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La COI appelle les médias à mieux décrypter les enjeux du littoral
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La COI appelle les médias à mieux décrypter les enjeux du littoral
Le changement climatique et l'érosion du littoral figurent désormais parmi les défis environnementaux les plus pressants auxquels Maurice est confrontée. Face à cette réalité, le Budget 2026-2027 prévoit une enveloppe de Rs 4 milliards pour le Coastal Erosion Adaptation Programme, avec la réhabilitation de plus de 11,5 km de côtes répartis sur 17 sites prioritaires. Dans ce contexte, la Commission de l'océan Indien (COI) a réuni des journalistes, le jeudi 23 juillet, au Media Trust à Port-Louis, dans le cadre du projet Résilience des populations et des écosystèmes côtiers du sud-ouest de l'océan Indien (RECOS), afin de les sensibiliser à la Gestion intégrée des zones côtières (GIZC).
Pour les experts Pricila Iranah, consultante indépendante en gestion environnementale, et Raphael Merven, consultant en socio-écosystèmes côtiers, les défis du littoral ne peuvent plus être analysés uniquement sous l'angle du changement climatique. «Le diagnostic est simple : Maurice a mal à ses côtes», a souligné Raphael Merven. Selon lui, les épisodes d'érosion, d'inondations ou de dégradation des plages sont rarement de simples catastrophes naturelles. Ils résultent souvent de décennies de décisions d'aménagement du territoire, de pressions humaines et d'une gouvernance fragmentée, auxquelles le changement climatique vient ajouter un facteur aggravant.

Les intervenants ont expliqué que la GIZC, adoptée lors du Sommet de la Terre de Rio en 1992, constitue une approche de gouvernance qui vise à gérer simultanément les multiples usages des zones côtières – tourisme, pêche, urbanisation, agriculture, conservation ou encore activités portuaires – plutôt que de les traiter séparément. Cette approche repose sur une planification concertée, la participation des parties prenantes et une gestion adaptative capable d'évoluer selon les réalités du terrain.
Les journalistes ont également été invités à dépasser le traitement classique des catastrophes environnementales. «Les médias ne sont pas seulement des relais d'information. Ils sont aussi des sentinelles, des vulgarisateurs et une conscience collective», a insisté Raphael Merven. Il les a encouragés à relier chaque épisode d'érosion ou de pollution à ses causes profondes, à expliquer les responsabilités des différents acteurs publics et privés et à mettre davantage en lumière les solutions mises en œuvre plutôt que de se limiter aux crises.
Au cours de la formation, les experts ont rappelé qu'une zone côtière ne se limite pas à la plage. Elle englobe un continuum reliant les montagnes, les bassins versants, les rivières, les lagons, les récifs coralliens et les communautés humaines. Cette approche dite Ridge to Reef démontre que les activités menées à l'intérieur des terres, comme la déforestation, l'urbanisation ou certaines pratiques agricoles, peuvent avoir des répercussions directes sur les récifs, les lagons et les plages.

L'atelier a également insisté sur l'importance d'une gouvernance plus inclusive. Les experts ont rappelé que la réussite de la GIZC dépend d'une véritable participation des collectivités locales, des pêcheurs, des habitants, des ONG, des autorités publiques et du secteur privé. Ils ont toutefois reconnu que cette approche présente aussi des limites, notamment l'absence de pouvoir décisionnel contraignant, la nécessité d'un financement durable et l'importance d'un suivi continu des actions entreprises.
En clôturant la rencontre, la COI a lancé un appel aux professionnels des médias afin qu'ils adoptent un regard plus global sur les enjeux côtiers. Car, comme l'ont rappelé les formateurs, «les problèmes du littoral commencent souvent bien en amont». Comprendre les liens entre la terre, les rivières, les lagons, les récifs et les populations constitue désormais une étape essentielle pour mieux informer les citoyens et accompagner Maurice vers une gestion plus résiliente de son patrimoine côtier.
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