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Du cinéma

7 septembre 2004, 20:00

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Les atermoiements actuels de Siddick Chady ajoutent au flou artistique qu?il entretient depuis quelque temps sur sa posture politique. Alors que les ambiguïtés sur sa démission du Parti travailliste, survenue en mai 2003, ne sont pas encore levées, il s?engage dans un nouveau feuilleton à suspense : partira, partira pas ?

On sait que le député Chady négocie avec les dirigeants du Parti travailliste les conditions de sa sortie. Il est probablement en train de réclamer, au moins, une investiture pour les prochaines législatives dans une circonscription sûre. Ou alors, pousse-t-il le bouchon un peu plus loin en insistant sur un fauteuil ministériel en cas d?alternance ?

Ce qui est presque certain c?est que l?éventualité d?une partielle n?est pas à l?ordre du jour. Un scrutin partiel est peu probable étant donné la proximité des législatives. Le gouvernement peut légalement choisir d?aller jusqu?au bout de son mandat sans avoir à remplir les sièges laissés vacants entre maintenant et la tenue des élections générales.

Si les discussions de Chady avec son ancien parti s?avèrent ardues, c?est sans doute parce que son retour est mal vu par les grosses cylindrées qui ont travaillé dur en son absence. Le PTr a aujourd?hui une présence considérable dans les régions de la capitale que Siddick Chady a aidé à arracher à l?emprise du MMM. Sans lui, mais avec Rashid Beebeejaun comme leader adjoint, le PTr a fait des avancées certaines dans deux circonscriptions de Port-Louis.

Le remuant député court le risque d?être pris à son propre piége si ses négociations avec le PTr n?aboutissent pas. Car il ne lui restera alors pas beaucoup d?options. Rien ne garantit que le MMM l?accueillera à bras ouverts s?il se tourne vers ce parti. Déjà, au moment de sa démission du PTr, un fort courant s?était dessiné au sein de la direction du MMM contre son adhésion au parti du coeur.

L?annonce du départ inopiné de Siddick Chady, le sort incertain de Dev Hurnam et les menaces incessantes de Sylvio Michel font évoquer la possibilité d?élections partielles. Toutefois, fort des dispositions de la loi électorale, le gouvernement va certainement s?organiser pour ne pas donner l?occasion à l?électorat d?exprimer un vote de mécontentement à son égard. Il ira tout droit aux législatives, à l?occasion desquelles le comportement électoral est différent.

A un an des législatives, l?alliance MSM-MMM a sans doute déjà tracé un canevas général pour la mobilisation de son électorat. Il ne permettra pas que des évènements imprévus bouleversent ce calendrier. Ainsi à partir de mars 2005, quand s?ouvrira la première session parlementaire de l?année, les préparatifs électoraux vont s?accélérer. D?ici là le régime cherchera à éviter tout ce qui est susceptible de détourner son esprit de son programme établi.

Une partielle aurait créé une ambiance malsaine parce qu?elle aurait incité le régime à abandonner les décisions courageuses qui sont requises dans le contexte actuel. Déjà l?élection de Piton-Rivière-du-Rempart avait forcé la majorité politique à marquer une pause préjudiciable au progrès du pays.

En outre, les spéculations récurrentes sur les changements d?alliance et les incertitudes provoquées par certains acteurs de la politique sont de nature à nous faire oublier les véritables enjeux de l?heure. Le réveil risque d?être douloureux.

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