Publicité
Dulloo : Je ne pouvais pas communiquer avec Ramgoolam
Par
Partager cet article
Dulloo : Je ne pouvais pas communiquer avec Ramgoolam
C?est un Madan Dulloo amer qui s?est adressé à la presse hier à La Flore Mauricienne, après sa révocation en tant que ministre des Affaires étrangères, lundi. Le leader du Mouvement militant socialiste mauricien (MMSM) dit avoir, à plusieurs reprises, sollicité des réunions avec le Premier ministre, Navin Ramgoolam pour évoquer des sujets qui lui tenaient à coeur. En vain. Ces rendez-vous non accordés sont, selon lui, des «occasions ratées» pour la diplomatie mauricienne alors que «l?Etat en a souffert».
Ces rencontres, Madan Dulloo dit les avoir sollicitées depuis «bien bien longtemps». Il voulait, entre autres, discuter des dossiers ayant trait à la politique internationale et à l?action gouvernementale et des questions «purement politiques».
A plusieurs reprises, il évoque le fait que pendant une année, il n?a rencontré Navin Ramgoolam qu?à deux reprises. Mais pas sur les sujets pour lesquels il sollicitait des rencontres. Il explique qu?un mardi, la séance parlementaire avait été levée juste avant qu?il ne réponde à une interpellation parlementaire. Le Premier ministre l?avait alors appelé pour lui demander une réponse qu?il compte fournir à l?Assemblée de peur qu?il «n?embarrasse le gouvernement». C?était la première fois qu?il rencontrait le Premier ministre à son bureau.
La deuxième fois sera à cause des discussions pour l?Accord de partenariat économique (APE) avec les ministres Sithanen et Boolell, précise-t-il.
Le 8 février 2008, explique-t-il, une rencontre est prévue pour 13 h 30. Le dossier des Chagos devait être à l?agenda. Mais le Conseil des ministres prend fin à 14 h 45, ayant débuté à la mi-journée. Du coup, son rendez-vous est reporté. Le même jour, il avait réuni son comité national et l?a informé que le Premier ministre lui a promis un rendez-vous pour la semaine prochaine? Mais jusqu?à lundi dernier, il n?avait toujours pas pu le rencontrer.
«Le PTr mendie une alliance avec le MSM»</B>
Ces rendez-vous non accordés par le PM ont fait qu?il a dû se tourner vers le président du parti d?alors, Etienne Sinatambou, Deva Virasawmy, secrétaire général du PTr, et James Burty David, directeur de communication. Sa préoccupation : au Constituency Labour Party à Goodlands, sa révocation avait déjà été évoquée peu avant le budget l?an dernier. Ce n?est que lors d?un voyage qu?il a pu en discuter avec Navin Ramgoolam, explique Madan Dulloo.
Sa déclaration à l?effet que les membres de son comité national lui ont donné «carte blanche pour garder de bons contacts avec les autres partis» n?a pas été bien accueillie par le Premier ministre. Ce dernier avait déclaré qu?il n?acceptait pas qu?un ministre se désolidarise de l?action gouvernementale. A cela, Madan Dulloo dit mettre le PM au défi sur le fait que lui-même ne négocie pas avec le MSM ou le MMM. «Le PTr mendie une alliance avec le MSM... Ce n?est que quand il peut donner la garantie qu?il ne négocie pas qu?il peut trouver des fautes.»
Il est aussi interpellé par le fait que Navin Ramgoolam l?ait révoqué pour des déclarations qu?il estime ne sont pas publiques car elles ont été faites au cours de la réunion de son comité national. Il lâche qu?il «n?a pas à apprendre ce que sont la responsabilité collective et la solidarité gouvernementale».
Le leader du MMSM tient aussi à nuancer la déclaration faite par l?express de lundi. Les «insatisfactions grandissantes» ne sont pas, explique-t-il, les siennes. Il ne faisait, dit-il, que rapporter le sentiment de ses délégués.
Madan Dulloo fait aussi valoir que depuis 1 000 jours que l?Alliance sociale est au pouvoir, jamais «je n?ai pris une position critique malgré mes divergences profondes». Il ajoute qu?il ne fera pas de commentaire sur le Premier ministre et «son comportement, sa façon de faire» face à sa révocation. Il dit même souhaiter que ce dernier «réussisse sur des questions très vitales pour le pays. Il n?est pas question que j?undermine les actions du Premier ministre de mon pays».
<B>Pravind Jugnauth : «Je ne ferai pas de commentaire»</B>
■ Sollicité hier, pour une réaction quant à la déclaration de Madan Dulloo à l?effet que son parti serait en discussions avec l?Alliance sociale, le leader du MSM, Pravind Jugnauth a expliqué qu?il ne fera pas de commentaire pour l?instant. Il a précisé qu?il le fera au cours d?une conférence de presse samedi.
<B>Dulloo siège dans l?opposition</B>
■ Un nouveau membre sur les bancs de l?opposition avec la rentrée parlementaire mardi prochain. A la suite de son bureau politique, hier soir, Madan Dulloo, déclare : «Nous avons pris la décision de siéger dans l?opposition. L?Alliance sociale s?éclate. Une des composantes de cette alliance, son architecte, ne fait plus partie du gouvernement.» Il dit avoir entamé des discussions avec des personnalités politiques dès hier soir. Le leader du MMSM dit maintenir le contact avec tous les partis politiques, sauf le PTr. Madan Dulloo dit aussi attendre des explications du député de son parti et «Private Parliamentary Secretary», Sutydeo Mouthia. Ce dernier était absent hier et était aussi absent de la réunion du comité national dimanche. Contacté par «l?express», Sutydeo Mouthia a expliqué qu?il démissionne du MMSM. «Etant un élu de Rose-Belle, j?ai bénéficié des voix travaillistes et je ne peux pas aujourd?hui trahir mon électorat», a-t-il fait valoir. Pour les deux autres nominés du parti, à savoir, Rashid Soobadar, ambassadeur au Caire et Parmanand Brijmohun, «Trade Advisor» à Pretoria, Madan Dulloo leur aurait demandé de conserver leurs postes pour respecter leur contrat. Contacté hier, Parmanand Brijmohun n?a cependant pas souhaité commenter le sujet.
Publicité
Publicité
Les plus récents