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Du transgénique bientôt dans nos assiettes

25 février 2004, 20:00

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DES TOMATES plus juteuses, à la taille calibrée au gramme près. Des roses bleues au parfum envoûtant. Des vaches plus productives en lait? La biotechnologie donne accès à tout un univers où l?homme peut jouer à Dieu et intervenir sur la nature pour satisfaire ses moindres besoins. Et ses fantaisies aussi.

C?est à cet outil-là que veut accéder Maurice afin de rendre son agriculture plus performante et compétitive. Elle met en place tout un cadre légal pour régir le développement, l?exploitation et la commercialisation de produits génétiquement modifiés. Ceci est nécessaire car le recours à la modification génétique a de grosses implications d?ordre environnemental, moral, commercial et éthique.

Le Genetically Modified Organism (GMO) Bill a été introduit au parlement l?année dernière. Il sera débattu en mars, à la reprise des travaux parlementaires. En attendant, le ministère de l?Agriculture et le Mauritius Sugar Industry Research Institute (Msiri) ont organisé une session de travail sur ce projet de loi, hier. Le but était d?exposer ce qui se prépare aux principaux acteurs : techniciens, scientifiques, administrateurs de la loi, législateurs, producteurs, association de consommateurs, commerçants?

Cet exercice s?inscrit dans le sillage du débat qu?a suscité l?introduction du projet GMO Bill au Parlement. Ce texte vise deux objectifs : installer un cadre régulateur pour le développement et l?exploitation des organismes génétiquement modifiés ; limiter d?éventuelles conséquences néfastes à la santé humaine et à l?environnement.

Il est prévu la création d?un comité national pour la biosécurité, dont le rôle sera de publier des guides pour orienter les acteurs, mettre en place un code de pratique et conseiller le ministère de l?Agriculture. Ce comité sera composé de représentants des ministères de l?Environnement, la Santé, la Justice, l?Agriculture et du Commerce ainsi que des universitaires et scientifiques. Il pourra compter sur des compétences externes pour l?aider dans sa tâche.

C?est le ministre de l?Agriculture aidé de son chef administratif qui auront le dernier mot. Ils délivreront le permis dont tout opérateur souhaitant développer et/ ou exploiter commercialement un produit génétiquement modifié devra se prémunir. Les laboratoires engagés dans la modification génétique devront disposer d?un certificat d?enregistrement spécial et les procédés qu?ils emploieront seront sujets à des vérifications.

La décision du ministre de l?Agriculture ne sera pas sans appel. De même, des dispositions ont été prises pour protéger la confidentialité des dossiers déposés pour la demande de permis. Le GMO Bill définit également les responsabilités en cas d?accident.

La question qui s?est posée hier était de savoir qui évaluera les risques par rapport à une activité donnée ? La communauté de scientifiques susceptibles de le faire est restreinte et il y a des risques qu?ils soient aussi les demandeurs de permis.

Muffy Koch, experte sud-africaine qui collabore avec le Msiri, estime qu?il n?y a rien à craindre. ?Maurice peut toujours faire appel à des compétences régionales quand elle se retrouvera dans pareilles situations.?

Malgré tout, la modification génétique suscite des craintes : celle de perturber la santé humaine, de blesser certaines susceptibilités religieuses, ou encore de créer de super prédateurs qui engendreraient un profond déséquilibre dans la nature.

En contrepartie, les bénéfices de cette science sont impressionnants : production de variétés adaptées au froid, à la sécheresse ou à un trop plein de pluie; des variétés qui ont un meilleur rendement ou résistent aux maladies et aux prédateurs? Il n?y a aucun doute que la modification génétique sera un outil formidable pour moderniser l?agriculture.

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