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Divergences sur la mort d?un éboueur
Laval Ramsamy, un éboueur municipal, est-il mort des suites d?un coup de gourdin à la tête, asséné par son fils de 14 ans, comme le prétend leur voisine ? Ou des suites d?une chute accidentelle après une bourrade donnée par l?adolescent, comme l?affirme sa veuve ?
Laval Ramsamy, 40 ans, considéré comme ?enn mari bon piti? par son voisinage de la rue Chateauneuf à Beau-Bassin, était marié depuis 17 ans à Saroja, une employée d?usine. Il était père de trois enfants, une fille de 16 ans et deux garçons de 14 et dix ans.
Samedi dernier, il rentre du Champ-du-Mars passablement éméché. Il regagne son foyer, une minuscule réduit en tôle jumelé à la maison de sa belle-mère. Sa femme et sa fille vaquent à leurs occupations et son fils joue à la Playstation, qui est branchée sur le téléviseur.
Laval veut regarder la télédiffusion de la dernière course pour savoir s?il a gagné. Son fils refuse. Furieux que ce dernier lui tienne tête, il grimpe sur le toit pour débrancher l?électricité. Les versions de Saroja et de Varsha Bekoo, une voisine qui habite à 20 mètres de là et qui étendait du linge à sécher, concordent sur ce point.
L?adolescent emboîte le pas à son père et lui lance un morceau de parpaing. Laval esquive le coup tout en lui rendant la monnaie de sa pièce. Les choses s?enveniment avec des invectives lancées de part et d?autre. Le père descend du toit et rentre, suivi de son fils.
?Un seul coup à la tête?
C?est à ce stade que les versions divergent. Dans son récit à la police dimanche alors que Laval est dans le coma, Varsha Bekoo dit s?être approché des belligérants. Elle allègue avoir vu l?adolescent donner un coup de pied à son père. Elle s?interpose pour parer au pire mais Laval aurait alors frappé son fils au visage à l?aide d?un bout de bois, lui fendillant la peau du nez.
D?après elle, c?est ce geste qui aurait précipité les évènements. Alors qu?elle tente de calmer les esprits, l?adolescent aurait asséné ?enn kout gourdin lor latet so papa?. Ce dernier se retrouve saignant abondamment de l?arcade sourcilière.
La version de Saroja diffère même si elle reconnaît que son mari a effectivement blessé son fils et que celui-ci lui a donné une bourrade en retour par colère. ?Mo garson inn pous so papa kinn tap ar laport ek finn tomb lor koltar. Lerla ki so sourci inn ouver me zame mo garson inn bat so papa ar dibwa.?
Laval est emmené à l?hôpital Jeetoo où, selon Saroja, il déclare s?être blessé en tombant. Il est autorisé à regagner son domicile le jour même après avoir été suturé. Il se sent mal dans la nuit. Elle alerte le Service d?aide médical d?urgence qui le transporte de nouveau à l?hôpital Jeetoo où il est admis inconscient. Transféré dans la journée à l?hôpital SSRN, il est opéré à la tête. Il meurt lundi. Son fils est arrêté sous une accusation provisoire d?assassinat.
L?autopsie de Laval est pratiquée par le Dr Satish Boolell, médecin légiste, qui attribue la mort à une fracture du crane avec lacération au cerveau. Selon nos informations, le Dr Boolell aurait confié aux enquêteurs qu?un seul coup a été asséné à la tête de Laval et que selon toutes probabilités, celui-ci serait tombé à la renverse avec des dégâts conséquents.
Les parents du défunt, dont sa mère, réfutent la thèse de la chute accidentelle ayant entraîné la mort. Pour eux, Laval est ?une victime de violence domestique? qui a déjà porté plainte à plusieurs reprises à la police. De son côté, Saroja allègue que depuis trois ans, ses enfants et elle faisaient régulièrement les frais des soûleries de son mari. L?enquête policière devrait aider à tirer toute cette histoire au clair.
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