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Divali en famille et en harmonie

29 octobre 2008, 01:00

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Un doux parfum de cardamome titille nos narines dès notre entrée dans la maison des Bundhoo à Petit Raffray. Boodhun Bundhoo, le maître de maison balaie nos excuses, faites à demi-voix, de faire intrusion. «E ou la, se enn fet partage sa, li normal !»

Un large couloir nous mène vers la cuisine aménagée à l?extérieur de la maison. Au sol, deux briques sont posées sur une feuille de tôle. Au milieu des briques, un foyer a été improvisé. «Lor dibwa, sarbon, gato la vinn pli bon. Pa gayn sa loder gaz la», explique Boodhun.

En plus, cuire à l?extérieur a l?avantage de garder propre la maison. Dont le nettoyage a débuté depuis une semaine : il faut bien préparer la venue de la déesse Laxmi. Quatre jours auparavant, déjà, la déesse avait reçu une invitation formelle. A travers le Yamraj Puja. «Yamraj, c?est le frère de Laxmi Mata. Ce jour-là, on allume une lampe, sous laquelle on met un peu de riz. Pou boner rentrer», nous apprend Mala Maudhub, la s?ur de Boodhun.

«Nettoyer l?extérieur et l?intérieur»

Sur la table de cuisine, Hemwantee, l?épouse de Boodhun, s?affaire à belo (aplatir) la farine. Elle renifle un peu en ce faisant. Nous croyons d?abord que c?est la fumée qui l?incommode. Il s?agit plutôt d?une grippe. Pas assez mauvaise pour la persuader de s?écarter des préparatifs en cuisine. «Se enn gran fet sa. Bizin participe.» Depuis la veille, elle s?est mise au travail avec les luddoo. Hier, deux de ses belles-filles, son fils, et son beau frère étaient là pour continuer chacun une partie du travail. «Dan kinz minit pou fini kwi tou la», signale Hemwantee. «Gard inpe patat bwi pou mwa apar», demande Boodhun à son épouse. «Extra bon sa, sort dan nou jardin mem», nous dit-il.

Natasha, la belle-s?ur de Boodhun s?active pour emballer la nouvelle fournée. Un panier grenat à la main, Vaishnav, 8 ans, vêtu d?un joli kurta turquoise, attend que sa corbeille se remplisse pour partir distribuer luddoo, gato zamberik, gâteaux patate, ou gulab jamun chez les voisins. Son chemin risque d?être long parce qu?il lui faudra aller chez plusieurs amis de classe. «Acoz conze lekol, pa pou zwenn zot demain.»

Halte-là! Il y a des procédures avant le départ :«Tonn mett linz nef. Tonn baigne? », lui intime sa tante Mala. Après une réponse affirmative, il peut poursuivre son chemin. «Ou kone, sa fet la bizin prop sa», explicite Mala. A l?extérieur comme à l?intérieur. C?est pour cela que depuis une semaine, la famille ne consomme, ni ne cuisine de la chair. «Pour moi, il n?y a pas de souci, je suis végétarien», explique Boodhun. «C?est les petits enfants qui grognent.»

Vers 18 h 00, deux membres de la famille se rendront au shivala pour y allumer une lampe. «Sirma garson ek belfi pou ale, noun fatigue ale nou», raconte Boodhun, en parlant de lui et de son épouse. Ce n?est qu?au retour des deux que la famille pourra procéder à l?allumage des lampes de terre dans la maison familiale. Il faudra en mettre une centaine. Et les jeux de lumière, seront-ils de service ? «Kit fwa ban zenfan pou mete. Mwa non.» Boodhun préfère les traditionnelles lampes de terre. «C?est symbolique.»

Moins symboliques ceux-là, mais fort attrayants pour Vaishnav et ses cousins : les pétards. Depuis la veille, il a sommé sa mère de lui en acheter. La veille, il en avait déjà claqué une partie. «Zordi (NdlR : hier soir), mo pou sonne pli bocou.» Autrement dit, «pou ena tapaz». Et si cela peut aussi contribuer à aider le bien à vaincre le mal, ce n?est que mieux.

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