Publicité

Dérogation textile : des entreprises craignent la compétition

21 octobre 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le malheur des uns fait le bonheur des autres. La dérogation Third Country Fabrics (TCF) qui a modifié l?African Growth and Opportunity Act (AGOA) que les Etats-Unis viennent d?accorder à Maurice est perçue par les autorités et l?industrie de confection de vêtements en général, comme une opportunité à saisir.

Mais les entreprises locales intégrées verticalement, c?est-à-dire celles dotées d?une section de filature, en plus des autres machines comme celles du tricotage, de la teinture, de la coupe et de montage, estiment que cette mesure diminuerait considérablement leurs parts de marché. Elles pensent que n?importe quelle entreprise de confection de vêtements pourra désormais importer son tissu (peut-être à un prix beaucoup plus compétitif) des pays asiatiques, par exemple, le transformer et écouler sa production sur le marché américain.

En effet, grâce à cette facilité, il est tout à fait possible pour les acteurs du secteur textile de pouvoir importer des fils et des tissus, entrant dans la confection de leurs produits, de pays tiers. Particulièrement d?Asie, qui est extrêmement avancée en technologies de pointe indispensables à la fabrication de certains types de tissus comme la viscose, pour ne citer que cet exemple. L?industrie textile mauricienne pourra alors apporter à cette matière première, de la valeur ajoutée en confectionnant des vêtements qui pourront ensuite être exportés, en toute exonération de taxes et sans quota, vers les USA.

Auparavant, avant la dérogation, seuls les produits finis fabriqués à partir de matières premières venant soit des USA ou d?un autre pays se qualifiant sous l?AGOA pouvaient entrer aux Etats-Unis.

Salim Ismaïl, président-directeur général du groupe Socota, estime que pour les entreprises de confection de vêtements, «c?est une opportunité nouvelle. Cela donne une flexibilité plus importante aux entreprises textiles mauriciennes. Le volume de nos exportations vers les USA va s?accroître. Nos entreprises ont la possibilité d?importer des matières premières d?autres pays, les transformer et exporter les produits finis vers les USA. Mais cette dérogation ne favorise pas, dans la même proportion, toute la chaîne de production».

<B>«Restreindre nos parts de marché»</B>

Ainsi, pour les industriels qui ont investi des milliards de roupies dans les machines de filature, comme la Socota, «avec cette dérogation, nos clients peuvent se tourner vers d?autres sources d?approvisionnement et cela contribuera à restreindre nos parts de marché. La concurrence est accrue et pourrait même être déloyale, dans certains cas», déplore Salim Ismaïl.

Un autre industriel, qui a voulu garder l?anonymat, commente : «C?est trop tôt pour évaluer les manques à gagner qu?entraînera cette dérogation sur le volume de nos exportations vers le marché américain. Mais une chose est sûre, les retours sur investissement que nous espérions réaliser en investissant, il y a quelques années, d?énormes capitaux dans des machines sophistiquées seront considérablement réduits.»

Publicité