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Drogue : les gendarmes réunionnais démantèlent la filière malgache
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Drogue : les gendarmes réunionnais démantèlent la filière malgache
Une semaine après la révélation de la mort par overdose d?héroïne d?une jeune femme de 23 ans à Saint-Pierre, une nouvelle affaire de trafic de drogue dure éclate dans le sud de La Reunion. Depuis dimanche soir, le petit milieu des nuits saint-pierroises est en ébullition. L?arrestation d?un noctambule bien connu sur la place et remarquable grâce aux nombreux tatouages qui tapissent son corps a en effet circulé comme une traînée de poudre. Et de poudre, il en est d?ailleurs question à propos de ce réseau que les gendarmes de la brigade de recherches de Saint-Pierre pistent depuis plusieurs mois, sous la conduite du juge Pierre Kuentz. La mise hors d?état de nuire de plusieurs filières ces dernières années dans le sud a ouvert de nouvelles et bien sombres perspectives à de nouveaux trafiquants. Selon un habitué, le noctambule arrêté lors du coup de filet opéré dimanche soir et lundi au petit matin n?est qu?un maillon de la chaîne. Un dealer qui gravite notamment autour des polytoxicomanes et qui revend sa marchandise au gré des arrivages. Deux autres individus, arrêtés eux aussi à Saint-Pierre, proposaient également de la drogue à un bon tarif.
<B>De quoi se faire pas mal d?argent</B>
Les produits stupéfiants en provenance d?Afrique sub-saharienne étaient acheminés via la Grande Ile. Celui qui est soupçonné de tirer les ficelles de cette filière malgache en cours de démantèlement est un originaire basé dans le Nord de La Réunion. Il avait en toute logique recours à des «mules» pour acheminer les stupéfiants. Ces voyageurs-passeurs, rétribués en espèces ou en nature, et qui dissimulent la «came» dans leurs bagages ou, plus risqué, dans des sachets ingérés juste avant le départ. Le trafic est d?importance si l?on s?en réfère à la palette des produits et aux quantités record découvertes au cours des perquisitions menées chez les quatre suspects en garde à vue .
Aux côtés du traditionnel zamal (ou gandia) conditionné en rouleaux, des doses de méthadone et autres comprimés d?Artane, les enquêteurs ont mis la main sur de la poudre. Chez le suspect placé à la tête de la filière, ils ont trouvé 200 grammes de cocaïne et 50 grammes d?héroïne. De quoi se faire pas mal d?argent et surtout semer la mort dans son sillage. Le gramme d?héroïne est en effet proposé à plus de 80 euros (env Rs 3 500) et celui de cocaïne à environ 150 euros (environ Rs 6 000).
Ce qui permet d?évaluer les quantités saisies à près de 50 000 euros (soit environ Rs 2 millions). Les trois dealers et le chef du réseau pourraient rester en garde à vue pendant 96 heures, comme l?autorise la loi en matière de trafic de stupéfiants. Il s?agit maintenant pour les gendarmes de déterminer la quantité de drogue écoulée, la durée du trafic et le profit rapporté par le juteux business de celui que l?on surnomme le «Malgache» et de ses trois dealers.
<B> Eric LAINE © Journal de l?ile de La Réunion</B>
<B> Saisie record</B>
■ Avec 250 grammes de cocaïne et d?héroïne, les gendarmes de la brigade de recherches de Saint-Pierre viennent d?opérer une saisie record pour La Réunion. La plus grosse prise en la matière était jusqu?à présent à mettre au crédit des gendarmes de la brigade de recherches de Saint-Paul. En janvier 2004, ils avaient intercepté un peu moins de 250 grammes de cocaïne à l?aéroport de Roland-Garros. La poudre était dissimulée sur un agent polyvalent au sol de la compagnie Air France et dans ses bagages. La jeune femme arrivait de Paris via Maurice, après un voyage d?ordre privé. Elle profitait de billets d?avion à prix réduits pour s?approvisionner au Mexique.La précédente prise d?ampleur avait été faite à l?aéroport de Gillot en mai 1999. Un jeune homme en provenance de Paris avait été contrôlé avec 240 grammes de cocaïne dans ses valises. Lui et ses complices avaient écopé de peines de prison allant de trois à sept ans de prison, dont un an et demi avec sursis, devant le tribunal correctionnel en 2000. Côté Artane - ce médicament détourné de son usage initial et bien connu des toxicomanes amateurs de cocktail explosifs - une importante saisie en provenance de Madagascar avait été réalisée en novembre 2002. Les douanes de Gillot avaient mis la main sur 7 500 cachets pour un gain à la revente estimé à 45 000 euros. Deux Franco-Malgaches étaient tombés dans les mailles du filet?
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