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Egalité des chances

28 janvier 2005, 00:00

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Si le syndicalisme est à la portée de tout le monde, on ne peut en dire autant de la maîtrise des principes de pédagogie. Il est donc normal que l?opinion publique s?interroge sur la justesse des recommandations que fait Suttyhudeo Tengur, président de la Government Hindi Teachers? Union, sur ce qu?il convient de faire dans les écoles mauriciennes.

L'élitisme est-il souhaitable dans l'enseignement? Seuls, les spécialistes des sciences de l?éducation sont aptes à apporter des éléments de réponse pertinents à cette question. Les apprentis-spécialistes qui s?y essayent sont mal équipés, en outils intellectuels, pour le faire. Il ne suffit d?ailleurs pas d?y répondre par un oui ou un non, car il faut aller plus loin et se demander si l?impact de la séparation en classes de niveaux est le même quelle que soit la classe d?âge. Il faut faire la distinction entre la pratique de l?élitisme au primaire, au secondaire et à l?université.

Mais ce n?est pas le débat qui est porté sur la place publique par le syndicaliste Tengur et l?opposition travailliste. Même si la suppression du ?ranking? au CPE et l?élimination des tensions qui l?accompagnaient leur paraissaient pédagogiquement progressistes, ils auraient rejeté la réforme. L?un pour des raisons idéologiques et l?autre pour des gains politiques, prônent le retour au passé.

Le credo élitiste choisi par les défenseurs de l?ordre ancien cache un argument qui, en vérité, est de nature ethnique. Ces conservateurs disent vouloir réserver les collèges Royal et Queen Elizabeth à ?l?élite?, mais ce mot n?est qu?un euphémisme. Ils visent surtout à se donner l?image de protecteurs du groupe social qui a prétendument profité du système qui a prévalu jusqu?en 2000.

Une analyse objective démontre que nul n?a pu effectivement profiter d?un système qui a privé la nation de bien des petits génies bridés par le rythme infernal d?un examen inhumain, l?ancien CPE. Ses ravages ont affecté tous nos enfants indistinctement.

Il est faux de dire que la compétition a été éliminée du système éducatif. Elle est seulement reportée à la ?Form V?. Il va de soi que ce qui est condamnable à l?âge de 11 ans, au primaire, ne l?est pas forcément pour des élèves de 15 ou 16 ans qui ont atteint une plus grande maturité intellectuelle. A cet âge il n?est pas trop difficile d'établir des critères d'excellence, pas avant. Un système qui pousse vers la sortie des gamins de 11 ans qui n?ont pas survécu à une insoutenable sélection ne saurait, sous aucun prétexte, être présenté comme bénéfique à un quelconque groupe ethnique.

Contrairement à la mise en place des ZEP qui, elle, constitue une ?affirmative action? c?est-à-dire une discrimination positive en faveur de certains groupes sociaux, l?abolition du ?ranking? au CPE bénéficie à tous. Les enfants ont désormais plus d?espace pour s?épanouir et grandir de manière équilibrée. Toutefois, certaines campagnes sont menées pour abrutir les parents et les convaincre de la nécessité des leçons particulières. Certains ont inventé, par exemple, la fiction des A+, une notation secrète qui existerait au MES pour récompenser les meilleurs candidats du CPE?

Le changement apporté à l?examen du CPE compte parmi les réalisations les plus importantes de ce régime. Loin de favoriser un groupe aux dépens d?un autre, il a permis, avant tout, d'égaliser les chances des enfants.

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