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Domina Prestige,futur hôtel « al dente »
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Domina Prestige,futur hôtel « al dente »
Avez-vous le bon compte ? Heritage, Telfair, Voile d?Or, le projet de Naïade? Il vous en manque un : l?hôtel Domina Prestige. Il est né, sur le papier en tout cas. Le cinquième locataire de Bel-Ombre ne tient plus en place. Temsa Resorts a hâte de démarrer la construction de l?hôtel. Mais il devra brider son impatience. En effet, ce n?est pas avant un an qu?il pourra le faire, à cause du veto imposé pour ne pas déranger les clients des « voisins » déjà installés.
Domina Prestige sera un quatre- étoiles de 209 chambres. L?hôtelier promet même l?arrivée de 15 000 nouveaux touristes dès les premières années. Il investit au moins un milliard de roupies et entend également créer 400 emplois directs.
La différence sur laquelle le nouvel hôtel mise, c?est la clientèle italienne. La cuisine reste un préalable essentiel pour réussir une telle spécialisation. Les Italiens, tout comme les Chinois et les Indiens, ont le palais plutôt conservateur. C?est donc en toute logique que les deux restaurants de l?établissement se spécialiseront? dans la cuisine italienne !
L?hôtel fonctionnera selon les mêmes principes de fidélisation du client que la chaîne française Club Med. Il compte sur le muscle commercial de Domina, qui compte aussi une filiale voyagiste.
« Maurice accueille actuellement 40 000 touristes italiens par an. Or, 1,5 million d?Italiens se payent des vacances à l?étranger. Maurice peut donc améliorer sa part de marché, et c?est précisément le but que nous poursuivons », souligne le directeur de Temsa.
Domina Prestige entend aussi séduire par son cachet de havre tropical. L?architecture, signée Jean-Michel d?Unienville, s?inspire de la tradition créole du terroir. En dépit des mésaventures de l?hôtellerie mauricienne avec les toits de chaume, Domina Prestige veut en avoir. Et ce au point d?importer d?Égypte un pare-feu spécial pour se prémunir contre tout risque d?incendie.
« Nous voulons offrir le dépaysement total au visiteur. L?Européen ne fait pas 13 heures de vol pour se retrouver dans son univers familier, recréé à grands frais », affirme Asmet Peerun, le directeur de Temsa. Il ajoute que cette recherche de l?authenticité locale est visible dans tous les produits Domina.
Et le projet de Temsa est en passe de voir le jour. Il a déjà obtenu le feu vert du ministère de l?Environnement. Le promoteur attend maintenant que le permis de construction lui soit délivré.
Pourtant, dans le milieu hôtelier, on avait fini par émettre de sérieuses réserves sur l?aboutissement du projet. Les méchantes langues parlaient de fumisterie et prédisaient que le bail du terrain finirait par changer de main. Cela s?est déjà vu dans le passé pour d?autres sites. Eh bien, les spéculateurs avaient tort, semble-t-il.
Il va sans dire que le retard pris dans la réalisation a beaucoup alimenté la spéculation. Au moment où trois des cinq hôtels du projet de développement touristique intégré de Bel-Ombre, entrent en activité, Temsa attend encore son permis de construction.
Naïade Resorts, initialement mis hors concours par le retard pris dans l?octroi de son contrat de bail pour le site, a déjà reporté le démarrage des travaux d?un an. Qu?est-ce qui explique le retard pris par Domina Prestige ?
La même chose. Temsa a dû patienter jusqu?à ce que le ministère des Travaux finalise le tracé de la déviation de la route côtière pour connaître la superficie dont il disposerait. Cette route passait au beau milieu du site !
<B>Le lobbying des voisins</B>
« Par la suite, nous avons revu notre projet. Nous en avons rehaussé le niveau, passant d?un trois-étoiles supérieur à un quatre-étoiles plus », explique Asmet Peerun. L?exercice a certainement ajouté au report.
Et voilà que l?État demande aux retardataires de ne commencer à construire qu?en janvier 2006. Cette décision fait suite à un lobbying des groupes Véranda et Indigo qui ne souhaitaient pas avoir à gérer les inconvénients causés par un chantier dans leur voisinage.
Mais Temsa n?est pas très enthousiaste à l?idée de devoir encore patienter. « Nos voisins n?ont rien à craindre. Nous sommes à environ 250 mètres du plus proche, le Telfair. Du reste, vu la direction dans laquelle souffle le vent du Sud-Est, il n?y a pas de risque que nous polluions leur espace », explique Peerun.
Il aimerait démarrer au plus vite. Mais si le gouvernement devait maintenir son veto, il ferait comme Naïade. « Construire en janvier voudra dire ouvrir au milieu de l?année, ce qui n?a aucun sens d?un point de vue commercial. »
<B>Jeune loup aux dents longues</B>
Grâce à Bel-Ombre, le groupe italien Domina Vacenze signe sa présence dans le sud de l?océan Indien. Le groupe n?a que quinze ans mais déjà, il pèse 700 millions d?euros. Il a réalisé un chiffre d?affaires de 150 millions d?euros l?an dernier, ce qui représente une progression de 50 % par rapport à l?année précédente. Domina Va-cenze, basé à Milan, grandit rapidement et nourrit de grandes ambitions. Il vient de reprendre un concurrent, Viaggi Ventalio, durement touché par la crise d?après septembre 2001. Ce dernier était le premier partenaire de Temsa. Cette reprise a aussi joué pour retarder le projet de Bel-Ombre. Domina Vacenze entend ouvrir une dizaine de nouveaux hôtels d?ici décembre. Sa capacité actuelle est de 8 000 chambres. Ces établissements affichent un taux d?occupation moyen de 70 %. Le groupe est présent en Europe de l?Ouest et de l?Est, en Russie, au Maghreb et au Kenya.
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