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Drame sur le Ventoux
14 juillet 1967, jour de fête nationale en France. Le Tour, lui, a rendez-vous avec le Mont-Ventoux. Tom Simpson prévient ses adversaires qu?il faudra compter sur lui. « Je n?ai jamais réussi à franchir les Alpes correctement. Cette fois-ci, j?ai pris mes précautions. Je suis neuf. » À l?époque, le dopage n?était pas encore d?actualité. Avec le recul, on a aujourd?hui tout compris.
Simpson, ce n?est pas n?importe qui. Champion d?Angleterre en 1954, vainqueur du Tour des Flandres en 1961 et de Milan-San Rémo en 1964, il a aussi été champion du monde sur route en 1965. Si Simpson dit qu?il va surmonter le Ventoux, c?est qu?il le fera. À 8 km de l?arrivée, il paraît facile. Ses coups de pédale sont violents. Il suit les costauds, Jimenez et Poulidor. Puis, soudain, la défaillance. Il est largué par le groupe de tête. L?Anglais fait l?effort de trop. Il serre les dents pour recoller. Mais il n?avance plus. Il titube, zigzague, puis s?effondre sur le bitume. Un spectateur essaye de le relever. Le médecin du Tour, le Dr Dumas, arrive à son chevet. Bouche-à-bouche, piqûre, massage. Simpson est transporté en hélicoptère vers l?hôpital d?Avignon. Il décède à 17 h 40.
Dans les Alpes, rôde le fantôme de Fabio
Le 17 Juillet 1995, l?Italien Fabio Casartelli, champion olympique, se tuait dans la descente du Portet d?Aspet, lors d?une étape du Tour de France. On dit que son âme hante toujours les Pyrénées. Mais, pourtant, la vie continue comme si de rien n?était. À chaque fois que le peloton aborde le Portet d?Aspet, ils ne sont pas nombreux à avoir une pensée pour le coureur de l?équipe Motorola.
S?il y en a un pourtant qui s?en souvient, c?est l?Américain Lance Armstrong, aujourd?hui quintuple vainqueur du Tour de France. Casartelli était son équipier, son pote. En 1995, le leader de l?US Postal était encore un anonyme du peloton.
Au lendemain de la mort de Casartelli, le peloton avait décidé de laisser Armstrong franchir en tête la ligne, lui et ses équipiers Andrew, Baeur, Swart et Peron. En hommage à Fabio. L?Anglais Barry Hoban avait eu droit à la même faveur en 1967, 24 heures après la mort de Simpson. Brassards et lunettes noires, les Motorola avaient alors entamé côte à côte, comme un seul homme, les derniers mètres de cette 16e étape endeuillée. Et, à l?arrivée, à Pau, tous avaient l?index pointé vers le ciel, en direction de Fabio.
Autre coureur à avoir laissé sa vie sur les routes, le Kazakh Andrei Kivilev, 29 ans, de Cofidis, décédé l?année dernière des suites de sa chute dans Paris-Nice à Saint-Etienne.
Ces derniers mois, deux coureurs sont morts dans leur sommeil, le Français Fabrice Salanson et le Belge Johan Sermon. La piste du dopage, dans ces deux cas, a été évoquée.
Et puis comment ne pas évoquer le cas de Jose Maria Jimenez, qui nous rappelle beaucoup celui de Pantani. Trois fois meilleur grimpeur de la Vuelta, l?ancien coureur de Banesto est décédé en décembre dernier, à 32 ans, à l?hôpital psychiatrique San Miguel de Madrid, où il était soigné pour une dépression. Verdict : crise cardiaque.
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