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Du talent et du coeur
On avait des doutes sur la tenue de l’Allemagne. Ils sont aujourd’hui balayés. Du moins partiellement.
La jeune sélection dirigée par Jürgen Klinsmann s’est en effet offert un tour de chauffe réussi hier soir en passant à la lessiveuse une équipe du Costa Rica qui se souviendra longtemps de sa visite à Munich.
Quatre buts à deux, 21 tirs, 63% de possession, le tarif est élevé. Jamais, en dix-huit éditions de Coupe du monde, le match d’ouverture n’avait été à ce point prolifique. Et rarement, par ailleurs, avait-il souri à l’équipe favorite. La France, humiliée par le Sénégal il y a quatre ans, et l’Argentine, qui n’a toujours pas digéré l’affront que lui avait fait subir le Cameroun en 1990, sont bien placées pour en témoigner.
Le public connaisseur de l’Allianz Arena de Munich ne s’est du reste pas trompé en réservant à sa Mannshaft, en fin de match, une ovation debout qui ouvre peut-être définitivement les portes d’une réconciliation nationale entre Jürgen Klinsmann, sélectionneur jusque-là sur la selette, et une presse allemande généralement avare de compliments.
S’il est vrai que le Costa Rica, teigneux mais limité, n’est pas tout à fait le genre d’adversaire contre lequel on peut décemment mettre à l’épreuve ses compétences, la Mannschaft a néanmoins prouvé, hier, qu’elle avait du talent, des ressources et surtout du coeur. Et c’est précisément sur ces terrains-là que se gagne ou se perd une Coupe du monde.
Ces derniers mois, en matches de préparation, l’Allemagne nous était apparue fébrile, presque indigeste. Mais, fidèle à ses bonnes vieilles habitudes, la voici qui éleve son niveau de jeu au bon moment. Tant mieux pour le spectacle.
La route vers un quatrième sacre mondial est encore longue, mais avec dans ses rangs Miroslav Klose, auteur d’un doublé contre le Costa Rica, Philip Lahm, le petit Beckenbauer, et Michael Ballack, absent hier mais maillon fort incontestable du groupe, elle peut décemment croire en sa bonne étoile.
Ses adversaires, en tout cas, ne pourront pas dire qu’ils n’ont pas été prévenus.
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