas, Paul Bérenger en profite pour saluer l?ambassadeur d?Egypte à Maurice puisque l?Egypte «est en train de faire beaucoup d?efforts pour rapprocher le Hamas et le Fatah pour le bien du peuple palestinien.» Il parlera longuement de la souffrance des Palestiniens et affirme que «comme l?a dit le Premier ministre sortant d?Israël, il n?y aura pas de paix tant qu?il n?y aura pas d?Etat palestinien.»
Le leader de l?opposition enchaîne ensuite avec la crise financière et le lait empoisonné.
<B>Dangers</B>
Le PM, prenant à son tour la parole, affirmera qu?il a eu l?occasion encore une fois, avec le récent remaniement ministériel, de voir «à quel point, nous nous battons pour des choses ridicules.» Affirmant que les gènes des êtres humains sont les mêmes à 99.9 %, et que ce sont les 0.01 % qui nous différencient, il regrette que «nous nous concentrons sur ce qu?il y a de différent au lieu de célébrer nos points communs.» Son message aux Mauriciens : «Ne vous laissez pas diviser. Gardons notre culture mais vivons comme une vraie nation.»
Le PM énumère les dangers qui guettent un pays où les différentes composantes de la population se battent entre elles avec, chacune, ses revendications. «Kan ou met poizon dan la tet dimounn, vwazin touy vwazin». Et de citer en exemple la Yougoslavie. «Regardez ce qui est advenu de ce pays où tout le monde vivait en paix jusqu?à ce que chacun commence à revendiquer se religion, sa culture. Ce pays est aujourd?hui divisé en sept. Il est facile de détruire un pays mais bien difficile de le construire.»
Navin Ramgoolam, faisant référence aux contestations qui ont fait suite au remaniement ministériel, ajoute : «Si sakenn koumans revendik so bout, nou na pa pou fini». Il dit entendre souvent des groupes parler de leurs «droits». «Mais quand vous avez des droits, vous avez aussi des responsabilités.» Et ajoute ? un peu ironiquement, peut-être ? ? «Sur cette plate-forme, il y a le président, le leader de l?opposition et moi-même. Je suis sûr qu?ils seront d?accord avec moi que si nou pa atas nou lipie, nous pouvons devenir une grande nation».
Le PM, revenant sur le problème de la Palestine, précise que le PM Israélien sortant ? celui-là même que mentionnait Bérenger ? faisait partie du gouvernement d?Ariel Sharon. «Et c?était sous Sharon, dit Navin Ramgoolam, qu?il y avait autant de massacres. D?ailleurs j?avais décidé de ne pas me rendre au consulat d?Israël à cause de cela.» Il dit espérer qu?avec le changement de pouvoir en Israël et bientôt aux Etats-Unis, que «le bons sens va prévaloir».
Le président, SAJ était lui, très relaxe et a aussi pris la parole. Riant à chaque plaisanterie, il s?est contenté de rappeler l?importance de la fête Eid...
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