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Débrouillardise féminine

24 mars 2008, 20:00

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Cité EDC, Caroline. Les maisons, pour la plupart en mauvais état, sont alignées des deux côtés d?un espace vert très mal entretenu. L?environnement est poussiéreux?

Des enfants courent dans toutes les directions. Beaucoup d?entre eux ne sont pas scolarisés en raison des faibles revenus des familles, qui vivent même en dessous du seuil de la pauvreté. Certains enfants n?ont jamais été déclarés à l?Etat civil.

Pour sortir ces familles du gouffre de la misère, Anahita et Safire, une organisation non-gouvernementale qui traite des problèmes des enfants de rue, conjuguent leurs efforts pour aider ces familles à sortir du gouffre de la misère. Les femmes et les enfants d?abord.

Alors que beaucoup d?hommes sont au chômage, les femmes, elles, font preuve de débrouillardise. Certaines essaient de gagner leur vie dans le domaine de l?artisanat alors que d?autres s?intéressent à l?art culinaire.

«Tous les jours une éducatrice et une animatrice viennent dans le village. L?éducatrice traite du problème des enfants de rue, l?aspect psychologique, l?accompagnement et les démarches concernant les enfants non-déclarés à l?Etat civil, entre autres. Quant à l?animatrice, elle s?efforce à redonner confiance aux habitants», explique Steeve Appolon, social coordinator du Centre d?excellence d?Anahita, à Beau-Champ.

Un programme d?accompagnement scolaire vient aussi d?être lancé. «Il y a beaucoup de slow learners dans le village. Le taux de réussite aux examens du Certificate of Primary Education (CPE) avoisine les 40-46 %», précise-t-il.

Alphabétisation

Un programme d?alphabétisation pour les adultes sera lancé le 6 juin. Beaucoup d?entre eux n?ont jamais été à l?école et éprouvent des difficultés, surtout pour des retraits d?argent en banque. «Souvent des gens refusent de remplir la fiche de retrait pour nous», affirme Hydé Fronté.

Selon lui, l?entrée en opération cette année de la première phase du projet Anahita offre des débouchés dans l?artisanat et la cuisine, mais à condition que les femmes se professionnalisent. Celles-ci sont intéressées à suivre des cours de formation. «Nous les encourageons à monter leurs propres petites entreprises», affirme-t-il.

Hydé Fronté, présidente de l?association féminine Notre Dame de Lourdes à la cité EDC, se plaint de problème de marketing pour les produits d?artisanat et culinaires. «Nous n?avons pas un endroit pour vendre nos produits», se plaint-elle.

Pour motiver les femmes, Safire et Anahita viennent d?organiser conjointement un concours culinaire dans le village. Une quarantaine de femmes y ont pris part. «C?est une très bonne initiative. Nous aurions souhaité l?organisation d?une expo-vente de nos produits», dit Hydé Fronté.

Les membres de l?association féminine se sont aussi plaintes des problèmes d?inondation. «Dans certaines maisons, il y avait deux pieds d?eau. Certaines familles ont perdu leurs provisions alimentaires», se plaint Hydé Fronté.

Pendant les pluies torrentielles, elles ont fait part de leurs griefs à un officier du Citizen Advice Bureau (CAB) de Bel-Air-Rivière-Sèche. Elles n?ont pas apprécié l?attitude du préposé qui leur a dit d?entreprendre plutôt des démarches auprès des sapeurs-pompiers. Elles se posent la question : le CAB n?a-t-il pas été mis sur pied pour recevoir les doléances du public et les canaliser? ?

CONCOURS CULINAIRE

Trois gagnantes

■ Le concours culinaire, organisé par Anahita et Safire, a connu un franc succès. Une quarantaine de femmes y ont pris part dans les trois catégories : dessert, plat principal et snack. C?est Dona Lacharmante, une adolescente de 13 ans, qui a remporté le premier prix dans la catégorie dessert. Elle a proposé de la «papaye au custard». «C?est la première fois que je participe à un concours culinaire. J?ai repris une recette de ma grand-mère», confie-t-elle. Fabiola Jeanne, 35 ans, a concocté le meilleur plat principal, du gratin de pipengaye au thon. Elle aurait aimé faire carrière dans ce domaine. Le premier prix dans la catégorie snack a été enlevé par Marie-Michelle Frédéric. Agée 22 ans, elle a préparé une boulette de pomme de terre et d??uf sous la forme d?un ?uf. «Je n?ai jamais suivi des cours de cuisine. J?en fait souvent à la maison».

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