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Eclats de vie : échos de paix et d?harmonie
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Eclats de vie : échos de paix et d?harmonie
<B>LE CENTRE culturel Charles Baudelaire (CCCB), de la rue Gordon à Rose-Hill, présente du 4 au 20 mars 2004, sous l?intitulé Eclats de vie, Patrimoines naturels d?Afrique, une exposition collective de 60 photographies en quadrichromie, signées de six des meilleurs naturalistes français. L?exposition est ouverte de 10 heures à 17 heures et les samedis de 10 heures à 15 heures. Entrée libre.
Yann Arthus-Bertrand propose La Terre vue du ciel, Michel et Christine Denis-Huot, La vie des grandes plaines, Alain R. Devez, L?objectif scientifique, Alain Dragesco-Joffé, Les défis de l?impossible, Jean-Marc Durou, La nature sans artifice, et Geneviève Renson, L?école de la patience et de la solitude.
Dès l?entrée de la salle polyvalente, l?on mesure la tâche ardue à laquelle a dû s?astreindre Jean-José Gramond, directeur du centre, pour loger ces 66 photographies, vu l?exiguïté du lieu. Toutefois, permutations et combinaisons ont eu raison de la multiplicité d?images. L?on souhaiterait, cependant, qu?elles respirent mieux. Davantage pour livrer la vastitude des lieux photographiés.
Mais, au-delà de ces considérations ?pratiques?, la marque de chaque artiste est telle que sa vision demeure. Sans imposer une lecture ardue. Limpide, chaque instantané émeut au-delà de la virtuosité. Et c?est la note humaine, indissociable de l?intensité du vécu, qui retient la rétine du regardeur. C?est une communication d?âmes.
Jean-Marc Durou est l?auteur du livre Sahara, désert magique, qui lui valut, en 1992, le Premier Prix Hippolyte Bayard du Musée français de la photographie. Ancien guide saharien, il fixe des espaces dunaires, capturés ?nature?. D?un ?il de coloriste, le photographe offre des contrastes d?ombre et de lumière, au bleu d?une prégnance telle que l?on sent monter une larme. Des massifs, à l?apparence immobile, sculptent la mouvance du vent, dunes sablonneuses, emblématiques du désert. Ils fixent des atomes d?éternité. Des pas, à la boussole invisible, calligraphient cette part du Niger où s?inscrivent les traces d?une avancée initiatique. Une symphonie du silence, aux rares accents de quartz.
Les Zèbres du Kenya, signés Michel et Christine Denis-Huot, s?animent d?une âme commune, se muent au ralenti en peinture abstraite. Où les zébrures noires et beiges, aux plans divers, amorcent une gestuelle toute de tendresse, celle des caresses. Moment privilégié. Un vol de flamants roses au-dessus d?un lac d?Afrique orientale investit l?espace. C?est encore une peinture du couple photographe. Monochrome dont le concerto vous enveloppe à jamais de ses notes bleues.
Des taches de lumière avancent au pas contre une dune sombre. A l?arrière-plan, d?autres, dans le flou de la distance, glissent en ombres chinoises, sur fond de lumière diffuse. Ce sont les méharis du jour. Une atmosphère au goût de miel, qu?offre Yann Arthus-Bertrand, une réminiscence des grandes caravanes transsahariennes.
L?on voudrait les partager toutes, ces tranches de vie, ces instants arrêtés, tant de l?homme, que de l?animal, ou de l?arbre, de la liane, ou encore du fleuve et de ses riverains. Ce sont là des échos d?hier et d?aujourd?hui, des perspectives de demain. Un dialogue de terre, d?eau et de sable, une conciliation de cultures. Qui transcende les conflits d?aujourd?hui. Et fait encore croire en l?homme.
Certains artistes, quelles que soient leurs disciplines, expriment leur désir irrépressible d?un monde meilleur par des créations souvent crues. D?autres détournent la violence en esthétique de paix. D?autres encore, comme ici, par leurs éclats de vie, suscitent des échos d?un univers d?harmonie irrésistible. A chacun son unicité. Rassembler dans l?harmonie et la paix. Ne serait-ce pas la finalité de l?Art ? La Mission de l?artiste ?
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