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Déficit dramatique !

28 août 2004, 20:00

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Enfin le gouvernement a pris conscience que l?économie mauricienne va mal, très mal. Et ce, après que la quasi-totalité de nos responsables, tant publics que privés, ont, ces trois dernières années, entonné, contre tout bon sens, la chanson « tout est bon », « l?économie a été mise sur les rails », « le plus dur est derrière nous » quand ce n?était pas l?annonce de l?imminence d?un « deuxième miracle économique ». Eh oui !

Enfin ! On admet ce qui était l?évidence même depuis quelques années déjà, à savoir que l?économie mauricienne va mal et que nous ne disposons que d?une étroite marge de man?uvre pour le court, moyen et long termes. Toutefois, les politiques ne s?accordent pas sur les causes de cette crise. Ni le diagnostic du PM, qui veut tout mettre sur le compte des facteurs externes, ni celui du leader de l?opposition qui réduit tout à l?incompétence des dirigeants actuels, ne sont porteurs de solution, car partiel et partial. La recherche d?une vraie solution réside ailleurs que dans la polémique bassement politicienne.

La gravité de ce qui est en jeu fait qu?il est inacceptable que le PM avec son alliance gouvernementale et le leader de l?opposition avec son alliance sociale continuent leur jeu irresponsable, convaincus qu?ils pourront éternellement get away with murder. En effet, si le pays se retrouve aujourd?hui là où il est, c?est parce qu?il fait les frais d?une conception réductrice de la politique, à savoir un jeu cynique de pouvoir pour le pouvoir. Nos politiques donnent la nette impression qu?au-delà de la rhétorique, ils n?ont aucune considération pour le devenir réel de la population.

Pendant plus d?une décennie ils ont savamment entretenu une confusion entre leurs problèmes et ceux touchant au développement socioéconomique du pays. Quant aux dirigeants du secteur privé, ils sont trop nombreux à n?avoir pas vu plus loin que le bout de leur nez. Ceux-là ont préféré jouer à l?autruche pour rester dans les bons papiers des princes du jour dans l?espoir de pouvoir jouir de certaines faveurs selon le « mood » ambiant de sakenn rode so bout.

Enfin ! Nous commençons à prendre conscience que la réussite de la transition économique ne sera pas l??uvre de Zorro ni d?une main miraculeuse. Pour réussir la transition, il faudra une mobilisation collective faite entre autres de beaucoup de courage et d?humilité et d?un vrai sens de la solidarité nationale. Ces qualités, qui ne sont pas nécessairement légion chez nos élites et dans la population doivent être activées. C?est connu que la réelle prise de conscience d?un problème dessine déjà les contours des possibles solutions.

Dans une société où il faut se battre pour que prévale le bon sens, dans un pays où on tolère encore trop la médiocrité, l?à-peu-près, le geste touye connaissance, et le koz nimporte, ce ne serait pas un luxe si nos principaux dirigeants parviennent à intégrer quelques principes élémentaires de gestion tels que : « Gouverner c?est prévoir », « Le discernement est vital dans la gestion des priorités ». Faut-il insister que la réussite des entreprises passe par des dirigeants qui possèdent un right mix fait de compétence technique, d?intelligence de situation et de vision.

Le véritable drame que vit la société mauricienne aujourd?hui, c?est qu?elle a tout le potentiel pour réussir, à condition qu?elle arrive à combler son déficit de bon sens. Or, les égoïsmes « nombrilistes » sont au contraire en train de creuser, sous le couvert des winning et autres formulae, ce déficit. Ce n?est pas avec le paramétrage ethno-castéiste et la gestion obsessionnelle des symboles qu?on réunira les conditions qui permettront de piloter avec succès la transition socioéconomique du pays. Penser le contraire en 2004 est dramatique.

<B>V.O.M</B>

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