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Droits humains : Des jeunes qui militent Right Now !
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Droits humains : Des jeunes qui militent Right Now !
Allez, on va dire qu?ils sont comme des électrons libres. Ils ne sont pas du genre à « faire avec ». Vous vous dites encore des insatisfaits de la société ? Non. Ils ne se lamentent pas. Ils ne sont pas pour autant passifs, au contraire, ils ne veulent plus consommer tranquille. Les problèmes de société deviennent donc des moteurs entre leurs mains. Ils partent à la recherche de ce qui peut améliorer la vie, s?intéressent aux autres, sont curieux de tout, proposent des choses, frappent aux portes des autorités, descendent dans la rue et veulent surtout créer un espace de parole. C?est ainsi que les membres de Right Now !, qui a vu le jour en décembre, entendent révolutionner la donne.
Qui sont ces hardis derrière ce « Right Now » ? Ils s?appellent Shakti, Maya, Denis, Vikash, Tatiana? Ils sont consultants en projets sociaux, entrepreneurs, professeurs, juristes. Ils ont dans les trente ans et veulent, vaille que vaille, apporter leur pierre à l?édifice d?une meilleure société. « Le point en commun entre nous c?est que nous nous sommes tous dits à un certain moment que ça n?allait pas et qu?il fallait faire quelque chose. On ne voulait plus s?arrêter aux discussions autour d?un café. On s?est dit qu?on devait être des acteurs de notre société, pas seulement des consommateurs et on a créé la structure », expliquent Shakti Callikan, la présidente de l?association et Maya de Salle-Essoo. Ces jeunes se rencontrent au moins une fois par semaine, après les heures de boulot, chez les uns et chez les autres et discutent sur comment agir, définissent des priorités et élaborent des plans d?action.
« On veut avancer avec des dossiers bétons »
Évidemment il n?était pas question de zapper la mort de Ramlogun qui était sous protection policière. Est venue donc au commencement même de cette affaire, une campagne basée sur l?envoi massif de courriels de protestation et de demandes de réformes au ministère de la Justice et des Droits humains. Il s?agissait de forwarder une lettre pour dire sa révolte face à la brutalité policière.
Cette campagne s?est avérée être un véritable succès car le serveur Internet du ministère de la Justice a explosé à cause du nombre trop important de courriels reçus.
La dernière opération date d?hier. Right Now ! s?est rendue chez l?Attorney General avec sous le bras une présentation de propositions autour du thème « Pour un système pénal mauricien plus attentif au respect des droits humains ». Parmi ces propositions, plusieurs points relevés : pourquoi les suspects qui n?ont pas les moyens financiers de payer les honoraires d?un avocat, n?auraient-ils pas le droit d?avoir accès aux conseils d?un avocat commis d?office dès leur arrestation ; le DPP est celui qui décide de donner suite à une poursuite ou pas, est-ce qu?il n?est pas temps qu?il s?explique sur ses choix ; pour avoir droit à la legal aid il faut toucher un salaire de moins de Rs 5 000 mais qu?en est-il de ceux qui ont Rs 6 000, qui ont plusieurs personnes à nourrir et un loyer à payer ? L?associa-tion propose en tout sept réformes qui vont dans ce sens.
Right Now ! compte mettre la pression et ne pas laisser les bonnes volontés s?enliser. « Un citoyen seul se sent petit mais quand on est plusieurs on peut faire la différence. C?est pour cela que nous voudrions que Right Now ! soit un espace de parole où tous ceux qui ont quelque chose à dire le fassent à travers nous », avance Shakti Callikan. C?est dans cette optique d?ailleurs que l?association va vers les gens. En décembre déjà, ils ont attiré l?attention en campant des drums dans la cour du Jardin de la compagnie sur lesquels ils avaient inscrit les droits de notre constitution.
Beaucoup de passants se sont arrêtés pour s?informer et ont découvert ou redécouvert ces droits. Cela a donné lieu à des interrogations telles que « Est-ce que ces droits sont respectés dans la pratique ? », « Quels sont nos droits économiques et sociaux en matière d?éducation, de travail ». Les passants ont ce jour-là participé à l?opération « Write now » et ont écrit sur des panneaux leurs perceptions des droits.
En plus du site Internet qu?ils ont créé, des communiqués de presse qu?ils envoient, des conférences de presse qu?ils organisent, Right Now ! compile des informations, fait de la recherche.
« On veut avancer avec des dossiers bétons. » Ainsi, un soir de Saint-Valentin pendant que d?autres filent le grand amour, eux étudient les traités que Maurice a ratifiés mais qu?elle ne met pas en pratique, épluchent l?actualité, consultent les lois des pays démocratiques?
Par ailleurs, ils comptent bientôt sensibiliser les plus jeunes sur leurs droits, organiser des séances d?initiation aux droits mais de manière ludique. Et si vous êtes sceptique sur la durée de cette association, la présidente répond :
« Je peux comprendre vos doutes, on sait que la crédibilité s?acquiert sur la durée, mais on ne compte pas s?essouffler de sitôt », affirme-t-elle. Ceux qui veulent contacter l?association peuvent le faire à partir de son site www.rightnow-mu.info.
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