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Désaccord sur les propositions
Il semblerait que le «Select Committee» qui se penche sur l?introduction d?une dose de proportionnelle dans le système électoral n?a pu arriver à un consensus. Est-ce exact ?
Le rapport a fait l?unanimité au sein du Select Committee. Ce n?est que sur le tard qu?un membre a proposé une alternative. C?est ce que j?appelle l?alternative mexicaine. Au Mexique, il a fallu une guerre civile et deux révolutions pour faire abolir ce système. C?est un système qui fut rejeté par la Commission Sachs.
Donc le système proposé par ce membre du « Select committee » n?améliore pas la situation.
Il faut l?admettre, ce système est un peu mieux que ce qui existe maintenant. Je ne suis pas en faveur de cette proposition. Le seul système qui garantit la stabilité tout en assurant la justice et la démocratie est celui préconisé par le rapport quand il est lu dans son ensemble.
Pourquoi le « Select Committee » a-t-il fait deux propositions alors ?
Le «Select Committee » s?est retrouvé avec deux alternatives, mais le rapport a été adopté à l?unanimité. Toutefois il est clair que le rapport penche en faveur de ce qui est contenu à l?annexe A.
Dans ce cas, pourquoi avoir inclus la deuxième alternative contenue dans l?annexe B ?
Puisqu?un membre du « Select Committee » avait jugé utile de venir, même tardivement, soumettre une proposition, j?ai suggéré au comité que, ne serait-ce que par égard à l?un de ses membres, le comité n?avait pas le droit de passer sous silence le contenu de cette proposition.
Vous n?êtes personnellement pas d?accord avec la proposition ?
Je ne suis pas d?accord avec cette proposition, mais je considère que ceux qui ne sont pas d?accord avec moi ont également le droit de donner leur opinion. Il aurait été inacceptable qu?un comité de cette envergure ne débouche pas sur un consensus.
Qu?est-ce qui changera avec les recommandations ?
Elles sont équitables et mènent Maurice vers une démocratie moderne. Ces recommandations ont fait l?objet d?un examen serré de la part de la Commission Sachs. Devant le Juge Albie Sachs et devant notre comité, il y a eu unanimité sur le fait que le système présent cause de grosses injustices. Dans d?autres pays, comme par exemple le Lesotho, ce genre d?injustices avaient débouché sur une guerre civile. A Maurice, il n?y a que la maturité de la classe politique et le niveau d?éducation des Mauriciens qui ont pu éviter des escalades démagogiques.
Pourquoi faut-il à tout prix changer le système actuel ?
Comment peut-on tolérer un système qui a pu exclure du Parlement un Sir Seewoosagur Ramgoolam, un Sir Anerood Jugnauth, un Sir Gaëtan Duval, un Sir Abdool Razack Mohamed, un Sookdeo Bissoondoyal et un Paul Bérenger. Cela alors que leur parti respectif réunissait un nombre substantiel d?électeurs, alors qu?eux-mêmes avaient pu réunir une moyenne de 40 % des suffrages ? De la même manière on peut se demander comment on peut admettre que le système puisse faire élire un député du Hizbullah alors que ce parti n?a même pas obtenu 2 % de votes. Un autre exemple : en 1983, Swalay Kasenally obtient 47 % des suffrages, mais il ne rentre pas au Parlement. Kamil Ramoly y entre lui avec 16 % des votes.
Propos recueillis par Jérôme Boulle
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