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?Dire Dieu ??, entre le culturel et la religion

21 février 2005, 00:00

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Né à Plaine Magnien en 1963, Jean-Claude Veder a été ordonné prêtre en 1994. Depuis 2002, l?abbé Veder occupe les fonctions de chancelier du diocèse de Port-Louis et de secrétaire de l?évêque après des études de théologie. Avec Dire Dieu jusqu?à le célébrer ensemble il propose un ouvrage qui, s?appuyant une hypothèse de lecture pluridisciplinaire, peut ouvrir la voie au dialogue pluriel entre cultures et religions.

?Notre étude est née à partir de la constatation d?un phénomène nouveau dans notre monde : la rencontre et la confrontation des cultures et des religions?. Le postulat est posé. L?abbé Jean-Claude Veder revisite une problématique immémoriale, d?avant même le temps des religions et de la théorisation du fait culturel. Dire Dieu jusqu?à le célébrer ensemble exprime l?aspiration d?un abbé, une volonté d?éclairage et un autre souffle épique de cette littérature religieuse qui voudrait éviter le piège de la religiosité pour entrer dans ce dialogue plus enrichissant avec la culture. La culture au singulier comme un déterminant fondamental mais aussi comme une constante de toutes les religions.

C?est le genre de réflexion auquel pousse l?ouvrage de Jean-Claude Veder. Lucide, celui-ci refuse le révisionnisme et démasque cette appartenance inconditionnelle qui parfois transforme la foi en fondamentalisme. L?auteur le dit: ?La tentation du monoculturalisme n?a pas échappé non plus à l?Église. Implanter l?Évangile n?était rien d?autre qu?exporter la foi occidentale. Au nom de l?Évangile, il fallait renoncer à sa culture? Il aurait fallu attendre le Concile Vatican II pour que l?Église reconnaisse officiellement, pour la première fois, l?importance et la ?pluralité des cultures?.?

Fête littéraire

Il y a des poncifs qu?on n?évite pas. Il y a des lieux communs incontournables. Jean-Claude Veder les traite aussi. Comme la globalisation culturelle et religieuse, le pluralisme culturel et la fascination qu?exerce l?interculturalité. On reste, puisqu?on lit un homme de religion, dans le mode de l?indicatif. Le sens est donné. Il est à déconstruire avant de fondre dans la déité. Le schéma est connu. L?aventure est programmée.

C?est en cela que l?ouvrage de Jean-Claude Veder, comme celui de tout homme qui sème la parole de dieu, ne peut être pris au premier degré. Ce serait d?ailleurs faire outrage à l?esprit critique de ces auteurs. Pour Dire Dieu jusqu?à le célébrer ensemble, il ne faudrait pas non plus chercher des réponses. Au mieux, si on y trouve quelques questions nouvelles, on se serait donné les chances de faire de l?exercice d?écriture-lecture un acte d?initiation.

C?est à une telle fête littéraire et culturelle à laquelle on s?invite avec Dire Dieu jusqu?à le célébrer ensemble. Le voyage au-delà de la pensée religieuse, non dans la quête du spirituel, mais dans un effort de co-construction de sens car le vivre-ensemble qui présuppose le ?célébrer-ensemble? participe de ces éternels v?ux? politiquement pieux.

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