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Désaccord sur les élections municipales et villageoises

17 août 2005, 00:00

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Gouvernement et opposition ont chacun essayé de gagner des points sur le dossier des collectivités locales. D?où les débats animés sur le sujet, hier à l?Assemblée nationale. L?objectif de l?amendement apporté au Local Government Act est de permettre l?organisation des élections municipales et villageoises cette année au lieu de 2006.

La majorité des intervenants du gouvernement ont mis en relief le fait que le précédent régime avait renvoyé ces élections en trois occasions. Le ministre de la Justice, Rama Valayden, en a d?ailleurs fait l?axe principal de son intervention.

Les dernières élections villageoises ont eu lieu, rappelle-t-il, en 1997. Selon le Local Government Act 1989, ces élections devaient avoir lieu en 2002. Cependant, l?ancien gouvernement, précise le ministre Valayden, a amendé la loi pour renvoyer les élections à 2003. La législation a de nouveau été amendée pour qu?elles aient lieu en 2004. Mais, une fois encore, en 2004, le gouvernement Mouvement socialiste militant (MSM)-Mouvement militant mauricien (MMM) a reporté les élections.

Pouvoirs du président maintenus

Pour le député de la majorité, Shakeel Mohamed, ces différents renvois ont été un abus des procédures de l?Assemblée nationale. Il a fait l?objet de commentaires défavorables des membres de l?opposition tout au long de son intervention.

Le leader de l?opposition, Paul Bérenger, ainsi que les autres membres de l?opposition, estiment que les travaillistes devraient être embarrassés par ce sujet, dans la mesure où ils avaient eux aussi renvoyé des élections municipales dans les années 80. L?opposition commente également le renvoi des élections générales par les travaillistes dans les années 70.

Paul Bérenger pense qu?il n?est pas approprié pour le pays que les élections se tiennent cette année. ?Ils veulent se hâter avant octobre car ils savent que les choses sérieuses vont commencer après. Ils ne sont motivés que par des raisons politiques égoïstes.? Il est satisfait que les pouvoirs du président de la République pour fixer la date des élections aient été maintenus. Bien qu?il ne comprenne pas pourquoi le gouvernement a ajouté ?on the advise of the Prime minister ? dans la loi.

Le leader de l?opposition argue que c?est principalement la ?réforme en profondeur? des collectivités locales qui a motivé l?ancien gouvernement à renvoyer les élections. Il affirme que les amendements ?avant-gardistes et démocratiques?, apportés visaient à renforcer l?autonomie des municipalités et à doter les conseils de districts de pouvoirs. Il se dit fier des réformes apportées par l?ancien régime. L?autre objectif majeur était de réduire les lourdeurs administratives au sein des collectives locales.

L?ex-ministre de tutelle, Joe Lesjongard, a également mis l?accent sur le caractère exceptionnel des changements apportés aux collectivités locales sous l?impulsion du MSM-MMM. La législation de 1989 donnait trop de pouvoirs au ministre. La loi votée en 2003 a corrigé cette anomalie en décentralisant les administrations régionales.

Le ministre des Collectivités locales, James Burty David, résume les débats. Il avance que le précédent gouvernement a été un ?monstrous killer? de la démocratie en renvoyant les élections.

Comme évoqué par plusieurs parlementaires, les conseillers villageois n?ont ni pouvoir ni moyens. James Burty David s?étonne que Paul Bérenger, lorsqu?il était ministre des Finances, n?ait rien fait pour augmenter le grant-in-aid des conseils de village. Il avance que le gouvernement est mandaté par la population pour apporter ces changements.

Conseils de village dépassés

En présentant ces amendements, le ministre déclare que ?l?ancien gouvernement avait aboli les conseils de village sans consultation avec les conseillers. C?est un agenda sordide. La voix du villageois avait été considérée comme insignifiante.? Le député MMM Rajesh Bhagwan, fait ressortir que le système de conseils de village est dépassé. Il soutient que ce conseil n?a même pas le pouvoir de ?changer une ampoule. Il doit avoir recours au conseil de districts.?

Ces amendements à la loi ne sont, estime Rama Valayden, que la première étape d?une réforme en profondeur qui sera engagée pour les collectivités locales. Le Local Government Act 2003 sera remplacé. Le ministre de l?Agro-industrie, Arvin Boolell, répète lui, que la philosophie de cette législation est d?impliquer davantage le citoyen dans le processus de décision, car le gouvernement MSM-MMM a ?échoué? sur ce dossier.

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