Publicité

Budget 2026-2027

Le MLC : «La ‘State Age Pension’ est une mesure injuste et antisociale»

22 juin 2026, 17:20

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Le MLC : «La ‘State Age Pension’ est une mesure injuste et antisociale»

Haniff Peerun (au centre), président du «Mauritius Labour Congress», estime que plusieurs mesures annoncées dans le Budget 2026-2027 ne répondent pas aux attentes des travailleurs et des retraités. (Photo : © Vashish Sookrah)

À peine quelques jours après la présentation du Budget 2026-2027 par le Premier ministre et ministre des Finances, Navin Ramgoolam, les réactions continuent de pleuvoir. Cette fois, c’est le Mauritius Labour Congress (MLC) qui est monté au créneau. Lors d’une conférence de presse tenue dans les locaux de la fédération syndicale à Port-Louis, son président, Haniff Peerun, a vivement critiqué plusieurs mesures annoncées, tout en dénonçant ce qu’il considère comme un manque de rupture avec les politiques du passé.

«On a parlé de rupture pendant la campagne électorale et pourtant la politique continue comme avant», a lancé le syndicaliste. Il affirme que plusieurs promesses électorales n’ont toujours pas été concrétisées, citant notamment la suppression de la redevance télévisée ou encore l’accès gratuit à Internet.

S’il reconnaît certaines avancées, Haniff Peerun les qualifie toutefois de «timides». Il évoque notamment la hausse du salaire minimum garanti (SRM), passé de Rs 14 000 à Rs 16 400, tout en rappelant que le salaire minimum demeure fixé à Rs 20 000.

Selon lui, les préoccupations des travailleurs les plus vulnérables ne sont pas suffisamment prises en compte. Concernant les baisses annoncées sur certains produits, il estime qu’il ne s’agit pas d’une véritable réduction de prix mais plutôt d’un soutien accordé aux importateurs. Le MLC réclame ainsi un contrôle plus strict des prix sur les denrées de consommation courante.

L’introduction de l’intelligence artificielle à différents niveaux de la société figure également parmi les sujets qui suscitent des interrogations du syndicat. Si Haniff Peerun reconnaît l’importance de cette technologie, il s’interroge sur son introduction dès le cycle primaire. «La main-d’œuvre a déjà souffert à l’époque de la mécanisation. Il faut se demander si l’IA doit être introduite dès le primaire», fait-il ressortir.

Le président du MLC ne cache pas non plus son incompréhension face à certains investissements prévus dans les infrastructures routières. Selon lui, la construction d’une nouvelle route représente «un gaspillage des fonds publics» alors que d’autres secteurs mériteraient davantage d’attention.

Tourisme, agriculture et fuite des cerveaux

Le syndicaliste s’est également montré critique à l’égard des ressources allouées au secteur touristique et à la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA). Il estime que d’importantes sommes sont consacrées aux déplacements et aux indemnités journalières alors que d’autres priorités mériteraient un meilleur financement.

L’économie bleue, l’agriculture et l’emploi des jeunes ont aussi été évoqués. Haniff Peerun déplore que de nombreux jeunes qualifiés choisissent de quitter le pays, faute d’opportunités, alors que les étudiants étrangers sont encouragés à rester et à travailler à Maurice après leurs études.«C’est contradictoire», estime-t-il.

Il a également appelé à davantage de consultations concernant l’extension du congé de maternité, notamment dans le secteur privé. Selon lui, des amendements à la législation du travail seront nécessaires afin de protéger les salariées et éviter que les employées recrutées temporairement ne soient pénalisées.

Le président du MLC a néanmoins salué la décision de décréter un jour férié le lundi lorsque les congés publics tombent un dimanche. Toutefois, il plaide pour que cette disposition soit inscrite de manière permanente dans la loi.

«Une mesure injuste et antisociale»

Mais c’est surtout la réforme des pensions qui cristallise les inquiétudes du MLC. Le syndicat estime que la nouvelle State Age Pension (SAP), appelée à remplacer la Basic Retirement Pension (BRP), porte atteinte à un acquis social fondamental.«Cette mesure est injuste et antisociale», soutient le MLC, qui considère qu’elle pénalisera directement les personnes âgées ayant contribué pendant toute leur vie au développement économique et social du pays.

Selon Haniff Peerun, la réforme pourrait entraîner la suppression pure et simple de la pension pour certains bénéficiaires et une réduction importante pour des milliers d’autres. Il juge également que l’octroi d’une pension de seulement Rs 1 000 à certains retraités constitue «une insulte» et une «atteinte à leur dignité».

Réaffirmant son attachement à l’État-providence, le MLC estime qu’il existe d’autres moyens de financer les dépenses publiques, sans remettre en cause les acquis des retraités. Il appelle ainsi le gouvernement à suspendre la réforme, à engager de véritables consultations avec les partenaires sociaux et à privilégier une solution plus équitable, respectueuse des droits des citoyens et des principes de justice sociale.

Publicité