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Dr Bassodev Goolaup, Généraliste

28 décembre 2007, 00:00

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Tous ne sont pas égaux face à l?alcool. Si certains consommateurs le supportent plutôt bien, d?autres subissent des changements de comportement. Cela va de l?agressivité à la dépression. Comment l?expliquer ?

Lorsque l?alcool est absorbé, il passe dans le sang et touche les organes vitaux dont le cerveau. L?alcool agit immédiatement au niveau des centres de contrôle supérieurs, des noyaux gris centraux et de la substance grise supérieure. Ces différents sièges cérébraux correspondent aux centres de la cognition, de l?humeur et de l?anxiété.

Consommé pendant une longue durée, l?alcool finit par attaquer le système nerveux. Le consommateur développe petit à petit un syndrome d?anxiété pour ensuite connaître la dépression qui peut déboucher vers un comportement suicidaire. Certains changent de personnalité. Sobres, ils sont charmants ; saouls, ils deviennent des monstres. D?autres ont des pertes de mémoire et des hallucinations. Mais dans un premier temps, l?alcool procure au consommateur des effets désinhibiteurs, anxiolitiques, antidépresseurs, anesthésiques et euphorisants.

Y a-t-il une dose d?alcool à ne pas dépasser pour éviter de se retrouver dans cette situation ?

Cela dépend du sexe, de la constitution et du poids de la personne. Certains individus sont facilement ivres après un ou deux verres d?alcool ; d?autres pas. Une étude effectuée au Royaume-Uni considère comme acceptable et sans danger de consommer 21 unités d?alcool (une unité représente environ 1/4 litre de bière) par semaine pour un homme. Pour le beau sexe, c?est 14 unités d?alcool. C?est peut-être acceptable pour la société mais ces données n?ont aucune valeur médicale. Chacun a sa propre tolérance vis-à-vis de l?alcool.

Comment expliquer cette frénésie pour la consommation de l?alcool ?

Beaucoup, de par leur profession, sont amenés à consommer de l?alcool. On parle là de chefs d?entreprises, de cadres qui sont souvent dans des réceptions et autres fonctions et qui deviennent alors des social drinkers. On remarque également que vers la fin de l?adolescence jusqu?à vingt ans, les jeunes ont tendance à boire à l?excès. L?influence des amis, le peer pressure, y est grandement associée.

En Europe, il y a un phénomène qui s?appelle le binge drinking. Les jeunes parient à celui qui consommera le plus d?alcool. Je ne mettrai pas ma main au feu pour les jeunes Mauriciens, mais je pense que ces cas sont isolés. C?est tout de même un problème très grave qui peut déboucher sur des conséquences fatales.

Quelles sont-elles ?

Quand on consomme excessivement de l?alcool avec un estomac vide, il y a un risque d?hypoglycémie. On peut alors tomber dans un coma éthylique. Le malade doit absolument être mis sous perfusion. Certains peuvent rejeter le contenu de leur estomac. Là où c?est grave, c?est lorsque le malade est inconscient. Il risque alors de s?étouffer. On ne le dira jamais assez : il faut consommer de l?alcool avec modération. Ceux qui pensent avoir un problème avec l?alcool doivent en parler avec leur médecin traitant, qui les guidera vers un traitement adapté. Il y a toujours une solution.

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