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Dulloo : chronique d?une révocation

18 mars 2008, 00:00

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Pris de court. Telle a été la réaction de l?ex-ministre des Affaires étrangères, Madan Dulloo, hier. Car après une journée de travail, la présidence devait émettre, vers 15 h 30, un communiqué, pour annoncer sa révocation comme ministre des Affaires étrangères et du Commerce international. C?est le Premier ministre (PM) qui, entre-temps, occupera ce portefeuille.

Sollicité par l?express, en début de soirée, Madan Dulloo, quelque peu énervé, répond à la déclaration de Navin Ramgoolam, qui lui reproche de se désolidariser d?avec le gouvernement sur la place publique. Et soutient que «depuis deux ans et neuf mois, je n?ai jamais fait part publiquement de mes divergences avec le gouvernement. J?ai toujours fait preuve de solidarité gouvernementale. Mais il y a une insatisfaction exprimée par mes délégués et je voulais les répercuter au PM. Ce n?est pas moi. Si la rencontre avait eu lieu, j?aurais pu exprimer mon point de vue.»

Le leader du Mouvement militant socialiste mauricien (MMSM), Madan Dulloo, rencontre la presse ce matin, pour expliquer sa démarche. C?est à la Flore Mauricienne qu?il annoncera ses plans d?avenir.

Madan Dulloo avait évoqué «l? insatisfaction» de ses délégués à l?action gouvernementale dimanche en soutenant également que ces derniers lui ont donné «carte blanche pour discuter avec les autres partis.». D?où la colère de Navin Ramgoolam.

Une réunion était prévue à 15 h 30 avec le PM. Entre-temps, Madan Dulloo, participe le matin au sommet Afrique-Amérique-Asie, à Pailles. Il échange alors brièvement quelques mots avec le PM en compagnie de plusieurs personnalités. Déjà, le ministre est très sollicité, un peu comme si la révocation était dans l?air.

«Quelle démocratie ?»</B>

Après Pailles, il rentre au bureau pour une riche journée de travail. Plusieurs dossiers occupent son attention. Il écrit une lettre au chef du gouvernement, Navin Ramgoolam, portant sur le futur secrétaire général de la Commission de l?océan Indien. «La réunion est aux Seychelles la semaine prochaine et une décision s?impose», insiste-t-il.

Le dossier de Diego Garcia, qui d?ailleurs a poussé son irritation à son paroxysme, (dans la mesure où il n?a pas obtenu de rendez-vous avec Navin Ramgoolam) a aussi fait l?objet des discussions hier entre Madan Dulloo et ses fonctionnaires. Autres dossiers dont il s?occupera avant que le couperet ne tombe : les détails par rapport à l?organisation du sommet de la pauvreté, une réunion relative au Parliamentary Advisory Committee on Foreign Affairs, une lettre au commissaire européen, Peter Mandelson?

A 15 heures, il reçoit un appel l?informant que la réunion avec le PM est annulée. Peu après, il reçoit sa lettre de révocation. Mais ce qui l?irritera le plus, c?est de se voir interdire l?accès à l?Hôtel du gouvernement lorsqu?il cherchera à retourner au bureau pour remercier ses fonctionnaires. «Dans quelle démocratie vivons-nous ?», lâche-t-il alors.

C?est un Madan Dulloo en colère qui finalement rentre chez lui à Phoenix où l?attendent ses partisans. Les appels téléphoniques pleuvent. Plus d?une centaine d?«appels en absence » sur son portable... Il prévoit des réunions jusqu?à fort tard dans la nuit. Une nouvelle page dans son histoire politique commence?

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