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Drôle de drames
Les anges de Charlie sont en mission. Sauf que ce sont de vraies catastrophes. Plus exactement, au lieu d?être de parfaites machines à exécuter, les ?anges?ont retrouvé leur humanité. Avec la fragilité qui va avec. Les imperfections, les incompréhensions aussi.
Grimper au sommet du Machupichu pour se jeter en Chut ! Libre. Expérience faite de drôleries, de moments à la fois tendres et pathétiques. C?était samedi soir au théâtre de Port-Louis. La compagnie française Machupichu reprendra le spectacle Chut ! Libre le vendredi 10 novembre dans le parking du complexe commercial Ruisseau Créole à Rivière- Noire.
Un rendez-vous qui commence comme un film. Bande annonce projetée sur grand écran, avec présentation des agents en mission. La leur : sauver le monde de la morosité. Choix des armes : la dérision. La troupe ne lésine pas sur les artifices de la parodie. Créant le climax qui verra les quatre agents débouler de l?écran sur la scène du théâtre.
Et sans avoir l?air d?y toucher, sous couvert d?un numéro de clown maniaque de la tapette ou d?un tango torride, la compagnie Machupichu aborde notre difficulté de communiquer. Surtout son impossibilité.
Ainsi, deux couples arrivent dans un restaurant. Schéma classique : dans le couple, il y a souvent l?un des deux qui parle trop. Un irrépressible besoin de se raconter. Un flot de paroles, qui une fois mis en marche, est impossible à arrêter. Encore des mots, toujours des mots, les mêmes mots, sans que le parleur ne se rende compte des soupirs d?exaspération et d?ennui de son vis-à-vis. Effet de miroir : tantôt c?est un tort de la femme, tantôt celui de l?homme. Tous égaux devant les défauts.
L?autre est réduit au silence, à un rôle de figurant dans la relation. Lentement, sans s?en apercevoir, son centre d?intérêt change. Se construit autour d?un autre partenaire. Qui ne parle pas. Pas avec des mots en tout cas. Et voilà ces deux êtres rendus muets qui écoutent le langage universel. Celui du corps : des mains jointes et des regards croisés.
Après un temps d?arrêt, le dialogue de sourds reprendra de plus belle. Ironiquement, il réunira les deux bavards délaissés. Des égoïstes qui auront tôt fait de retrouver leurs automatismes, c?est-à-dire parler sans écouter.
Et comme cela, au détour de situations du quotidien, Machupichu joue de drôles de drames. Celui de l?adulte qui s?efforce de parler ?sérieusement? à un enfant. Lui parler comme à un adulte. Et qui à force d?énervement, finit par taper des pieds, se boucher les oreilles, ?na na nère, j?entends rien, na na nère?, par faire l?enfant.
Réveillant au fond du spectateur adulte un vécu pas si lointain. Suscitant des réactions spontanées et drôles des enfants présents dans la salle. éternel décalage. De quoi avoir des envies de batailles rangées? à coup d?éventail.
*Spectacle proposé par le centre culturel Charles Baudelaire et Otayo. Prix des places, adultes : Rs 250, enfants moins de 12 ans : Rs 100.
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