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Du débat sérieux à la démagogie

19 juin 2005, 00:00

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«Quel projet éducatif pour une île Maurice intelligente ? » Le thème du forum-débat organisé par le Teachers Club hier à la mairie de Quatre-Bornes, était des plus alléchants. Surtout que le club présidé par Ashik Junglee, qui regroupe 1 200 instituteurs, avait invité plusieurs responsables de partis politiques pour un débat « non partisan » sur la question.

Dès la présentation, Ashik Junglee a situé l?importance de créer des espaces d?échange sur la question de projet éducatif. « L?éducation est pour nous une passion, une raison de vivre. Nous ne pouvons demeurer indifférents à la situation actuelle », a d?emblée plaidé Ashik Junglee.

Mais le sujet ne semble pas avoir été assez balisé, certaines interventions étant trop longues avec une liste de remèdes politiques toute faite? Sont sortis du lot deux intervenants, qui ont parlé de faits concrets et laissé de côté les grandes théories ou réflexions philosophiques.

« Quatre prisonniers sur 5 ont échoué au CPE ». D?entrée, un candidat de l?Alliance sociale a posé le problème de l?échec scolaire et de la délinquance en illustrant son « plaidoyer pour l?enfant mauricien » d?exemples concrets de la situation scolaire de sa circonscription. Il a aussi émis des propositions pour y remédier ? recrutement de psychologues scolaires, formation de puéricultrices et d?enseignants spécialisés, révision du programme d?études... Et a demandé la création d?un Conseil national de l?éducation pour permettre le saut qualitatif de notre système éducatif. « L?Etat doit maintenant se donner les moyens pour que la qualité de l?éducation offerte puisse former de vrais Mauriciens », a-t-il estimé.

La question de l?éducation comme facteur d?unité nationale est également revenue chez l?ancien ministre de l?Education, Kadress Pillay, qui a rappelé l?importance d?une « attention particulière aux plus démunis » de la société mauricienne. Les deux intervenants partagent la même vision de l?école comme moyen de nation building et sont pour plus de moyens en faveur des plus pauvres. « Nous sommes devant un choix : soit nous investissons dans une éducation de qualité, soit nous aurons à faire face à une explosion sociale. »

<B>« Démocratiser l?éducation »

Tous deux sont pour une école plus solidaire, car « toute forme de discrimination est porteuse de frustration et toute frustration engendre la violence ». Ils pensent que les politiques doivent avoir le courage de prendre des décisions pour « démocratiser l?éducation » et pour ne pas céder aux lobbies sectaires.

Un représentant du PTr s?est livré à une attaque en règle contre la réforme Obeegadoo, présentée comme « une perversion de notre système éducatif, sans la moindre vision à long terme ». Il a estimé que le grading et la régionalisation sont sources de problèmes et que l?Alliance sociale allait, aussitôt au pouvoir, y mettre bon ordre et abolir les Form VI Colleges.

Le refus du ministre Steven Obeegadoo de participer à tout débat avec un candidat de l?Alliance sociale a également fait l?objet de vives critiques du responsable travailliste, qui s?est livré à des commentaires personnels sur le ministre.

L?utilisation du kréol comme médium d?enseignement pour un système éducatif plus égalitaire a été au centre de l?intervention remarquée du représentant de Lalit, Anwar Hossenbocus, qui a fustigé « enn genosid nu langaz ».

Les autres intervenants à cette matinée ayant rassemblé une centaine de personnes étaient Paula Atchia (Parti de la majorité), les syndicalistes Girish Ramsahye (Upsee) et Sunil Jhugroo (GPTU) et Veena Balgobin, de l?université de Maurice.

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