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Doit-on interdire la clientèle privée aux médecins de l?état ?
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Doit-on interdire la clientèle privée aux médecins de l?état ?
OUI Dr Ranchandra Bheenick, président de la Private Medical Practitioners? Association.
> Pourquoi le ministère de la Santé s?acharne-t-il à contrôler la présence des médecins dans nos hôpitaux ?
C?est que le ministère a réalisé l?ampleur de la clientèle privée non autorisée par les médecins de l?État. Cela se fait au détriment du service public.
> Pourquoi doit-on interdire la clientèle privée aux médecins hospitaliers ?
ça lèse les services que le ministère veut offrir. Celui-ci n?a d?ailleurs jamais réussi à contrôler ses médecins. Leur interdire la clientèle privée faciliterait sa tâche d?autant que le Public Health Act est complètement dépassé dans ce contexte. Il y a déjà dans le privé environ 400 médecins.
> Qu?est-ce qui pousse les patients à se tourner vers le privé ?
D?abord soulignons que nos hôpitaux offrent un éventail de services que le privé ne pourra jamais offrir. Par exemple en radiothérapie ou pour le traitement du cancer. D?ailleurs, dans un état providence, le citoyen s?attend à avoir un service de santé gratuit et performant.
> Mais qu?est-ce qui ne va pas ?
Nos collègues des hôpitaux travaillent dans des infrastructures mal adaptées aux besoins des patients. Le travail est organisé d?une façon si archaïque que cela met à rude épreuve la patience de ceux qu?on est supposé servir. Ainsi, malgré les équipements de pointe, les gens se sentent frustrés. C?est cette frustration qui pousse les infirmiers à aller voir ailleurs.
> Que faut-il faire ?
D?abord former et encourager les médecins des hôpitaux à avoir une meilleure interaction avec le public. La perception d?un mauvais service public vient du fait que le médecin n?explique rien au patient, par manque de temps peut-être. Cela cause de la frustration et des malentendus. Ensuite, il faut une standardisation dans notre système de santé. Pour le bien du patient, le public et le privé doivent parler le même langage. Le ministère devrait offrir des contrats de service au privé pour mieux gérer les coûts des traitements et les listes d?attente. Un médecin, en consultant la fiche d?un patient, doit pouvoir faire un bon suivi de sa maladie, que ce dernier vienne d?un hôpital public ou d?une clinique privée.
NON
Dr Rajendranath Goordoyal, président de la Government Medical & Dental Officers Association.
> En contrôlant votre présence, le ministère ne cherche-t-il pas à limiter les abus de la clientèle privée ?
Si abus il y a, c?est une infime minorité qui en est responsable. Pourquoi le ministère ne sévit-il pas contre ceux-là ? La majorité des médecins se conforme aux conditions imposées par le ministère pour faire de la clientèle privée.
> Pourquoi devrait-on vous permettre de faire de la clientèle privée ?
Selon le serment d?Hippocrate, l?éthique médicale et le code de conduite du Medical Council Act, nous devons offrir notre service et notre temps à quiconque a besoin de nos services « sans distinction, ni discrimination aucune ». D?autre part, à cause du grand nombre de patients qu?il a et la grande variété de maladies qu?il traite, un médecin hospitalier devient beaucoup plus expérimenté que son collègue qui travaille uniquement dans le secteur privé. On ne peut empêcher un patient d?avoir accès à cette expertise et d?en bénéficier. Il est intéressant de noter qu?il y a un manque de médecins dans le privé à Maurice.
> Ne cherchez-vous pas la clientèle privée pour arrondir vos fins de mois ?
Oui. Et c?est légitime. Le Pay Research Bureau a délibérément limité le salaire des spécialistes de l?État arguant que ces derniers peuvent compléter leur manque à gagner par la clientèle privée.
> Pourquoi le public se montre-t-il si critique sur le travail des médecins des hôpitaux ?
C?est une perception que tous les ministres de la Santé ont trouvé commode de perpétuer. Mais il y a d?autres causes aux lacunes dans le service public, comme le manque d?équipements. On demande aussi au médecin d?examiner une centaine de patients en trois heures. Cela fait moins de deux minutes par patient, alors qu?il faudrait une quinzaine de minutes. Ne parlons pas de certains patients qui ne respectent jamais les ordonnances. Ceux-là viennent congestionner les urgences au lieu d?aller d?abord vers les centres de santé régionaux. Le médecin n?est qu?un maillon dans la longue chaîne de ceux qui travaillent à l?hôpital. Il ne peut être le seul responsable des maux de nos hôpitaux.
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