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Egalité des chances
<B>Par Raj MEETARBHAN</B>
Plusieurs recrutements ou promotions marqués par le clientélisme et le népotisme sont intervenus dans les organismes parapublics récemment. Il y a une aggravation du problème même si on peut dire qu?à un degré moindre il a toujours existé. Le pays ne peut plus continuer dans cette voie. Sinon, nous nous mettrons hors jeu dans ce monde de compétition. Il est urgent d?adopter un «Equal Opportunities Act» pour garantir plus de méritocratie.
Sans une législation stricte, la porte reste ouverte aux recrutements caractérisés par l?ingérence politicienne. Si des ministres se permettent d?adresser des injonctions aux maîtres d?école pour que ceux-ci attribuent les classes les plus convoitées à leurs proches, comme l?allègue un syndicat du primaire, ils ne se priveront pas de faire pression quand l?enjeu est plus important. On peut deviner l?ampleur des avantages injustifiés dont bénéficient les amis du pouvoir quand ils postulent pour un emploi ou une promotion.
Outre la dernière vague de promotions dans les organismes parapublics à tous les niveaux de la hiérarchie, deux cas ont interpellé l?opinion publique. Le premier concerne le malaise qui s?était installé à la tête de la «Beach Authority» quand le conseil d?administration avait accusé la direction de ne pas respecter les procédures pour un exercice de recrutement. Parmi les 14 personnes alors retenues, un nombre disproportionné habitait une circonscription spécifique. Le second a trait à la déclaration de Maurice Allet, selon laquelle il a «pu obtenir de l?emploi dans le gouvernement pour quelques-uns de (ses) mandants». Il devait également affirmer qu?en ce qui concerne les emplois dans la fonction publique «le PMSD était bien moins traité que les autres partis de l?Alliance sociale»? La «partisanerie» qui préside les recrutements apparaît de manière frappante dans ses propos.
La situation n?est guère mieux dans les entreprises privées, en particulier les plus anciennes d?entre elles. Certes, les nouvelles générations de patrons respectent dans une certaine mesure les principes de bonne gouvernance mais il manque à leurs aînés une plus grande ouverture d?esprit. Il est dommage que le seul impératif de performance ne suffise pas pour les amener à récompenser les plus méritants. Ni l'obligation morale et sociale de ne pas frustrer les compétences. Il faut, dans ces cas, avoir recours à l?obligation juridique.
L?«Equal Opportunities Act» n?est pourtant pas une priorité du gouvernement. Le 30 mai 2006, dans une interview accordée à «l?express», l?«Attorney General», Rama Valayden, révélait déjà que ?I have already prepared the bill for the ?Equal Opportunities Act?, and it is now in the hands of the prime minister, who has asked for fine tuning and for others to look at it. This is very wise on his part?.
Si la lenteur est une forme de sagesse, le ministre a raison. Il faut prendre du temps, beaucoup de temps, pour méditer sur l?ébauche d?un projet de loi. Sauf, qu?entre-temps, des dégâts irréversibles sont causés.
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