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Dr Renaud Ng Man Sun,« National Aids Coordinator » de la Santé

11 octobre 2003, 20:00

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> Il paraît que les groupes les plus vulnérables au sida sont les toxicomanes par voie intraveineuse. Qu?en est-il réellement ?

En effet, qu?il s?agisse des prisons ou ailleurs, nous remarquons une évolution parmi les toxicomanes qui utilisent des seringues. Les tests de dépistage effectués récemment à la prison de Beau-Bassin sur 650 détenus ont révélé que 80 % des séropositifs sont des toxicomanes par voie intraveineuse (TVI). Lorsque le virus touche cette population, c?est le feu de brousse car il y a un partage de seringues souillées. De janvier à juillet 2003, nous avons constaté que 27 % des personnes contaminées par le virus du sida étaient des TVI. Cette situation nous préoccupe. Le ministère de la Santé et les différents partenaires impliqués dans la lutte contre le sida ont réfléchi aux stratégies à adopter pour réduire la contamination chez cette catégorie de personnes.

> En marginalisant les prisonniers séropositifs ne risque-t-on pas de décourager les autres d?effectuer un dépistage ?

Certainement. Il y a pas mal de détenus qui ont peur d?apprendre leur séropositivité. La ségrégation va à l?encontre des droits de l?homme. Un jour ils seront rendus à la société, que fera-t-on alors ?

> Distribuer des seringues en prison pour enrayer la propagation du virus est-il une solution ?

Il existe plusieurs solutions. Il faut surtout contrôler l?introduction de drogue dans les prisons. On pourrait alors établir des programmes de réhabilitation volontaire, en remplaçant, dans un premier temps, les doses par un substitut. Mais il ne s?agit pas de le distribuer comme des petits pains. Il faut un cadre structuré avec des médecins et des psychologues qui accompagneront le toxicomane. Il faudrait établir un projet pilote avant de l?appliquer aux prisons. L?autre solution serait de distribuer des produits pour stériliser les seringues.

> Quelle est l?ampleur du problème dans la prison des femmes ?

La majorité d?entre elles sont des prostituées et des toxicomanes. Il y a aussi celles qui ne se droguent pas, mais dont les conjoints sont des toxicomanes.

> Les détenus séropositifs ayant purgé leurs peines bénéficient-ils d?un suivi médical ?

Nous les encourageons à venir au Centre Bouloux à Cassis. Mais la moitié d?entre eux ne vient pas. On essaye tant bien que mal de les retrouver, mais trop souvent ils disparaissent dans la nature.

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